Améliorer ses promenades, Autres

Quelques règles de politesse

Soyons polis, envers les autres personnes

Lorsqu’on a un chien sociable, capable de gérer les rencontres congénères sans problème, l’envie de le lâcher et de le laisser faire sa petite vie est grande. Il ne va attaquer personne après tout.

Mais laisser son chien aller vers les autres sans savoir vers qui il se dirige peut avoir de lourdes conséquences. Le chien en face peut être réactif, peureux, en socialisation, pas vaccinés, en travail ect.

L’humain qui tient la laisse peut aussi avoir peur, indépendamment de son chien.

Alors en tant qu’humain qui avons la chance (ou le fruit de beaucoup de travail) d’avoir un chien cool et poli avec les autres chiens, soyons-le aussi envers nos propres congénères :

Si j’aperçois un chien, je rattache le mien ou lui demande de se rapprocher (s’il est capable d’ignorer ses congénères).

Car je sais que cela rassure le propriétaire de chien réactif.

Si je constate que la personne en face semble stressée ou cherche à prendre de la distance, je m’éloigne pour lui faciliter le passage.

Sinon, je m’arrête ou ralentis pour lui laisser le temps de prendre la distance souhaitée.

Car je sais que les chiens réactifs ont une zone de déclenchement qui leur est propre et individuelle.

Si je souhaite faire une rencontre, je demande à l’autre maître si c’est possible et ce *avant* de détacher mon propre chien ou de le laisser s’approcher.

Car je sais que l’autre chien peut être en travail, malade ou réactif. Il peut aussi être sélectif dans ses rencontres (plus stressé avec les mâles, ou les grands chiens, ou les chiens vifs ect).

Si mon rappel n’est pas parfait, je garde mon chien en longe, même s’il est sociable.

Car je n’ai pas à imposer mon chien aux autres sans leur consentement.

Si je constate des signaux de stress chez le chien en face, je cesse la rencontre, même si le mien passe un bon moment.

Car je souhaite que chaque individu vive un moment positif.

Je ne touche/parle/regarde pas un autre chien sans avoir demandé à son maître au préalable. Même si c’est le chien qui vient vers moi.

Car je sais que certains chiens sont mal à l’aise vis à vis du contact avec un inconnu, veulent prendre des informations olfactives sans être touchés et/ou sont en travail.

Si tout le monde respectait ces petites règles de politesse, bien moins de chiens finiraient réactifs (car seraient respectés) et les maîtres de toutous sensibles seraient bien moins stressés.

Elles sont simples à respecter et à mettre en œuvre, et ont pourtant un gros impact sur la vision du monde canin par les personnes n’ayant pas de chien.

Alors à nous de montrer l’exemple !

Soyons polis, avec les chiens

Avant toute chose, il faut rappeler qu’on ne regarde/parle/touche pas un chien inconnu sans avoir au préalablement demandé à son maître.

Même si c’est le chien qui vient vers vous l’air sympa, même si c’est un chiot trop mignon, même s’il demande des câlins. Il est peut-être en travail pour ne plus sauter sur les humains.

Même si c’est un chien apeuré et que vous pensez le rassurer. Si le chien a peur de l’humain, ce n’est pas en voyant cet humain se pencher vers lui ou lui parler qu’il en aura moins peur.

On est adulte, on se contient. Et on contient nos enfants.

Alors si on a demandé et obtenu l’autorisation, comment se présenter à un chien qu’on ne connaît pas ?

La meilleure façon, c’est encore de demander au maître : Lui seul sait ce que son chien aime ou déteste.

Mais en règle générale, il y a toujours des comportements à adopter pour être en sécurité et rassurer le chien :

– Prendre une posture rassurante.

On se place accroupi sans se pencher sur le chien, de côté. N’étant pas de face, on est moins impressionnant. Cette posture indique une intention de paix.

– Ne pas initier l’interaction.

Chien craintif ou pas, on patiente. On ne parle pas à Toutou, on ne le regarde pas, on ne tend pas notre main pleine de doigts.

– Se laisser renifler.

Si Toutou n’est pas à l’aise, il voudra sans doute prendre des informations sur vous. Pour cela, il va vous renifler, souvent par derrière s’il est craintif. C’est super, c’est qu’il est observateur et réfléchi.

– Accepter le refus.

Un chien qui veut des câlins, ça se voit. Mais un chien qui n’en veut pas, c’est parfois plus difficile à voir ou à accepter. On peut donc se former sur les signaux d’apaisement ou effectuer des tests de consentement.

Gardons toujours en tête que les chiens sont des êtres vivants avec un corps, une personnalité et des antécédents. Tous les chiens n’aiment pas les humains ou les câlins. Tous les chiens ont le droit de dire non.

Autres

Attitude à avoir face à l’approche d’un chien inconnu

Comment réagir si un chien inconnu s’approche de vous ?

Deuxième article sur la politesse dans un contexte de croisement avec un autre chien. On a d’abord parlé dans l’article « Il est gentil ! » des réactions à avoir lorsque notre chien est un loulou sociable sans réel problème.

Dans cet article, on estimera que vous êtes seul, sans chien, simplement en train de vous promener.

On ne va pas parler ici du chien agressif qui s’approche en chargeant, le poil hérissé et les crocs dehors. Dans ce cas ci, même si c’est difficile, ne courrez pas. Tous les chiens sont plus rapides que vous (allez, vous pourriez peut-être battre Mouki le carlin de 12 ans). Le mieux est de rester de face ou de côté et de reculer lentement.

Dans notre situation, vous vous promenez tranquillement et Toutou s’approche sur le côté.

En tant qu’humain, et surtout si la race du chien est cataloguée comme “gentille” ou sacrément jolie (coucou les goldens, berger australien et cocker), votre premier réflexe sera de vouloir lui parler voire même de le toucher. Et si c’est un chiot, il aura même le bonus “haaaw mais qu’il est mignoooon !”.

Quelle erreur !

Un chien qui s’approche de vous, surtout par le côté ou par derrière, ne veut pas être touché.

Le chien vit dans un monde d’odeur. Il s’approche afin de prendre plus d’information. Et s’il vient par derrière vous renifler le mollet, c’est sûrement parce qu’il n’est pas serein.

“Quand je m’approche d’un humain, il veut me toucher avec ses grosses mains pleines de doigts alors je viens derrière lui pour être tranquille.”

Ignorez-le donc (ou ralentissez sans vous tourner vers lui), laissez-le vous renifler et profiter de votre somptueuse odeur. Montrez-lui que tous les humains ne sont pas aimantés aux chiens et savent se contenir. Toutou vous trouvera bien sympathique et repartira aussi tranquillement qu’il est venu !

Toucher un chien sans l’avertir et sans son consentement, c’est sacrément malpoli.

Vous accepteriez qu’un inconnu se penche sur votre poussette et tende la main vers votre enfant, juste parce que ce dernier l’a regardé et qu’il trouve qu’un bébé, c’est vachement mignon ?

Ce n’est pas parce que les chiens sont “les meilleurs amis de l’Homme” qu’ils en sont aussi la peluche. Tous les chiens n’aiment pas les câlins, certains ont même peur des humains.

Alors on se retient de toucher le pelage tout doux de ce poilu !

SI, vous avez demandé au gardien si vous pouviez caresser son chien (qui de mieux placé pour savoir si Médor aime les câlins après tout) et que ce dernier accepte, vous pouvez présenter votre main au chien.

Dans l’idéal, de côté, sans se pencher vers le chien et sans le regarder intensément (vous vous rendez ainsi moins imposant et plus poli).

Médor n’est pas bête et saura faire comprendre s’il veut, ou non, de vos caresses.

S’il refuse (signaux d’apaisement voire éloignement), on contrôle notre égo et on se dit qu’au moins on a respecté un brave loulou.

Et si ce chien a l’air trooop content de vous avoir croisé, c’est bon non ?

Toujours pas !

Ce chien est peut-être en travail pour apprendre à ignorer les humains (pour sa sécurité) ou à ne pas leur sauter dessus.

Pour cela, on travaille d’abord à distance, puis on se rapproche. A terme, on souhaite un chien capable de croiser tout type d’humain sans leur envoyer tout leur amour à la figure. Mais il peut y avoir des ratés : On lâche notre chien en pensant être seul, on lui “laisse sa chance” en le laissant vous approcher mais c’était trop tôt ou trop excitant pour lui.

Votre attention ne fera que lui confirmer que foncer sur un humain, voire lui sauter dessus, c’est obtenir de l’attention. Alors oui, quand c’est un mignon petit chiot, c’est adorable ! Mais quand ce mignon petit chiot aura pris 20kg en 6 mois et qu’il aura les pattes pleines de boue, on regrettera qu’il ait appris une mauvaise façon d’obtenir votre affection !

En conclusion, il vaut mieux ignorer les chiens que vous croisez.

Même si c’est un chiot trop mignon. Même s’il a l’air craintif et que vous voulez le rassurer. Même s’il souhaite visiblement des caresses.

Votre attention aura forcément un impact négatif, que ce soit sur le chien lui-même s’il ne passe pas un bon moment (réactif, en travail, timide) ou sur le maître à court et plus long terme (qui devra retenir son chien ayant appris que les humains, ça fait des câlins).

Évidemment, tout cela fonctionne aussi si c’est vous ou votre enfant qui souhaitez vous approcher d’un chien : On demande à son maître avant même de regarder le toutou, on se présente de côté, on se laisse renifler et enfin on demande au toutou s’il veut être caressé.

Quel plaisir de voir de plus en plus d’enfant demander s’ils peuvent caresser le chien que l’on travail, au lieu de directement les approcher main tendue ! ♥

Il est important de ne pas considérer les chiens comme des animaux forcément adeptes des câlins, surtout venant d’inconnus.

Ce sont des êtres complexes avec leur personnalité, leurs peurs, leurs appréciations. Certains aiment les inconnus et apprécient leur contact sans sauter, d’autres ont besoin d’être ignorés ou sont en travail pour apprendre le calme. Dans le doute, vaut mieux se montrer poli !

Autres

 » Il est gentil ! « 

J’écris beaucoup sur les chiens réactifs. Comment les comprendre, comment les aider, comment réagir.

J’aime beaucoup les travailler, les voir évoluer jusqu’à assister à leur première fois lâché, première fois avec un autre chien, première fois en ville ect.

Mais aujourd’hui, je vais me pencher sur les chiens n’ayant aucun problème avec leurs congénères.

Les “gentils”.

Votre chien apprécie peut-être les autres chiens.

Il aime aller les voir, aller jouer avec eux. Parfois de façon un peu brusque, mais ce n’est pas si grave parce que “il est gentil”. Donc, naturellement, on a envie de le laisser vadrouiller et aller dire bonjour aux copains, sans le retenir.

Attention à ne pas être l’enfer de quelqu’un d’autre.

Lorsqu’on tient la longe d’un chien réactif, notre plus grande crainte, ce sont justement les “gentils”.

Un chien lâché qui nous fonce dessus, tout content, mais qui risque de se faire charger voire mordre s’il s’approche trop. Notre loulou aboie, s’énerve et même si on parvient à le retenir au prix d’un mal de dos et d’épaule, il y a des chances qu’il reste sous tension de longues minutes.

Notre chien réactif vient de vivre une mauvaise expérience, nous avons risqué une confrontation et croyez-moi, notre cœur bat à 10 000.

J’ai eu cette expérience avec un chiot d’à peine 3 mois, devenu l’attraction principale de deux grands chiens de chasse très “gentils”.

Bébé avait peur d’être ainsi entouré et reniflé, surtout que les deux chiens ne s’éloignaient pas malgré son malaise évident… Le maître rappelait à peine ses chiens qui n’obéissaient pas plus que ça.

Mais pas grave, ils étaient gentils 🙂

J’ai donc un chiot de 3 mois qui a eu peur, ce qui peut avoir de lourdes conséquences sur son développement.

Et même si nous sommes avec notre chien sociable, se faire foncer dessus par un chien inconnu, même très amical, peut faire peur.

Nous ne connaissons rien du chien en face. Si celui-ci arrive vite et de face (malpoli en langage canin), le notre peut vouloir lui faire savoir qu’il dépasse les bornes, et donc risquer une bagarre.

Ne vous inquiétez pas, il est gentil” est une phrase qui pourrait me faire hurler.

Parce que le chien que je travaille ou promène pourrait être un chien réactif, peureux, en travail pour ignorer ses congénères, malade, en socialisation, pas vacciné ect.

Il y a des TAS de raisons pour lesquelles ce n’est pas ok du tout de laisser son chien aller vers les autres sans se poser de questions.

Car en faisant cela, vous risquez de détruire plusieurs semaines de travail, de faire peur au chien, de lui faire vivre une mauvaise expérience.

Et même si vous considérez que votre chien est gentil, dans le sens où il ne s’approche pas avec de mauvaises intentions, il peut être malgré tout très impoli.

Foncer sur un congénère, s’approcher malgré ses signaux d’agression ou de peur, lui tourner autour pour jouer sans consentement, tout cela est impoli.

Si je promène un chien peureux qui doit reprendre confiance aux autres, un chien aussi envahissant ne va faire que lui confirmer que ses congénères sont des brutes.

Si je promène un chiot en socialisation, je ne veux surtout pas qu’il apprenne que c’est une façon normale de communiquer, car ça ne l’est pas.

Combien de fois, dans les parcs, je croise ces chiens lâchés qui foncent sur tous les chiens qu’ils croisent pour “dire bonjour”, sans que leur maître ne se préoccupe du chien ainsi rencontré ?

Ce n’est PAS normal.

Ce n’est pas parce que votre chien est sympa avec les autres qu’il ne faut pas se soucier des dégâts qu’il peut faire, même sans le vouloir.

Au mieux vous aurez l’air d’une personne impolie et irrespectueuse, au pire votre chien fera vivre une très mauvaise expérience à un chien en travail, ce qui pourrait le faire régresser.

Bref, même si vous avez le chien le plus adorable du monde, qui ne ferait pas de mal à une mouche (et on vous croit, là c’est pas la question !), ne le laissez pas aller vers tous les chiens que vous croisez.

S’il est lâché, il doit être capable d’ignorer ses congénères et n’aller vers eux qu’avec votre autorisation. Sinon, gardez-le en longe ou à minima rattachez-le lorsque vous apercevez quelqu’un.

Astuce toute bête : Avant de laisser votre chien approcher d’un autre, demandez à son maître ! C’est faire preuve de politesse et ça rassure tout le monde !

Education

Amener son chien au marché, bonne ou mauvaise idée ?

J’ai récemment lu dans le post d’un autre éducateur qu’amener un chien au marché était une étape nécessaire. Dans ce cas de figure plus précis, on parlait d’un chien de Roumanie (peureux ++, peur de l’humain).

Quiconque est familier avec le principe d’immersion et de détresse acquise sait à quel point travailler un chien de la sorte est une énorme erreur.

Mais j’aimerai plutôt me pencher sur le terme d’étape nécessaire.

Dans quel monde serait-il nécessaire de pouvoir amener son chien au marché ?

Rappelons ce qu’est le marché, du point de vue de Médor :

C’est un endroit hyper-stimulant pour touts ses sens. Des odeurs de nourriture, de tas de personnes. Olfactivement, c’est une bombe. Il y a beaucoup de bruit, des discussions, des vendeurs qui attirent les acheteurs. Certaines personnes vont vouloir lui parler, le toucher. Il va certainement se faire bousculer par accident. Et tout ce qu’il peut voir, c’est une marrée de genoux.

Ça vend du rêve…

Bon, si cette simple exposition ne suffit pas à nous dire que ce n’est pas *du tout* un endroit où notre chien sera heureux, continuons.

Votre chien risque d’être touché sans son consentement.

Oh qu’il est joliii, dis bonjour !” Et hop votre toutou subit une main posée sur sa tête, souvent par surprise. Il est peut-être patient, cette fois. Jusqu’à la fois de trop où il dira clairement “non” : grognement, coup de dent, aboiement ect, ce qui le qualifiera de “chien méchant” puisqu’un chien n’a jamais le droit de dire non.

Et voilà une superbe méthode pour rendre notre chien réactif aux humains : Lui montrer qu’il faut s’en méfier et les tenir à l’écart, parce qu’ils essaient parfois de le toucher.

Dans le cas d’un chien déjà peureux, c’est aussi risquer la morsure du chien qui n’aura plus que ce moyen pour dire “non”, poussé à bout.

Votre chien réactif ou peureux est placé en immersion.

L’immersion, c’est placer un individu apeuré par un stimuli au beau milieu de ces mêmes stimulus. Le but serait qu’il “comprenne” que ce qui lui fait peur ne lui fera pas de mal.

En théorie, c’est top. En pratique, si vous avez peur des araignées, je vous place dans une petite pièce en étant remplie.

Vous allez paniquer, hurler, chercher à les écraser peut-être (comme un chien terrifié chercherait à fuir ou à mettre à distance). Puis, ayant compris que la porte de la pièce ne s’ouvrirait pas, vous entreriez en détresse acquise, ou impuissance acquise. D’apparence, vous seriez calme, à l’intérieur, vous seriez résigné. La peur est toujours là, mais votre cerveau vous “éteint”.

C’est une situation terrible car si la situation est répétée, en plus du traumatisme que cela peut causer, l’individu généralisera ce sentiment d’impuissance à d’autres situations problématiques. A la moindre douleur, au moindre stress, il n’essaiera plus de s’en sortir.

Bref, l’immersion peut provoquer cette fameuse détresse acquise que les éducateurs en coercitif recherchent parfois même sans le savoir. Le chien ne réfléchit plus, il subit silencieusement.

Placer le chien dans une situation aussi stressante et stimulante ne lui permet pas de faire des apprentissages.

De cette sortie, il n’apprend rien (si ce n’est à se méfier, voir plus haut) puisque son cerveau est en mode “survie”. Il canalise ses émotions et cherche une porte de sortie.

C’est souvent pour cela que les chiens rééduqué “à la dure” vont bien se comporter durant la séance, mais repartir dans leur réactivité les fois suivantes.

Pouvoir amener son chien au marché n’est nécessaire pour personne, et surtout pas pour le chien.

Il n’y a rien de positif à en retirer, excepté à la rigueur pour l’égo de l’humain qui pourrait se dire “moi mon chien va partout”.

Tout le monde adopte son chien avec un rêve en tête : “on pourra l’amener partout”.

Mais ce n’est pas forcément du goût de tous les chiens. En fonction de leur passé, de leur socialisation ou tout simplement de leur personnalité, être amené partout peut être une immense source de stress.

Cela dit, travailler aux alentours du marché peut être un bon axe de travail.

Mais en respectant la distance de confort de votre chien.

On pourra donc travailler dans des rues adjacentes, avec moins de monde et des possibilités de s’éloigner facilement.

On pourra s’approcher petit à petit de la foule, sans jamais aller au centre du marché pour se prouver que notre chien peut “supporter” le monde. Car ce n’est pas respecter son intégrité physique et émotionnelle.

En conclusion, emmener son chien au marché (ou n’importe quel lieu densément fréquenté) n’est ni une nécessité, ni même une bonne idée.

Et si un éducateur vous dit que tel ou tel apprentissage est nécessaire, demandez-vous toujours pourquoi ? Pour qui ? Quel est le processus d’apprentissage ? Quelles émotions provoquera-t-il ?

Education

« Il connaît déjà tout ça ! »

Lors d’une rencontre avec un chiot et ses humains, j’ai souvent le droit à ce genre de phrase.

“Mon chiot connaît déjà assis, couché, la patte ect”

Alors en soit, ce n’est pas un problème. C’est super de passer du temps avec son chiot et de lui apprendre des tricks de façon positive. Ça renforce le lien !

En plus c’est souvent très facile et rapide avec les bébés chiens. Ils emmagasinent tout très vite et sont très demandeurs.

Mais attention à ne pas en faire trop.

Bébé chien doit passer une bonne partie de la journée à dormir et le surstimuler d’activités peut le rendre trop excité pour se reposer.

Se reposer lui permet d’emmagasiner les apprentissages faits dans la journée, en plus de l’aider à grandir correctement.

Un chiot qui ne dort pas suffisamment sera très excité par la fatigue (comme un bébé qui pleure beaucoup parce qu’il est fatigué). Et il vous le fera savoir !

De plus, surstimuler un chiot le rendra habitué à ces stimulations.

Après quelques mois, avec plus d’endurance et d’énergie, il aura besoin d’encore plus de stimulations de votre part pour enfin être apaisé.

On créé ainsi un adolescent boosté aux hormones, hyper endurant, qui n’a jamais appris à se poser. Ceux qui l’ont vécu peuvent confirmer à quel point c’est épuisant.

Avec un chiot, il faut surtout donner la priorité à la socialisation.

Lui faire découvrir en douceur ce à quoi il sera confronté une fois adulte, créer des rencontres neutres ou positives avec différentes espèces, lui apprendre à communiquer avec la sienne…

Mais toujours sans le surstimuler. Un peu chaque jour, en respectant son corps et son esprit, et le laisser se reposer ensuite.

Si sa vie future sera plutôt calme, sans immenses sorties tous les jours, pas besoin de lui enseigner que le monde extérieur est hyper excitable. Privilégiez les apprentissages qui vous servirons dans la vie de tous les jours.

Et avec des races de travail ou naturellement énergiques, il faut aussi leur apprendre le calme.

C’est très bien de savoir qu’on a adopté une race sportive. Mais le piège est de penser qu’il faut donc qu’elle ait plein de stimulations pour être comblée. Ainsi, à nouveau, on créé un chien qui ne sait pas se poser, avec en bonus l’énergie et la sensibilité d’une race de travail.

Alors plutôt que de les noyer de stimulations (sorties, jeux de balle, tricks ect), il vaut mieux privilégier l’apprentissage du calme, de l’observation neutre, de l’acceptation de ne rien faire.

Finalement, même si c’est très tentant, il faut bien faire attention à ne pas en faire trop avec notre chiot. C’est un bébé !

Gardez en tête qu’un bébé surstimulé deviendra un adulte avec beaucoup d’endurance et/ou du mal à se poser.

La priorité n’est pas aux “ordres de base”, loin de là, mais à une socialisation réfléchie et progressive.

Autres

 » En positif, on ne punit pas « 

Une sombre légende raconte qu’en méthode positive, on ne punit jamais le chien, qu’on a aucune règle et qu’on le laisse tout faire.
Souvent résumée en une simple phrase : On récompense les bons comportements et on ignore les mauvais.
L’avantage, c’est qu’on sait immédiatement que la personne qui prononce cette phrase n’y connaît rien en éducation positive 😅

➡️ En éducation positive, on ne va pas disputer le chien


Pas de “non”, prise par la peau du cou, tirer sur le collier, mise en cage ect.
En effet, parce qu’on ne veut pas provoquer d’émotion négative (respect de l’individu) et surtout parce que les études scientifiques mettent en lumière que le chien ne comprend pas la raison de la dispute ⚠️
Ce que l’on prend pour un air coupable n’est qu’une foule de signaux d’apaisement (cf Les Signaux d’apaisement – Turid Rugaas).
Bref, se mettre en colère contre son chien pour lui montrer qu’il a fait un mauvais comportement ne sert à rien. Vous allez entacher votre relation et provoquer du stress contre-productif 😕

➡️ Mais on peut complètement punir le chien


Car oui, punir sans disputer, c’est possible.
Punir un comportement, c’est le rendre inopérant, inutile, qui ne fonctionne pas.

Si mon chien me saute dessus pour avoir mon attention, je décide de l’ignorer. Se faisant, je le punis : Sauter empêche mon attention. Donc sauter est inopérant, le comportement sera moins refait, jusqu’à disparaître (avec mise en place et renforcement d’un comportement alternatif).
Si mon chien tire pour aller sentir une odeur, je décide de m’arrêter. Ce faisant, je le punis : Tirer empêche l’accès à l’odeur. Donc tirer est inopérant, il vaut mieux ne pas tirer pour avoir accès à l’odeur (avec renforcement de la laisse détendue et besoins comblés).
Mes petits détails entre parenthèses, c’est pour rappeler qu’on travaille avec un être vivant et qu’avant de penser à punir un mauvais comportement, il est plus juste de le guider vers le bon comportement, tout en respectant son intégrité (besoins physiques et mentaux comblés) 🥰

Dans ces cas de figure, je n’ai pas parlé à mon chien, pas fait de “gros yeux”, émit aucune menace. Mais j’ai puni mon chien. Je lui ai montré que son comportement ne me plaisait pas et qu’il ne lui apportera rien 🤓

➡️ Gardons aussi en tête que le concept de punition peut avoir un sens très humain


Chez les chiens, jamais vous ne verrez de mise à l’écart forcée (le fameux “va dans ta chambre” qu’on a tous connu). Jamais vous ne verrez de chien privé d’une ressource parce qu’il a mal fait (le fameux “privé de téléphone parce que tu as eu une mauvaise note”).
Les mamans chiens ne vont pas cacher le jouet de leur chiot parce qu’il a été trop embêtant avec sa fratrie. Pas plus qu’elle ne va les secouer par la peau du cou (terrible idée reçue avec des conséquences désastreuses sur la psychologie du chien d’ailleurs) 😖

Bref, vouloir punir une “bêtise” est un comportement bien plus humain que canin.
Et s’acharner à vouloir parler “humain” avec un chien, c’est aller droit vers la catastrophe : Manque de compréhension entre les deux espèces, détérioration de la relation, irritation, colère… Inhibition du chien au profit de l’humain, jusqu’à une éventuelle morsure 😬

Finalement, bien sûr qu’on punit en éducation positive !
Mais ce n’est absolument pas notre premier levier. Ni le deuxième.
Nous allons d’abord répondre aux besoins du chiens, puis lui apprendre le bon comportement, ce qui fonctionne pour lui, en le guidant avec bienveillance car on respectera ses limites et son intégrité 😇


Et si le mauvais comportement a lieu, avant même de penser à punir, nous chercherons à comprendre pourquoi. Qu’est-ce qui a poussé le chien à faire cela ? Et fort de ces questionnements, nous pourrons améliorer notre plan d’éducation.


Les chiens ne sont pas des robots sur lesquels il suffirait de presser le bouton rouge à chaque “bêtise”. Ils ont des besoins, des comportements propres à leur espèce, des limites. Obtenir une obéissance via la violence, la douleur, la contrainte ou le stress n’est pas dans notre ligne de conduite.
Mais comme toujours, ceux qui privilégient une obéissance rapide à une relation saine et durable choisiront d’autres méthodes…

Education

Dressage ou éducation ?

Je ne suis pas dresseur canin, mais éducateur canin.
Je ne vais pas vous aider à dresser votre chien, mais à l’éduquer.
Quelle est la différence ? 🧐

➡️ Le dressage est l’apprentissage d’ordres auxquels le chien devra obéir : Assis, couché, au pied, pas bouger. C’est ce que l’on voit beaucoup en centre ou club canin lors des cours collectifs. Chacun apprend à faire asseoir son chien, entouré d’une dizaine d’autres toutous.
Le chien dressé répond à une commande, verbale ou gestuelle. Il n’est pas autonome, il agit parce qu’on le lui demande. Sans demande, pas d’action.

En plus de 5 ans d’exercices, je n’ai travaillé le “assis” qu’avec un ou deux clients pour qui ça importait vraiment.
Parce qu’après discussion, les maîtres se rendent bien compte qu’avoir un chien qui s’assoit sur commande ne sert pas à grand chose dans la vie de tous les jours 😅

👉 Toutou peut-il rester calme en présence d’invités ? Croiser ses congénères et les ignorer ? Est-il serein dans différents environnements ? Et ce (surtout) sans qu’on ait besoin de le lui demander ?
C’est ça qui importe vraiment 😉
Un chien parfaitement dressé pourra sûrement rester assis lors d’un croisement congénère… Parce qu’on lui aura ordonné. Mais sera-t-il calme dans sa tête ? Sera-t-il capable de le faire sans notre intervention ? 🤐

➡️ Éduquer un chien, c’est lui apprendre à vivre en société sereinement, à prendre les bonnes décisions. C’est le socialiser pour qu’il réagisse correctement face à la nouveauté 🏆
Un chien éduqué peut très bien ne connaître aucun ordre, être incapable de s’asseoir sur commande ou marcher au pied. Mais il sait, sans qu’on ne lui demande, attendre avant de descendre de la voiture, ne pas sortir si la porte d’entrée est ouverte, patienter tranquillement pendant qu’on prépare son repas 😇
Il sera capable de choisir une activité de lui-même s’il en a l’envie ou le besoin. Il sera capable de prendre les bonnes décisions de façon autonome.

C’est principalement ce que je travaille avec mes clients : Obtenir un chien qui sait quoi faire, qui est autonome dans sa prise de décision. Un chien serein, bien dans ses pattes dans l’environnement avant d’être un chien obéissant au doigt et à l’œil.

Parce qu’au final, un chien dressé, ce n’est pas ce qu’on recherche dans le quotidien 🐶
Il n’y a qu’à voir toutes les personnes allant régulièrement en club canin mais dont le chien est ingérable en dehors.
D’autres pensent à tort que dresser leur chien (apprendre des ordres donc) les aidera à régler des problématiques d’aboiements, de malpropreté, d’anxiété ect. Dans quel monde avoir un chien sachant marcher au pied réglera le fait qu’il ait peur de ses congénères ou des humains ? 🤔

Le chien est un individu avec ses expériences, sa personnalité. Le dresser c’est l’enfermer, minimiser cette individualité.
Alors que l’éduquer, c’est valoriser son intelligence et son agentivité. C’est respecter ses limites en tant qu’être vivant.
💡 L’un n’empêche évidement pas l’autre : On peut très bien éduquer son chien et s’amuser à lui apprendre des tricks ! Certains peuvent être pratiques, d’autres simplement fun à faire avec Toutou.
Certaines disciplines comme le dog-dancing (ou obé rythmée) requièrent une exécution rapide et fluide de comportements sur signaux vocaux ou gestuels.

Cet article fait écho à un futur autre article nommé “L’autonomie plutôt que le contrôle”.

Education

La canette

Certains ont peut-être déjà entendu parler de la méthode de la canette. Pour les autres, voici ce que c’est :

Il s’agit de remplir une canette de petits cailloux afin qu’elle fasse du bruit lorsqu’on la secoue 📢 Le but est ensuite de la secouer lorsque notre chien fait un mauvais comportement. Le bruit soudain lui fait peur 😨, il arrête son comportement et éventuellement apprend que ce comportement apporte quelque chose de négatif. Dans la logique des choses, la fréquence d’apparition du comportement diminue ↘️

Notons qu’il s’agit exactement du même principe que le choc du collier électrique : Quelque chose de désagréable est ajouté sans que le chien ne sache d’où il vient. A la rigueur on enlève le risque de brûlure sur la peau… 🫠

Si vous êtes adeptes de l’éducation positive ou avez déjà lu certains de mes articles, vous comprenez rapidement ce qui ne va pas. Détaillons donc cela, avec à chaque fois le lien vers l’article qui développe plus le sujet.

➡️ La canette agit sur le comportement, pas sur la cause de celui-ci

Un comportement est issu d’une émotion ou d’un besoin. Le stopper sans proposer au chien autre chose à faire pour combler son besoin ou sans comprendre l’émotion derrière le comportement est inefficace.

Puisque la cause du comportement est toujours là (stress, manque d’activité, ennui ect), ce n’est qu’une question de temps avant qu’il réapparaisse ou que le chien trouve une autre façon de se satisfaire. Ok le chien vient d’arrêter de mâchouiller votre pantoufle, mais la raison pour laquelle il le faisait est toujours là 🤷‍♀️

Soit il va recommencer lorsque vous aurez le dos tourné, soit il trouvera autre chose à mâchouiller (et pas forcément ce qui vous fait plaisir…).

Pour en apprendre plus sur pourquoi il faut agir sur la cause du comportement et pas le comportement en lui-même, c’est par ici !

➡️ La canette peut créer une association négative

Si je veux que mon chien ne saute pas sur les invités en utilisant cette technique, je vais secouer la canette lorsqu’il effectue le mauvais comportement. Toutou saute sur un invité, le bruit lui fait peur, il s’arrête. Bien.

Mais il y a un risque à prendre en compte : Toutou peut associer la présence d’un invité à ce bruit, au stress, et donc développer une émotion négative à leur vue 🧐

Il peut finir par en avoir peur, fuir ou au contraire les attaquer. Voulez-vous vraiment prendre ce risque ? 🤔

➡️ La canette n’apprend rien au chien

Et bien oui : Le chien va stopper son comportement par surprise ou peur, et après quoi ? A part le risque de créer une association négative, qu’apprend le chien sur votre souhait ?

Stopper le comportement sans proposer au chien de quoi combler son besoin ne l’aide absolument pas à progresser. On est donc dans une voie sans issue 🛑

Le mieux ne serait-il pas de directement proposer quoi faire au chien, sans même lui faire peur ? Rappelons que Toutou ne parle pas français et qu’il ne peut pas deviner par magie ce que vous attendez de lui. Alors plutôt que d’agiter la canette lorsqu’il mâchouille la pantoufle, puis les pieds de table, puis de tapis (ect), autant renforcer directement le comportement souhaité ! 🥰

➡️ La canette peut créer un stress chronique ou au contraire une habituation

Si vous avez un loulou plutôt sensible ou déjà anxieux, provoquer un bruit terrifiant sortant de nulle part ne risque pas de le rendre plus serein. Pour la même raison que le “non” ne veut rien dire, votre chien ne va pas forcément comprendre que le bruit sert à le dissuader d’effectuer un comportement. Tout comme des disputes incessantes, votre chien risque de perdre confiance en lui (et en vous) et finir par ne plus oser faire quoi que ce soit 😔

Mais dans le cas contraire, votre loulou peut tout aussi bien s’habituer au bruit de la canette et finir par ne même plus sourciller. Quelle sera donc nos options ? Faire toujours plus de bruit, passer au collier électrique, faire plus mal ? Encore une fois une voie sans issue 🫢

➡️ La canette n’est pas éthique

Enfin, il est du devoir de chacun de se demander si nous souhaitons sincèrement que notre chien apprenne par la peur. Il existe bien d’autres façons de se faire comprendre sans qu’une émotion négative n’entre en jeu. Oui l’éducation positive prend plus de temps (et encore), mais le résultat est plus durable et obtenu en respectant son chien 👍

Bref, avant d’utiliser tel ou tel objet, telle ou telle méthode, il est important de se demander quel levier est utilisé. Quelle émotion va-t-on susciter, que cherche-t-on à modifier (émotion ou comportement), qu’est-ce que le chien va apprendre ect ? Oui ça marche, mais ce n’est pas parce que quelque chose fonctionne que c’est une bonne chose 😉

Education

Le mythe du chien régulateur

Ah, le fameux chien régulateur dont certains éducateurs se targuent d’avoir. C’est un chien “sociable mais qui ne se laisse pas faire” et qui va “remettre à sa place” le chien réactif.

Qu’est-ce qu’on peut voir ce genre de vidéos, c’est à la pelle : Un chien réactif en muselière, tenu en laisse courte, sur lequel on lâche un chien régulateur qui va s’en approcher vivement. Le chien réactif hurle de colère, de peur ou de stress, et le chien régulateur va la cartonner, le plaquer au sol, bref le “remettre à sa place”.

Quand on connaît les signaux d’apaisement, les zones de travail, la détresse acquise et un tas d’autres phénomènes documentés, ce genre de vidéos fait mal. Très mal.

Aucun respect de l’émotion du chien réactif, aucun respect de ses limites, de son corps.

A titre de comparaison, c’est comme si je vous ligotais et vous forçais à rester immobile alors que des araignées/souris/serpents (au choix) s’approchent de vous. Vous imaginez la détresse ? La panique ?

Et dans la finalité qu’est-ce que ce chien aura appris ? Que les autres chiens le bastonnent s’il montre son inconfort. Le choc de la bagarre va peut-être le garder anesthésié quelques jours, puis ça va reprendre.

Mais ici, nous allons nous pencher sur le chien régulateur. Ou plutôt sur son inexistence.

Dans l’imaginaire collectif, un chien régulateur est un chien sociable avec tout le monde, qui va directement aller voir ses congénères et les “remettre à leur place” s’ils se montrent agressifs.

Il y a plusieurs problèmes.

Utiliser son chien dans le but de lui faire rencontrer un max de chiens réactifs, c’est immoral.

Dans certains cas, le chien régulateur est lui-même un chien réactif. Un chien sociable et bien codé évitera la bagarre, ou au moins respectera qu’un chien ne veuille pas d’interaction. En voyant un congénère hyper tendu montrant des signaux d’agressivité, il s’en détournera. Mais s’il va quand même à la confrontation, ce n’est pas normal.

A force de rencontrer très souvent des chiens réactifs, il pourrait tout aussi bien le devenir à son tour. S’imaginer que tous les autres chiens vont eux aussi essayer de l’attaquer. Combien de mes clients ont un chien réactif à cause d’une mauvaise rencontre qui a traumatisé leur loulou ?

Pour faire une nouvelle comparaison, accepteriez-vous que votre enfant soit toujours placé en groupe avec des enfants turbulents ou harceleurs, avec pour justification qu’il est plus patient que ses autres camarades, ou qu’il ne se laisse pas faire ? Est-ce un stress et une responsabilités justifiés à donner à un enfant ?

Un chien qui s’entend avec tout le monde, ça n’existe pas.

Il est complètement normal pour tout être vivant social d’avoir ses préférences.

Un chien calme va rarement aimer se faire courir après par un grand joueur. Un chien tactile aura tendance à se frustrer face à un chien qui l’ignore. Un chien peureux aimera se promener avec un congénère qui ne vient pas trop vers lui.

Aucun chien ne convient à tous les profils.

Il est tout à fait possible “d’utiliser” d’autres chiens en séance, mais dans des cas très précis, et pas avec n’importe quel chien.

En fait, il n’existe pas UN chien qui va aller avec tout le monde. Il y a DES chiens qu’on va sélectionner en fonction du contexte et (surtout) du chien à rencontrer.

Si je travaille un chien réactif et qu’après plusieurs séances, j’estime qu’on peut faire une rencontre avec un congénère, je vais choisir un chien qui ne fait justement PAS attention à ses congénères. Je veux que le chien que je travaille se dise “ah mais celui-là ne vient pas m’embêter, c’est rassurant” et qu’il puisse prendre la décision de lui-même d’initier la rencontre.

Si je travaille un chien qui a vraiment du mal à se poser en balade, je peux faire une séance avec un chien très renifleur. L’autre va apprendre par imitation : “Oh mais qu’est-ce que tu renifles ?” et apprendre à renifler lui aussi, à calmer le rythme.

En fait, le chien régulateur bien “utilisé” sera plutôt un chien montreur. Un chien qui va donner l’exemple. Certainement pas un chien impatient qui va boxer son congénère dès qu’il en a l’occasion.

Ce sera souvent un chien calme qui va soit ignorer, soit interagir poliment avec l’autre chien en respectant ses limites. En fonction de ce qu’on recherche, on ne va pas prendre n’importe quel chien.

Par exemple en balade collective, je vais faire attention à ne pas mettre dans le même groupe des chiens craintifs avec des chiens exubérants.

Pour que mes craintifs/timides profitent de leur balade, le groupe sera d’abord composé de toutous sûrs d’eux mais qui ne vont pas aller embêter les autres. Des chiens qui font leur vie en reniflant. Ces chiens là sont une base hyper importante.

Du coup, mes petits timides vont renifler après l’autre, voire vont oser aller au contact. Et voilà que mon “régulateur” aura simplement montré l’exemple en rassurant les plus timides.

Et si durant la balade un toutou se sent pousser des ailes et embête un peu trop son monde, il sera rattaché et mis à l’écart le temps qu’il redescende en pression (c’est un être vivant, il a le droit de ne pas être au top 100% du temps). Le but est que chacun passe un bon moment !

Bref, le chien régulateur comme décrit dans toutes ces vidéos à succès, il n’existe pas.

Ce serait plutôt un chien réactif qu’on va lâcher sur un autre chien réactif pour le choquer et lui faire passer l’envie de montrer son stress. Ça ne respecte aucun des deux chiens, ça provoque du stress et ne règle pas le problème. Ça marche un temps, puis ça repart de plus belle.

Par contre, on peut complètement organiser des rencontres avec des chiens choisis en fonction du chien à travailler, pour le remettre en confiance. Mais aucun chien n’ira pas avec tous les autres.

Autres

Le respect

“Mon chien ne me respecte pas : Il tire en laisse et ne m’écoute pas.”

“Mon chiot ne me respecte pas : Il me mordille et aboie si je le dispute.”

En tant qu’éducateur, qu’est-ce que j’ai pu entendre ce genre de phrase !

On va mettre les pieds dans le plat : Vouloir le respect de son chien avant même de se poser la question de la confiance ou de ses besoins est un non-sens.

Ce fameux “respect” devrait être la dernière de nos préoccupations pour la simple et bonne raison que le respect ne se contrôle pas. Il se MÉRITE !

Je ne peux pas donner à mes clients des exercices à faire pour que leur chien les respecte, ça n’a aucun sens.

Leur chien les respectera lorsqu’il aura confiance en eux et qu’il les considérera comme des personnes stables, cohérentes, prévisibles. Des guides à qui se rattacher en cas de doute.

La plupart des gens confondent respect et crainte.

Si vous frappez ou disputez votre chien au moindre écart, il sera sans doute plus calme (et encore…). Est-ce qu’il vous respectera pour autant ? Non, il vous craindra.

On peut faire un parallèle avec les enfants : C’est un autre débat, mais je ne pense pas qu’un enfant vous respectera si vous le frappez. Il n’aura pas plus confiance en vous. Il aura peur de faire un écart, mais aussi de se confier.

► Être respecté, c’est quand la personne ou l’animal en face de vous vous considère comme un modèle, comme quelqu’un sur qui s’appuyer en cas de problème.

► Être craint, c’est quand la personne ou l’animal en face de vous a peur de vous agacer, par crainte des conséquences. Ce n’est pas la même relation, pas les mêmes émotions.

Pour être respecté, il faut être bienveillant. Il faut être patient et respecter les limites de l’autre. Si l’on pousse constamment notre chien dans ses retranchements (éducation coercitive, mise en immersion ect), comment pourrait-il nous considérer comme un appui, comme un refuge ?

Cela ne veut pas dire qu’on vit sans règles, sans poser nos propres limites (autant à notre corps qu’à notre foyer).

Justement, être cohérent dans nos règles, ne pas les changer en fonction de notre humeur. Être stable émotionnellement permet aussi au chien de nous respecter, puisque notre foyer est prévisible, qu’il sait à quoi s’attendre. Le respect passe par la confiance.

Le respect n’est pas un dû parce qu’on a adopté un chien, qu’on l’ait pris dans un élevage ou adopté en refuge

Nourrir son chien et répondre à ses besoins est normal. Notre chien ne nous doit rien. Le respect se gagne à travers les petites actions du quotidien, entre cohérence et bienveillance.

Couvrir son chien de cadeaux ou de friandises de luxe ne vous aidera pas non plus. Certes, votre chien vous appréciera car vous lui apporterez quelque chose de positif.

Mais le respect en tant que tel se gagnera par une attitude cohérente et sécurisante.

Bref, cessons de penser que si votre chien ne vous obéit pas, c’est qu’il ne vous respecte pas.

La désobéissance peut avoir des tas de raisons : problème de santé, mauvaise compréhension ou mauvais apprentissage, incapacité physique ou émotionnelle, conflit de motivation ect.

Vouloir le respect de son chien avant même de penser à tout ces détails démontre simplement un besoin de contrôle de notre part, un besoin de se rassurer.