Améliorer ses promenades, Comportement

Laissez-le réfléchir et observer

Les clients que j’ai eu pour un travail en réactivité de leur chien pourront en témoigner, une fois que Toutou a compris qu’il pouvait s’éloigner plutôt que charger ou aboyer, je répète souvent une phrase : “Arrêtez de lui parler, laissez-le réfléchir”.

Par habitude ou par peur, on a tendance à beaucoup parler à notre chien. Au moindre croisement, on va répéter “tu laisses, viens, au pied”. Mais c’est justement en lui parlant à outrance qu’on l’empêche de progresser, parce qu’on interfère avec ses besoins et son rythme.

Après quelques séances de travail, Toutou sait ce qu’il est supposé faire. On a appris à gérer la longe, notre corps et à récompenser ses bonnes décisions. Le comportement d’observation plutôt que l’agression aura été renforcé, il aura appris qu’il peut le faire, dans des conditions qui respectent son intégrité physique et mentale (sans immersion, sans coercition).

👉🏼 Maintenant, il faut le laisser réfléchir.

➡️ Il peut décider d’observer de loin son déclencheur, d’analyser.

Ça lui permet de s’ancrer et on peut renforcer cette observation calme et posée. Dans ce cas, il est important de lui laisser tout son temps et de ne l’aider que si la tension commence à monter (difficulté à décrocher, autre chien qui s’approche…).

J’insiste sur le fait que l’observation doit être posée, avec un chien calme et la laisse détendue. On ne parle pas ici d’une observation avec un chien raide comme un piquet, la laisse tendue de peur qu’il ne déclenche. Dans ce cas, on prend de la distance.

Il n’est pas nécessaire que votre chien soit truffe à truffe avec un congénère pour prendre les informations et communiquer. Il peut renifler et capter les odeurs de très loin (quel scoop !) et communiquer avec son corps (rigidité, direction, position de la queue, des oreilles…) : la communication des chiens est certes olfactive, mais aussi et surtout visuelle via des signaux parfois très subtils.

➡️ Il peut décider de s’approcher de son déclencheur.

Pas forcément pour obtenir une interaction, mais pour prendre les odeurs. Auquel cas, on peut suivre un toutou pour que notre chien puisse prendre qu’il laisse au sol (marquage urinaire, frottement du corps ou des coussinets…). On passe d’un chien qui réagit par anticipation, qui est proactif, à un chien qui décide de prendre des informations, qui fait le bon choix.

Avoir un chien qui est capable de décider de prendre les informations olfactives d’un congénère sans nécessairement aller vers ledit congénère, c’est une étape fabuleuse. Il choisit d’analyser, de comprendre.

A nous de gérer les humains trop insistants (non un chien qui s’approche de vous ne veut pas forcément être touché, ni même regardé) ou de choisir les chiens aptes à rencontrer le notre. Certains vont penser que si notre chien marche vers le leur, il peut y avoir interaction. Mais pas forcément ! Attention à anticiper pour ne pas se retrouver avec une interaction forcée alors que notre chien voulait juste renifler l’arbre qui venait d’être marqué par le chien juste devant.

Si notre chien souhaite réellement une interaction, il est important qu’elle ait lieu avec des chiens choisis pour leur calme et leur capacité à cesser le contact facilement. Les premiers contacts d’un chien réactif doivent, dans l’idéal, être très encadrés.

Lorsque le travail de la réactivité est bien avancé, on peut commencer à se promener “normalement”. On avance, en maintenant une gestion des distances et de la direction pour aider notre chien. Mais on le laisse prendre ses décisions : on ne parle pas, notre corps indique mais n’impose pas, c’est lui qui décidera de vous suivre plutôt qu’aller vers un chien.

Si le travail a bien été mené et qu’on entre pas dans la zone rouge (propre à chaque individu), Toutou réagira comme on le souhaite et on n’aura plus qu’à récompenser chaudement ce comportement.

A ce moment là, le plus difficile est de ne pas tendre la laisse de peur qu’il se passe quelque chose, alors que leur chien a énormément progressé et est capable de cette prise d’odeur. Bon nombre de clients ont du mal avec cette partie et c’est complètement compréhensible ! Il est souvent difficile d’effacer une peur aussi ancrée.

C’est pour cela que le travail du chien réactif passe essentiellement par le travail du corps de l’humain. Il faut avoir conscience de ce qu’on indique (épaule, direction, rythme, trajectoire ect) pour aider notre chien sans s’imposer.

Une bonne gestion de longe est indispensable pour que cette étape se passe en toute sécurité. Non une longe n’est pas une longue laisse dont on tient la poignée sans se poser de question ! Savoir la dérouler, quand retenir et quand laisser du mou, c’est aussi du travail.

Une fois ce cap passé, celui où on fait confiance à son chien (grâce au travail effectué progressivement), ce n’est que du bonheur ! Il ne s’agit plus de ne “rien” faire, parce qu’il faudra au moins gérer la distance : chaque chien a une zone rouge à ne pas franchir, dans laquelle il est trop près de son déclencheur pour réfléchir. Elle évoluera avec le temps et le travail, mais si vous la connaissez, il suffit de gérer les indications données par votre corps et votre distance pour que tout se passe comme sur des roulettes !

➡️ Laisser observer notre chien lui permet :

– De prendre des informations, visuelles ou olfactives, même de loin.

– D’analyser ce qui le dérange et donc de se rassurer.

– De le laisser réfléchir et donc de constater qu’il peut rester à distance ou s’éloigner.

– De réguler son état émotionnel à son rythme.

➡️ Laisser observer notre chien nous permet :

– D’observer son comportement et donc son niveau de stress.

– De (ré)ajuster nos distances (zone de travail) afin d’améliorer cette observation sereine.

– De prendre confiance en lui (et en nous) en constatant les progrès réalisés.

– D’en apprendre plus sur notre compagnon, sur ses préférences, son rythme ect.

C’est exactement la même chose lors de la socialisation du chiot : L’observation est mieux que l’interaction.

Le but du travail d’un chien réactif n’est pas de le rendre hyper copain avec la Terre entière. Aucun chien ne peut s’entendre avec tout ses congénères, de la même façon que vous avez aussi vos préférences avec les autres humains.

Le but du travail d’un chien réactif est de lui apprendre que, justement, il peut observer plutôt qu’agresser.

Qu’il peut prendre la décision de s’éloigner s’il n’est pas à l’aise, et de s’approcher s’il se sent bien.

Le travail du chien réactif est une danse entre vous et lui.

S’approcher, s’éloigner, parler avec son corps, en avoir conscience.

Comprendre que parler n’est souvent nécessaire que pour montrer qu’on est trooop content de notre chien, pas pour lui dire quoi faire.

C’est aussi et surtout prendre le temps. De le laisser observer, réfléchir, prendre des informations. Laisser son cerveau (re)construire des schémas neuronaux plus opérants et confortables.

Un chien réactif est justement un chien qui ne sait plus analyser et prendre le temps. Il (ré)agit, il ne sait pas faire autrement. Alors il est nécessaire, vital, de passer par l’étape de l’observation calme, de la faciliter par la distance et la longe, de la chérir et de la féliciter.

Autres

Le repas du chien

Les chiens et la nourriture, c’est une longue histoire. La croquette sèche que mange l’immense majorité de nos chiens n’a même pas un siècle (1956). Auparavant, on leur donnait généralement une soupe ou pâtée composée de pain, viande, restes alimentaires 🍲
Nous sommes donc passés aux croquettes, plus pratiques et simples d’utilisation.


📌 Au milieu du 20ème siècle est créée la théorie de la dominance suite à l’observation de loups en captivité. On préconise donc à nos chiens de famille ce qui a pu y être observé : Le chien “soumis” doit manger à l’écart, après les humains.
➡️ On sait depuis que cette théorie est fausse : Observation en milieu captif pour la théorie de la dominance, alors que les loups en milieu naturel (groupe familial, pas une meute créée par l’Homme) mangent ensemble. Transposition au chien alors que ce n’est pas la même espèce (comportement social différent du loup, anatomie et besoins différents). Aucune hiérarchie stricte inter-espèce comme celle définie dans la théorie de la dominance n’existe dans le monde réel.
Sauf que certains conseils se basent uniquement sur cette théorie, invalidée depuis plusieurs dizaines d’années.

On ne discutera pas ici de la composition du repas : Croquettes, pâtée, BARF, ration ménagère, prey model… Il existe des tas de concepts avec chacun leurs avantages et inconvénients. Certains sont adaptés à certains chiens, d’autres non.
Consultez votre vétérinaire 👩🏻‍⚕️ (et votre budget) pour trouver ce qui convient le mieux à votre chien.

Cet article aura pour but de donner une réponse simple et générale aux questions : OÙ, QUAND et COMMENT faire manger son chien ? 🤔

Où faire manger son chien ?

Ce qui était conseillé : Nourrir son chien à l’écart car il doit être soumis à l’humain. Il doit pouvoir être dérangé pendant son repas. Il doit accepter que l’humain lui reprenne sa gamelle 😐
Belle recette pour créer un chien stressé, perdant confiance en l’humain voire développant une protection de ressource 😬

Votre chien peut manger à l’écart, oui, mais pas pour les mêmes raisons.
Le repas doit avoir lieu dans un environnement calme où le chien pourra être tranquille et prendre son temps. Manger au milieu des enfants qui courent n’est pas une bonne idée. Un environnement stressant, bruyant, stimulant, accélérera la prise du repas : mauvaise digestion, ingestion de gaz, contraction abdominale avec risque de retournement d’estomac ect 🏥
Choisissez donc une pièce au calme où votre chien ne sera pas dérangé 😌 Si vous en avez plusieurs, vous pouvez préférer les séparer (surtout s’ils ont une vitesse d’ingestion différente) afin d’éviter que le plus rapide des deux ne vienne fouiller dans la gamelle de l’autre.

Dans cette optique, ne mettez surtout pas la main dans la gamelle du chien qui mange ! 🙅🏻‍♀️
C’est quelque chose que je vois bien trop souvent pour “lui apprendre à ne pas garder sa gamelle”, mais cela provoque tout l’inverse. Le chien apprend que l’humain le dérange, qu’il cherche parfois à lui reprendre son repas. Un chien cool avec sa nourriture prendra sur lui. Un chien moins patient pourra, au fil du temps, se tendre à l’arrivée de son humain. Ce n’est pas parce qu’il ne grognera pas qu’il n’en sera pas moins agacé. Jusqu’à la fois de trop où l’accident surviendra 🩹
Un chien qui grogne lorsqu’on passe près de lui lorsqu’il mange fait de la protection de ressource, pour tout un tas de raisons. C’est quelque chose que l’on peut travailler en séance d’éducation avec des exercices simples. Mais ne cherchez pas à résoudre le problème vous-mêmes, au risque de déclencher une morsure.

🔕 Un chien qui mange, on le laisse tranquille. On ne lui parle pas, on ne le touche pas. Vous aimeriez qu’un gus vienne mettre ses vilaines mains dans votre assiette ?
Si vous avez des enfants ou plusieurs chiens, investissez dans une barrière pour bébé et gardez ce mot en tête : tran-qui-li-té ! 🧘🏻‍♀️

Quand faire manger son chien ?

Quelle vaste question. Les chiots mangent trois repas par jour, qui peuvent être réduits à deux voire un à l’âge adulte, même si cela peut être discutable : sensation de faim qui augmente l’irritabilité, grosse prise qui peut entraîner des troubles digestifs ect.

Ce qui était conseillé : Le chien doit manger après ses maîtres et s’il ne finit pas sa gamelle, elle doit lui être reprise.

Puisque la théorie de la dominance se base sur le loup, voici son comportement en milieu naturel : Si la proie est d’une grande taille, tous les loups mangent en même temps. S’il n’y en a pas assez pour tout le monde, alors les parents privilégient les louveteaux avant les plus âgés (David Mech Canadian Journal of Zoology 77:1196-1203. 1999).
Keuwa ? Le saint loup alpha ne mange pas forcément en premier ? Les petits sont privilégiés aux adultes pourtant “dominants” ? 😱
Blague à part, on sait aujourd’hui que les loups fonctionnent par groupe familial. Les parents et les petits jusque 3 à 5 ans. Il est logique de privilégier la survie des petits. Les combats sont rarissimes et les loups communiquent surtout par signaux ritualisés (oh, comme les signaux d’apaisement si importants à connaître !), car une blessure peut être mortelle dans un milieu naturel.

Alors, quand faire manger son chien finalement ?
J’aurai bien envie de dire : Quand vous voulez ! 🙌🏻
Certains chiens parviennent à se réguler et peuvent être nourris à volonté, d’autres ont besoin d’être rationnés au risque de vous engloutir tout le paquet de croquette (dans ce cas, on pourrait discuter de la qualité nutritive des croquettes et de la sensation de satiété qu’elles provoquent, mais ce n’est pas la question).

La routine est très importante pour nos compagnons 👈🏻
On préférera donc un repas à heures fixes, avant ou pendant notre repas.
En effet, quel intérêt de les laisser saliver en nous voyant manger, autre que pour asseoir une prétendue dominance complètement fictive ?
Certaines personnes se plaignent que leur chien les regarde ou les embête pendant qu’elles mangent : Nourrissez votre chien avant vous. Moi aussi je salive devant les vitrines des boulangeries quand j’ai faim. C’est normal 🤤

Notez que ce conseil de “votre chien doit manger après vous” ne tient absolument pas debout dans la vie courante : Si vous mangez chez des amis, votre chien va manger à votre retour très tard ? Mais il ne vous aura pas vu manger… Et si vous faites un long apéritif dînatoire, il doit patienter jusqu’au digestif ? Le goûter des enfants compte ou pas ? Les friandises comptent ou pas ?
Ne vous torturez pas l’esprit, vraiment 🙂‍↕️

➡️ Allez au plus simple : Nourrissez votre chien avant vous, au calme, et laissez-le entamer sa sieste pendant que vous mangez tranquillement.

Comment faire manger son chien ?

Et oui, cela devrait aussi être une question à se poser, car il n’y a pas que la simple gamelle !
Il y a mille et une façons de rendre le repas plus ludique comme les tapis de fouille, les jeux de stimulation mentale, les tricks, éparpiller les croquettes dans le jardin, les jouets distributeurs de croquettes…
Ils permettent d’occuper le chien facilement en le faisant réfléchir et/ou renifler. Une façon simple et chouette de créer de la stimulation mentale, bénéfique à nos chiens souvent apathiques dans la maison 😁

Attention toutefois à ne pas le frustrer inutilement : si vous aviez très faim et que je vous obligiez à résoudre un problème de maths avant de vous donner votre assiette, vous auriez bien le droit de râler ! 😤

Selon une étude (Domestic pet dogs (Canis lupus familiaris) do not show a preference to contrafreeload, but are willing, R. Thompson, E. M. Hall, R. A. Foster, 2024), les chiens vont avoir tendance à préférer manger dans une gamelle sans avoir à travailler pour obtenir leur nourriture, contrairement à d’autres animaux. Cela ne veut pas dire qu’il ne vaut pas rendre les repas plus ludiques, mais adaptés à chaque chien.

➡️ Ce que je conseille donc : Donnez la moitié de la ration de votre chien dans sa gamelle, simplement, et l’autre moitié de façon plus ludique. Pas de frustration, mais quand même de la réflexion.

Enfin, quant à la question “faut-il retirer la gamelle du chien après 20 minutes s’il n’a pas fini ?”, je répondrai que cela dépend surtout de votre organisation.
Votre chien peut très bien se réguler et manger par petites quantités. Mais si vous avez un deuxième loulou plus vorace, ce sera difficile à gérer et on proposera plusieurs petits repas.
Même chose si vous avez une activité sportive avec votre chien 🏃🏻‍♀️ Connaître l’heure du dernier repas et sa quantité avant une sortie cani-cross est très important pour éviter les torsions de l’estomac.
Nourrir à volonté a ses avantages et ses inconvénients, à vous de peser le pour et le contre en fonction de l’appétit de votre chien, de ses activités de la composition de votre foyer.

En définitive, il n’a pas vraiment de “règle” à appliquer à la lettre lors du repas de nos chiens. Ils peuvent manger à volonté, ou non. Il peuvent manger avant ou après vous. Ils peuvent manger des croquettes ou une ration ménagère. Dans une gamelle ou dans la pelouse.
On peut profiter d’une partie du repas pour faire réfléchir Médor et le fatiguer mentalement, en prenant garde à adapter la méthode à son niveau.
Un seul mot d’ordre tout de même : On lui fiche la paix, on ne lui reprend pas, on n’essaie pas d’asseoir une autorité imaginaire en empêchant un être vivant de se nourrir.

Autres

Ça prend combien de temps ? Spécial chiot

Nous sommes toujours très pressés.
Trop souvent on me demande quand le chiot -à peine arrivé dans sa nouvelle famille- sera calme, arrêtera de mordiller, sera propre ect 💬
Aurait-on toutes ces exigences avec un bébé humain ? 🙂‍↔️ Le petit bout de chien vient de quitter sa maman, tout que qu’il a toujours connu, et on lui demande déjà de se comporter comme un adulte indépendant.

Un chiot est un bébé, son corps grandit, il teste des choses, il découvre le monde 🌈
Vers 6-8 mois, il devient un adolescent, avec tous les bousculements hormonaux et la difficulté de gestion des émotions qui va avec.
Et c’est seulement entre 18 et 24 mois que vous pourrez considérer votre chien comme étant adulte (variable en fonction des races).
Alors même si certains ont beaucoup de chance et se retrouvent avec un chiot hyper posé et propre rapidement (le choix de l’élevage a son importance…), il est normal d’avoir un chiot malpropre ou qui mordille 🥰

En étant réaliste et conscient des capacités du chiot, quel temps ça prend ? 🤔
Remarque : TOUT va dépendre de l’individu, de sa socialisation, de son passé. Les chiffres avancés ne sont là que pour vous donner une vague idée du développement du chiot. Si votre bébé est en avance ou en retard, ce n’est pas une course !

La propreté

A son arrivée, les sphincters du chiot ne sont pas matures. Il est complètement normal qu’il ne puisse pas se retenir longtemps. Rendre le chiot propre, c’est simplement lui apprendre à demander à sortir, tout en respectant son rythme ⏳
Hors de question de lui demander de se retenir 7h en journée car cela est très mauvais pour sa santé 🩹
Même avec l’entraînement parfait, la chance va avoir son mot à dire. Certains chiots vont naturellement savoir se retenir plus longtemps que d’autres, tout comme certains enfants sont propres plus tôt que d’autres.
➡️ Par exemple notre côté avec Bloom, à l’heure où je publie cet article elle a 4 mois et nous avons encore quelques accidents. Ils sont généralement dû à l’excitation, admettons 4-5 par semaine.

On estime que les sphincters du chiot seront matures vers 8-10 mois en fonction de la race. Des accidents peuvent donc arriver sans qu’il y ait de quoi s’alarmer. Passé ce délai et malgré un protocole d’apprentissage bienveillant respecté, une petite visite chez le vétérinaire peut être utile, histoire de vérifier que tout va bien là-dessous 👩🏼‍⚕️

Les mordillements

Tous les chiots mordillent, car tous les chiots découvrent le monde avec la seule chose qu’ils ont à disposition pour prendre et explorer : Leur gueule. Un chiot qui ne mordille pas ou ne cherche pas à explorer, c’est inquiétant 🙃
Jusqu’à 3-4 mois, c’est la phase de socialisation : Bébé chien mordille pour explorer le monde, se défouler, s’occuper… Bref, rien de plus normal.

Vient ensuite la perte des dents de lait 🦷 et les douleurs aux gencives qui peuvent renforcer les mordillements. C’est généralement après ce moment que le gros des mordillements disparaît.
Enfin, l’adolescence (environ 6 à 18 mois) et ses bousculements hormonaux peut être une bonne raison à ado chien d’avoir envie de mordiller. Il gère moins la frustration et ses besoins en activité augmentent. Il est donc important (et ce dans toute la vie du chien) de lui fournir de quoi mâchouiller.

Le calme

Ah la grande question ! Quand est-ce que cette petite tornade va enfin se calmer ? 🌪️
Votre chien sera considéré comme un adulte à partir de 1 an pour les petites races et jusqu’à 3 ans pour les races géantes. Bref, jusqu’à 18 mois en moyenne, considérez-le comme un adolescent, avec des comportements logiques d’adolescents.
En cela, demander à un jeune chien d’avoir le calme d’un chien adulte et mature n’a pas de sens 🤷🏼‍♀️ Demande-t-on aux enfants de ne pas crier de joie et se contenir constamment ? Laissez votre chien grandir, tester, explorer, découvrir.

En fonction de la race et de la stabilité des apprentissages, votre chien peut comprendre très rapidement qu’être calme est la meilleure chose à faire (d’où l’intérêt de s’entourer d’un éducateur canin en positif et de travailler dès son arrivée).
Mais il faut toujours garder en tête que l’éducation n’est pas un inhibiteur hormonal et que la “crise d’adolescence” est une étape normale du développement du chien 😌

Finalement, la réponse à toutes ces problématiques reste “tout dépend de l’individu”. Avec sa race, sa socialisation, son éducation et ses capacités individuelles 🐕
Alors si Gertrude vous dit que ce n’est pas normal que votre chiot détruise ou soit malpropre alors que “Kiki était sage dès son arrivée”, sachez que c’est plutôt Kiki qui sortait de l’ordinaire 🤭

Comportement

Le stress chronique

Le stress chronique est une situation qui touche beaucoup de chiens réactifs.
Tout être vivant peut être soumis au stress. De façon ponctuelle, ce n’est pas gênant, le corps et l’esprit peuvent s’adapter. Mais lorsqu’un organisme subit un stress constant, répété, régulier, il défaille.

Qu’est-ce que le stress chronique ?

Un chien réactif va stresser en voyant ses déclencheurs à une certaine distance 🟠, et exploser quand ceux-ci vont entrer dans sa zone rouge 🔴
Par exemple, Médor va monter en tension en voyant un chien à 20 mètres 🟠, et être hors de lui s’il en est à 10 mètres 🔴. Cette montée dans l’état de stress peut être progressive ou assez explosive selon l’individu. Pour certains chiens, voir un congénère de très loin peut suffire à le faire entrer dans cet état d’agitation.
Quoiqu’il en soit, il faut comprendre qu’un chien en zone rouge ne réfléchit plus. Il n’en est plus capable parce que son cerveau est en mode survie 😵‍💫 Si je vous demandais de calculer 6×7 avec une mygale sur la main, vous n’y parviendriez pas non plus.
Bref, votre chien subit un gros coup de stress, plus ou moins important en fonction de la distance avec son déclencheur, du contexte, de votre direction ect.

Une fois, ce n’est pas si grave. Le cerveau du chien a le temps d’emmagasiner cette information et de se reposer. Il redescend en pression et, sauf en cas de traumatisme, c’est terminé 😮‍💨
Mais si votre chien entre dans cet état de stress à chaque balade, plusieurs fois par balade, plusieurs fois par jour, son taux de cortisol n’a pas le temps de descendre. Il reste tendu, en alerte, jusqu’à la prochaine fois 😕
Il entre donc en stress chronique, même hors des périodes stressantes. Il peut être posé et calme à la maison, mais son corps est toujours en état d’alerte 🚨

Notre corps réagit de la même façon : Si vous enchaînez les évènements stressants, votre esprit ne redescend jamais complètement. Vous êtes constamment sous tension, irritable, fatigué.
Le stress chronique peut aussi être, chez l’humain, la cause de maladies 🤒, de la perte de fonctions cognitives 😖, ou encore de troubles de la mémoire 🧠
Chez nos toutous, c’est la même chose.

Un chien continuellement soumis au stress pourra développer des maladies 🦠 ou des irritations. Son corps combattra plus difficilement les attaques et il s’en retrouvera fatigué 🫩 ou irritable 😤 (ce qui n’aidera pas non plus sa rééducation). D’ailleurs, si votre chien développe soudainement un mauvais comportement, un souci de santé peut en être la cause 💉

De plus, cet état de stress permanent peut engendrer une difficulté d’apprentissage 🧠
Le chien ne pourra pas se concentrer convenablement, ni emmagasiner toutes les informations lors des séances d’éducation. Son esprit ne sera pas en état d’apprendre quoi que ce soit car il sera en mode “survie”.
Essayez d’apprendre quoi que ce soit sous pression ! C’est long, pénible et fatiguant. Et encore, vous VOULEZ apprendre (études, discours, protocole…). Votre chien n’a pas cette notion de “ok aujourd’hui let’s go travailler ma réactivité” 😜

Une mise au vert

Voilà pourquoi, lorsqu’on travaille un chien réactif, il est parfois préconisé de d’abord faire une “mise au vert” afin de remettre le corps et l’esprit dans un environnement calme et serein 🌳
Pendant quelques jours ou semaines, on va éviter tous les endroits stimulants comme la ville, les quartiers animés, les parcs… Pour préférer promener son chien à la campagne, en forêt, là où vous ne croiserez presque personne et où la gestion de l’environnement sera très facile (changer de chemin, mettre de la distance, couper le visuel).
Dans certains cas, on va carrément stopper les balades, le tout en compensant bien entendu avec des activités à la maison (jouets à mâchouiller, recherche olfactive, jeux d’intelligence…) 🏠

On va replacer le chien dans un état stable, calme, neutre 🌱
Évidemment, cela ne va pas régler le problème, mais votre loulou sera dans de meilleures conditions d’apprentissage lorsque le travail commencera.
Si besoin, un accompagnement médicamenteux fourni par un vétérinaire comportementaliste pourra être prodigué, si on décèle que le chien est dans un état de stress trop important 👩🏼‍⚕️

En gros, on permet à lui et son organisme de souffler un bon coup 💨
Le niveau de stress redescend et on peut commencer à travailler avec un chien plus “neutre” physiologiquement.
Ça ne fait pas tout, évidemment. Mais un bon travail sur la peur/réactivité implique un bon point de départ 🏁

En définitive, vouloir travailler son chien réactif est une excellente chose. Mais attention à ne pas le pousser à bout non plus. Enchaîner les séances parfois stressantes avec un chien déjà sous tension ne fera qu’allonger la durée de la rééducation, on plus de vous fatiguer, vous et votre chien 😔
Faisons en sorte d’avoir un chien disposé à apprendre avant de commencer quoi que ce soit, au risque de perdre du temps ou aggraver son comportement.

Gardons aussi en tête qu’un chien d’apparence “calme” peut aussi être en état de stress. C’est à l’éducateur, formé et expérimenté dans la lecture des signaux d’apaisement, ou encore au maître qui connaît les rituels, mimiques et habitudes de son chien, de déceler une anomalie.
Cela peut se traduire par des signaux très subtils, mais aussi par un chien en détresse acquise (voir article sur le sujet). Dans ce cas, une mise au vert “mentale” peut être nécessaire (ne rien demander à son chien, le laisser tranquille 🔕 pour qu’il retrouve un comportement naturel sans intervention humaine).

Autres

La race de vos rêves malgré vos conditions de vie

Vous rêvez d’une race, mais vous savez pertinemment qu’elle n’est pas adaptée à vos conditions de vie.

C’est déjà super de s’être renseigné et d’avoir conscience que votre mode de vie n’est pas adapté à toutes les races !

Alors, et vous aurez bien raison, vous choisissez de ne pas adopter ce chien, plutôt que de céder à une envie qui le rendrait malheureux.

Et si je vous disais qu’en cherchant bien, vous pourriez vivre avec la race de vos rêves, malgré tout ?

Je vais prendre un exemple très simple, et malheureusement très actuel, j’ai nommé : L’adoption d’un chien de travail lorsqu’on a une vie plutôt sédentaire 🌻

Cela peut être un border collie, un malinois, un husky, un berger australien (liste évidement non-exhaustive, il s’agit généralement de chiens de berger ou nordiques cependant)… Ce sont des races très actives et sensibles qui ont besoin d’activités physiques et mentales, de travailler pour se sentir bien dans leur pattes.

Clairement, je ne recommande pas ces races à quelqu’un qui ne pourrait les sortir que 45 minutes par jour et un peu plus longtemps le week-end.

Pourtant, il existe quelque part une perle rare qui pourra vous convenir tout de même !

Tout d’abord, la génétique reste une question de probabilité.

Prenons l’exemple des border collie. Évidemment qu’un border aura beaucoup plus de chance d’avoir un fort instinct de poursuite. Il aimera courir après les balles, rassembler les humains, pourchasser les voitures. C’est un comportement qui peut être géré et canalisé (s’exprimer de façon contrôlée) grâce à l’éducation, mais qui est inscrit dans les gênes de cette race.

Cela peut être représenté par une courbe de gauss 📈📉 (courbe en forme de cloche)

La majorité des border collies aura un instinct de poursuite assez élevé, inhérent à cette race. Une petite partie aura un instinct plus faible ou plus élevé que la moyenne. Et une micro-partie aura presque une absence d’envie de poursuite, ou une envie exacerbée.

La partie qui nous intéresse est au touuuut début de la courbe de gauss : Certains border n’auront aucun instinct de poursuite, ou très très peu. L’envie de poursuivre, courir et rassembler ne les effleurera même pas. Ils sont très rares, mais ils existent.

➡️ De la même façon, on peut trouver des malinois de salon, patapoufs et qui se satisferont de l’activité d’un chien “normal”, ou des chiens de chasse complètement blasés devant l’odeur d’un chevreuil, sans aucun prey drive. Ou encore un spitz qui n’aboiera jamais de sa vie, un husky avec pas un pet de besoin exploratoire, un cane corso avec aucune envie de défendre qui que ce soit.

Si vous êtes éleveur ou si vous choisissez une race justement pour ses spécificités, ces chiens sont des “””erreurs””” (oui j’insiste sur les guillemets). Ils ne remplissent pas les caractéristiques de leur race.

C’est comme si votre café avait le goût de thé : Dans l’absolu c’est très bon, mais ce n’est pas ce que vous recherchiez.

Mais si vous êtes amoureux d’une race et que vous vous reteniez de l’adopter justement pour ses spécificités (encore une fois, c’est à tout à votre honneur), alors ces chiens sont des perles rares ! 🏅

Mais comment trouver ce chien si unique ?

Il faut bien chercher et être très patient ! 🔎

Pour un chiot, beaucoup de recherches d’élevages

L’éleveur doit connaître parfaitement ses chiens et rechercher le calme dans ses croisements. Le plus sage serait évidement de rechercher une lignée de beauté/compagnie/show plutôt qu’une lignée travail. Les parents de notre chiot devront être ce que l’on espère obtenir.

Une fois la portée née, il faudra faire une nouvelle fois confiance à l’éleveur qui pourra nous choisir le chiot le plus calme et posé de la portée. Gardons tout de même en tête qu’un chiot calme peut tout à fait s’avérer plus vif dans un autre environnement ou en grandissant. Rien n’est certain donc.

Entre les recherches et l’attente du mariage et de la portée parfaite, il peut s’écouler des années, pour un résultat malgré tout incertain ⏳

Le plus simple est encore de se tourner vers un chien déjà adulte

Son caractère est déjà connu, tout comme son taux d’énergie, ses besoins en activité ect.

Ce toutou peut être un retraité d’élevage, un chien de refuge (âgé ou non) ou encore un chien avec des particularités physiques l’empêchant d’être aussi actif que la majorité des membres de sa race (handicape physique par exemple).

Évidemment, il faudra sûrement compenser le manque d’activité physique par divers stimulations mentales, tant pour l’activité d’un chien adulte que la santé mentale et le moral du chien âgé.

Rien n’est encore certain à 100% car un chien peut avoir un comportement différent en fonction de son lieu de vie et des conditions qui lui sont présentées, mais on augmente quand même pas mal les probabilités de trouver votre fameuse perle rare.

Le top du top ? Adopter chez un particulier qui souhaite malheureusement se séparer de son chien

L’abandon d’un chien n’est jamais une décision facile et n’est pas toujours le fruit d’un manque de réflexion au moment de l’achat ou d’égoïsme : La personne peut avoir perdu son travail et avoir des difficultés financières, elle peut avoir eu un enfant allergique, elle peut subitement manquer de temps à cause de raisons personnelles, elle peut avoir une pathologie qui l’empêche de répondre aux besoins de son chien… Faire le raccourcis “il abandonne son chien = c’est une mauvaise personne” est injuste pour tous les gens adorant leur chien et dont la séparation leur brise le cœur parce qu’elle est parfois la seule solution pour le bien-être du chien et du foyer.

Cette parenthèse finie, pourquoi cela vous arrange-t-il ?

Et bien parce que qui connaît mieux ce chien que la famille qui a passé plusieurs mois/années avec lui ? Et si votre mode de vie ressemble beaucoup au leur, alors jackpot ! ✨

Vous connaissez déjà tout de ce toutou : Son rythme, ses habitudes, ce qu’il aime, n’aime pas, son énergie, sa faculté à rester calme, son attitude avec les humains, les chiens… C’est parfait !

Alors oui, Médor pourrait changer de comportement dans son nouveau foyer, parce que vous n’êtes pas exactement pareil que son ancien. Mais encore une fois, il s’agit d’augmenter les probabilités.

Bref, du temps, de la patience et beaucoup de recherches nous permettront de (peut-être) trouver ce chien qui a dit non à toutes les statistiques et standard de sa race.

Ce n’est pas facile, parce qu’on cherche justement un chien qui ne répond pas à la norme.

Cependant, il convient de se demander pourquoi est-ce que nous désirons tant telle ou telle race ?

On craque dessus depuis ce film qui nous a marqué ? On la trouve magnifique ? Ses prouesses nous impressionnent ? Un voisin en a une qui se comporte très bien ?

Prendre du recul sur nos propres envies a aussi son importance dans le choix de notre futur toutou. Attention à ne pas être aveuglé par ce qu’on peut voir ou trouver sur internet, on ne voit généralement que les bons côtés 😉

Comportement

Tous les chiens ne sont pas égaux dans leur communication

Malgré une socialisation aux petits ognons et des parents parfaits communicants, certaines races auront toujours un désavantage pour communiquer avec leurs congénères.
Et ce du fait de la sélection faite par l’Homme sur leur physique 😕

Les chiens communiquent via des phéromones (captés par l’odorat), mais aussi et surtout avec leur langage corporel.
De simples micro-mouvements peuvent en dire long sur leur état émotionnel 📝
Durant la séance théorique qui précède nos cours pratiques, je prends toujours le temps d’expliquer aux clients les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine. Comment les chiens discutent. Les connaître, c’est parler chien. C’est comprendre votre compagnon et pouvoir l’aider et le respecter ☺️
C’est important de pouvoir lire son Toutou afin d’y déceler les prémices d’un stress et d’agir en conséquence, notamment sur un chien réactif. Mais aussi pour déceler un souci de communication lors des interactions : Croquette met mal à l’aise Max, Rex harcèle Bella, Fido veut une pause mais n’est pas compris…
Tout cela va passer par des micro-mouvements faciaux (appelés signaux d’apaisement), le mouvement de la queue, la tension musculaire, des variations dans l’allure, la distance ect.

Mais certaines races, du fait de leur physique particulier, ne peuvent pas être parfaitement comprises par leurs congénères 🙁

Malheureusement, l’Homme a tendance à déformer le physique de certains chiens pour son plaisir personnel, sans penser aux conséquences sur leurs interactions sociales ou sur leur santé (mais ce point fera l’objet d’un autre article).

Le faciès

Les chiens communiquent beaucoup avec leur faciès : Des micro-expressions, que ce soit des clignements ou mouvements des yeux (wale-eyes), léchage de truffe, bâillement, détournement de la tête ect.
Maiiis… 😬
Certaines races brachycéphales (bouledogue par exemple) ont un museau si court qu’il ne leur permet pas de faire toutes ces expressions, parfois très subtiles. Ce museau très court obstrue parfois le palais des toutous, les faisant respirer très fort, ce qui peut être perçu comme un grognement de la part des autres chiens et donc interprété comme une agression 💢
Les plis de peau chez le carlin ou le sharpeï rendent leurs yeux moins visibles et leurs mouvements faciaux moins souples.
Les races très poilues (chow-chow, terre-neuve ect) auront ces mêmes difficultés parce que leur épaisse toison viendra cacher une bonne partie de leur visage, parfois jusqu’au yeux.

Les oreilles et poils

Outre le visage, la posture des oreilles joue un grand rôle dans la communication. Elles peuvent être dressées, aplaties, bouger dans tous les sens. Chose bien difficile à faire quand on a des oreilles tombant presque jusqu’au sol comme les bassets ou les cockers…
La piloérection est aussi une communication très visible. En cas de forte émotion (tout comme nous), les poils vont se dresser sur la nuque, le dos ou encore la croupe du chien. Mais ce n’est pas bien facile à voir sur un chien aux poils très longs et lourds. Ce détail dans leur panel de communication (parce que le chien est toujours à lire dans son ensemble) nous manquera et sera moins repérable par leurs congénères 🐕

La queue

Enfin, moyen de connaître les émotions du chien plus connu du grand public malgré encore beaucoup d’idées reçues : La queue.
Non une queue qui remue n’est pas forcément signe de joie 😉
Une queue peut être dressée ou entre les pattes, en mouvement ou très raide, se balancer d’un côté ou d’un autre, avec vivacité ou non, avec souplesse ou non. Elle peut indiquer beaucoup de choses sur l’état émotionnel de notre chien. C’est pour cela qu’il ne faut pas juste regarder une queue qui remue, mais comment elle remue ☝🏼
Malgré cela, certains toutous ont la queue très, très courte, qui rend son mouvement quasi invisible. C’est comme si on s’enlevait toute une partie de leur dictionnaire !

En fonction du physique de votre chien, sa communication pourra donc être entravée 🔗
Ils pourront avoir plus de mal à se faire comprendre et il faudra parfois en tenir compte lors des interactions : Surveiller, permettre une pause, s’éloigner si besoin…
✅ Pas de panique cependant, l’arsenal des chiens pour communiquer est très vaste et ne passe heureusement pas que par leur physique : Mouvement, distance, direction, odeurs, énergie ect. Et ça, n’importe quel chien bien codé, peu importe sa race, en sera capable ! 😊
Chaque petit détail compte et il est toujours fascinant d’observer des chiens interagir et d’en apprendre plus sur leur langage ❤️

Je vais digresser un peu du sujet initial (le corps pour communiquer) pour faire une parenthèse sur les races et leurs spécificités 🔎
Du fait de leur spécialisation, certaines races auront plus ou moins du mal à communiquer avec leurs congénères. Et le savoir en amont est très important pour gérer leur socialisation en conséquence.
➡️ Par exemple, les staff, bully et autres anciennes races de combats auront tendance à être plus brusques et à lire moins facilement les signaux de leurs copains. Ce n’est absolument pas de la méchanceté ou de la bêtise ! Simplement, on a sélectionné ces races pour justement ne PAS communiquer et foncer dans le tas 🌪️ Votre loulou aura tendance à être un peu brute dans ses jeux. Il faudra donc être particulièrement attentif aux signaux des autres chiens lors des rencontres et bien gérer sa socialisation.
➡️ Autre exemple, les chiens de berger, et plus particulièrement les borders collie et leur “œil”. La plupart des borders de travail auront tendance à beaucoup fixer. C’est un besoin instinctif de contrôler le mouvement. Certains le feront même lors des rencontres entre chiens : trois toutous joueront et votre border sera immobile, aplati à les fixer. Malheureusement, ce comportement peut mettre mal à l’aise certains chiens. Encore une fois, il faudra surveiller les signaux d’apaisement du groupe et aider votre loulou à passer à autre chose.

Rappelons enfin que votre chien, tout animal sociable qu’il est, a le droit de ne pas vouloir d’interaction, a le droit de ne pas aimer tous les chiens et de le faire savoir. Tout le monde ne s’entend pas avec tout le monde et c’est ok tant que cela est dit respectueusement.
Bien communiquer, c’est bien. Accepter le refus et respecter le consentement de chaque chien, c’est encore mieux ! ✨

Education

Quand faire appel à un éducateur canin ?

Ma réponse en tant qu’éducateur canin ?

Dès l’arrivée de votre chien ! 😁 Voire avant afin de la préparer au mieux.

Alors oui, en tant qu’éducateur canin, c’est la réponse évidente.

Mais c’est aussi (et surtout) pour vous et votre chien.

Préparer l’arrivée du chiot, c’est s’assurer de se mettre sur les bonnes rails dès le début de votre relation.

D’abord dans le choix de la race et/ou de l’individu, car cela vous évitera les erreurs de casting (non les bergers australiens, bien que très jolis et à la mode, ne sont absolument pas faits pour tout le monde, sinon je n’en verrai pas autant en éducation). Un chien adapté à vous, un chien dont le niveau d’énergie et de besoins est cohérent avec ce que vous pourrez lui offrir. Cette simple étape est cruciale pour le bon fonctionnement de votre foyer 😉

Une fois le petit bout arrivé à la maison 🏠, vous saurez déjà quoi faire, quand le faire, les erreurs à éviter… Vous vous épargnez les remises en question, le long travail de désapprentissage, le stress. Vous êtes cohérent avec vous et pour votre chien, les règles et habitudes mises en place sont pérennes. Votre relation avec votre chien est basée sur un apprentissage de la communication canine et la mise en place de règles cohérentes pour votre chien. C’est plus saint, la foyer est plus serein 😇

L’argument qui claque : C’est moins cher ! 🔥 Éduquer son chien dès son arrivée est un investissement, car rééduquer un chien devenu réactif ou qui a pris de mauvaises habitudes est toujours plus long qu’une simple “mise en route” d’un chiot.

Bref, faire appel à un éducateur canin avant l’arrivée du chien est (presque) une belle balade tranquille, tant pour vous que pour moi ☀️

Oui, pour moi aussi. Parce qu’il est toujours plus simple de travailler un chiot “neuf”, adopté dans un super élevage après discussion avec le client pour savoir quelle race lui conviendrait le mieux… Plutôt que d’analyser un chien possiblement traumatisé, mal socialisé, mal sélectionné, pour comprendre la cause de son comportement, puis de tout expliquer à son maître en prenant parfois de belles pincettes 🥲

Je le comprends, travailler un chien “à problème” est souvent fatiguant, stressant. On peut perdre l’envie ou l’énergie au fil des séances si on se rend compte que le chemin est plus long et sinueux que prévu 😕 Mais dans ces cas, je dois redoubler d’efforts pour accompagner mon client, pour qu’il n’abandonne pas. Faire accepter et comprendre au client que ce qui a été fait jusqu’à lors n’était pas bon et qu’il va falloir s’investir et changer ses habitudes, ce n’est pas facile. Je m’expose au rejet, à l’agacement, à l’impatience de quelqu’un qui veux (malheureusement trop souvent) que le comportement de son chien change en une ou deux séances.

Remarque : Au fond, même si c’est plus difficile, c’est aussi plus gratifiant héhé 😁 Voir une personne observer son chien prendre les bonnes décisions, jusqu’à être capable de le lâcher pour la première fois, ça n’a pas de prix. Le fameux “je n’en reviens pas, il n’a jamais fait ça, on dirait un autre chien”, ça me motive pour longtemps et ça fait pétiller mon cœur ! 🥰 Mais cela est le prix d’un long travail et d’une remise en question.

Finalement, l’éducateur, le maître, le chien… Tout le monde est heureux de prendre ses cours dès le début ! Tout bénef ! 🔥

La réalité du terrain ? 🤔

Je dirai que j’ai 1/3 de chiots pris en charge dès leur arrivée 🙃

Les 2/3 restants, à quelques exceptions près, ce sont des chiens à rééduquer.

Des toutous avec qui on a essayé ce qu’on a pu lire sur internet en se disant “ça finira par passer, il va se calmer en grandissant”. Spoiler : Non. Généralement le comportement s’ancre et s’empire.

C’est à ce moment qu’on m’appelle en me disant “il était calme quand il était chiot, maintenant il fonce sur les autres chiens et n’a plus aucun rappel”. Ah, si seulement ce chien avait été travaillé avant sa période pubertaire (l’adolescence, période de tous les tracas), tout aurait été si simple.

Alors évidemment, je me concentre ici sur les chiots. Des jeunes chiens qui ont tout à apprendre et, si l’éleveur a bien été sélectionné, ont déjà de bonnes bases.

Mais il est aussi possible que vous ayez adopté un chien avec un passé difficile ou inconnu.

Ou que votre chien parfaitement éduqué et socialisé ait été attaqué par un autre, le rendant réactif.

Mon article n’a absolument pas pour but de pointer du doigts ces chiens ou ces personnes. Vous faites de votre mieux, vous n’avez pas eu de chance ou vous souhaitez offrir une belle vie à un toutou qui n’a pas reçu assez d’amour. Votre aventure et ses galères ne sont pas à minimiser, et encore moins à critiquer.

Mais concernant les adoptions de chiots en élevage, je ne peux pas être plus claire 😉

Il n’est jamais trop tard pour se faire aider ❤️, mais comme pour tout apprentissage, plus il est commencé tôt, plus il sera facile !

Améliorer ses promenades

Les parcs à chien

Ah, les parcs à chien. L’idée semble si bonne ! Emmener notre toutou s’éclater avec des copains dans un espace rien que pour lui, comme on amènerait nos enfants au parc. Ça lui permettrait de combler ses besoins sociaux, de jouer à n’en plus finir, de se fatiguer un bon coup.

Top ! Et bah non, pas top du tout.

Les parcs à chien sont malheureusement une fausse bonne idée. D’abord dans la forme (parc fermé), mais aussi dans le fond (pas de réel intérêt).

Voyons cela ensemble.

Fermés et petits

Les terrains sont logiquement fermés et parfois trop petits. Les chiens vont donc rapidement être en surnombre et les montées de tension vont être facilitées. Ils ne peuvent pas réellement fuir ni suffisamment s’éloigner en cas d’excitation.

Et un groupe de chien excités dans un trop petit espace, ce n’est jamais une très bonne idée (risque de bagarre, difficulté à descendre en tension…).

Attention donc au nombre de chien présent et à maintenir un niveau d’excitation bas ou tout du moins contrôlé. En cas de montée en tension, de poursuite qui vire au harcèlement, il est de notre devoir de séparer les chiens.

Évidemment, c’est bien mieux si le parc est grand, avec des arbres et infrastructures permettant aux chiens ayant besoin d’espace de s’éloigner ou se cacher. Mais si votre chien en arrive à cette envie, c’est que dans le fond, il y a un petit problème quand même.

Le mieux : Des rencontres dans des lieux ouverts, avec peu de chiens, favorisent le calme.

Peu d’odeurs

Dans la même idée, les parcs canins ne sont olfactivement pas très intéressants. A force d’être piétiné, le sol n’est qu’une terre dure, donc assez pauvre en odeurs. A part les chiens et leurs humains, il n’y a pas de nouvelles odeurs et l’excitation ambiante empêche votre toutou de les analyser calmement.

Ajoutez à cela que, par manque de place, on reste en statique, ce qui favorise la montée en tension.

Le mieux : Une bonne rencontre se fait en mouvement afin de permettre aux chiens de diminuer en tension en reniflant, en arrêtant de se focus sur le copain.

Un parc canin est donc, de par sa forme, une très mauvaise idée pour socialiser notre chien.

Il n’aura pas d’interaction calme, les montées en tension y seront facilitées par l’aspect fermé et pauvre de l’endroit, et donc le risque de bagarre augmentera.

Mais le fond n’est pas mieux, car de bonnes rencontres se font dans, certes, un bon environnement, mais aussi avec des chiens triés sur le volet en fonction de notre loulou.

Pas de tri à l’entrée

Tout le monde est libre d’y amener son chien, qu’il soit harceleur, agressif, brute ou peureux. Oui il y a un règlement à l’entrée, mais personne pour le faire respecter.

On va donc mélanger des caractères qui ne sont absolument pas compatibles. Un chien timide et peu sûr de lui ne devrait pas être mis en contact avec un chien très tactile et sans aucune retenue.

En fonction du caractère de votre chien et ce que vous souhaitez (un copain de jeu, l’aider à s’ouvrir aux autres, apprendre à respecter les signaux ect), on ne va pas lui faire rencontrer n’importe quel chien.

Si votre chien timide rencontre une brute qui le retourne dans tous les sens, il n’aura que plus peur de ses congénères. Si votre ado peut foncer sur ses copains malgré leurs signaux d’arrêt de jeu, il apprendra à devenir harceleur.

Bref, ne faites pas rencontrer n’importe qui à votre chien, même si celui en face est décrit comme “gentil”.

Pas de surveillant qualifié

Ces parcs communaux ne disposent d’aucun personnel qualifié, à même de repérer les situations à risque. C’est aux maîtres de gérer les interactions et puisque tous ne sont pas formés au langage canin, il y aura forcément des couacs.

Une bagarre qui éclate alors qu’on aurait dû séparer les chiens avant, un chien qui se fait prédater alors qu’on aurait pu repérer que le jeu n’en était pas un, un chien clairement mal à l’aise qui ne fait que subir…

Combien de fois j’ai pu voir des personnes s’extasier devant leurs chiens en train de “jouer”, alors qu’en vérité l’un subissait clairement l’excitation de l’autre ? Un véritable jeu entre chien est fait de pause, de changement de rôle, de respect des demandes d’arrêt.

Éthologiquement incorrect

Enfin, remettons l’église au milieu du village et rappelons qu’un chien n’est pas un humain. Même si les enfants vont apprécier se retrouver au parc de jeu, les chiens ne communiquent et n’interagissent pas de la même façon.

Des chiens adultes équilibrés et bien codés n’iront pas jouer avec un congénère inconnu. Ils préféreront partager une odeur, se suivre dans les buissons, marquer l’un après l’autre… Tout ce qu’un parc canin ne peut pas fournir.

Fournir des rencontres sociales à votre chien à travers un parc canin ne répond pas aux besoins de son espèce, mais gratifie plutôt les humains qui voient à travers leur chien un enfant à amener au parc de jeu.

En définitive, les parcs canins ne sont pas ce lieu de jeux paisible qu’on s’imagine tous.

On peut profiter de leurs clôtures pour laisser son chien observer ses congénères de loin en toute sécurité, on peut venir lorsqu’il y a peu de monde pour prendre quelques odeurs. En soit, c’est un bon moyen pour rencontrer les maîtres des environs.

Mais en aucun cas les parcs canins répondent à un quelconque besoin chez le chien.

Alors que faire ?

Privilégiez des balades canines encadrées, en petit groupe et composées selon les besoins et caractères de chaque chien. C’est le meilleur moyen pour votre chien de prendre du plaisir et de répondre à ses besoins sociaux sans stress et en étant écouté.

Évidemment, il est toujours possible de suivre un groupe en maintenant une certaine distance pour travailler votre chien.

Pour les rencontres impromptues, n’hésitez jamais à demander à la personne en face comment est son chien, quelles sont ses réactions, afin de savoir si son chien convient au votre. Et surtout, comme je le répète à chaque article sur ce sujet : Les rencontres devraient toujours se faire en liberté ou en longe, et toujours en mouvement. Une rencontre en statique avec les chiens tendus en bout de laisse est le meilleur moyen d’augmenter les risques de tension, et donc de bagarre.

Enfin, gardez également en tête qu’en cas de doute vous êtes tout à fait en droit de ne pas faire de rencontre, votre toutou vous en remerciera. Oui les chiens ont besoin de contacts sociaux, mais privilégier la qualité à la quantité leur sera toujours bénéfique !

Autres

Les premières fois chez le vétérinaire

Bébé chien découvre le monde, il n’a aucune idée de ce qu’est un vétérinaire ni ce qu’il va bien pouvoir lui faire (manipulation, vaccin ect).

Nous pouvons faire en sorte que le vétérinaire soit associé à quelque chose de positif, que l’attente soit cool à vivre… Ou ne rien faire et laisser notre chiot constater qu’on ne va chez le vétérinaire que pour vivre des moments désagréables.

Nous sommes nombreux à avoir déjà été témoin de chiens complètement affolés chez le vétérinaire, tournant en rond, haletant désespérément, ou d’en avoir un à la maison.

Notre objectif est que notre tout jeune chiot ne vive pas le fait d’aller chez le vétérinaire comme un moment stressant.

La salle d’attente

En ayant au préalable demandé l’autorisation, nous pouvons entrer dans la salle d’attente sans rendez-vous avec le vétérinaire. Simplement entrer, se mettre un peu à l’écart et laisser notre chien observer.

La salle d’attente, ça doit être un super endroit pour Médor : Son maître peut jouer avec lui, lui donner des friandises ou une mastication ect.

Au moindre signe de détresse, on s’en va ! Votre chiot doit comprendre qu’il n’est pas piégé, qu’il peut vous faire confiance.

Une fois Médor plus à l’aise, on peut pratiquer le calme par défaut ou “relax” afin d’avoir un toutou capable de se poser tranquillement dans la salle d’attente.

Les visites blanches

Dans l’idéal, on peut prendre rdv avec notre vétérinaire “pour rien”. On entre dans la salle de consultation et on laisse bébé chien explorer.

Trop souvent, la première visite chez le vétérinaire arrive pour les rappels du chiot : Le vétérinaire est associé à la piqûre, un moment pas forcément agréable.

On peut donc faire en sorte que cette première visite soit simplement une observation de la salle de consultation, une occasion de discuter avec le vétérinaire, de présenter son chiot… Et surtout que ce dernier associe la salle d’examen à un endroit fun et bienveillant.

L’apprentissage des manipulations

Pour que bébé chien vive au mieux les moments chez le vétérinaire, il faut aussi lui apprendre à être touché un peu partout, à son rythme.

J’ai déjà écrit un article sur ce sujet, je vous invite donc à aller le lire juste ici.

Le medical training

Plus loin encore dans la progression, nous pouvons faire du medical training avec notre chien. Il s’agit de le rendre acteur de ses soins en lui enseignant une posture de consentement. Les soins commencent lorsque le chien se met dans une certaine position et s’arrêtent s’il bouge.

C’est un niveau supérieur dans le respect du corps du chien et de ses limites qui se démocratise de plus en plus. Même si l’idée de progressivité est toujours présente, il ne s’agit pas de désensibilisation. Le chien doit accepter les soins en conscience, de lui-même.

Bref, la première visite chez le vétérinaire et les soins qui en découleront peuvent être préparés en amont pour être vécus de façon positive par le chiot.

Évitez de vous retrouver dos au mur avec un chiot qui passera un mauvais moment, car il en résultera un chien adulte qui détestera aller chez le vétérinaire et qui vous le fera savoir (refus de monter en voiture, défécation, difficulté à rester calme dans la salle d’attente, agressivité face aux soins ect).

Et si il a été impossible de prévoir un soin spécifique, il vous reste les solutions pansement.

Si la préparation aux soins n’a pas pu être effectuée correctement mais qu’un acte de soin doit être réalisé malgré tout (manque de temps, imprévu, progression lente ect), on peut mettre en place une solution pansement.

Il s’agit de détourner complètement l’attention du chien ou l’aider à supporter la manipulation en plus proposant quelque chose d’autre à faire :

Lèche un tapis de léchage pendant que je te coupe les griffe, mange une oreille de cochon pendant que je prends ta température, mâchouille ton jouet pendant que le vétérinaire t’ausculte…

Ici, on n’attend rien d’autre du chien qu’il se laisse faire. Le chien peut avoir conscience de ce qu’il se passe mais prend plus facilement sur lui grâce à l’occupation hyper intéressante. On retrouve moins l’idée de progression et de consentement des points précédents.

Ce n’est pas censé être une fin en soit, mais bien une solution d’urgence ! Le but est qu’après on puisse prendre du recul et mettre en place un travail pour amener le chien a être conscient et consentant face aux soins.

N’hésitez pas à vous faire accompagner pour que ces premières visites chez le vétérinaire se passent au mieux, tout comme pour l’apprentissage des manipulations ou des soins.

En santé comme en éducation, il faut mieux prévenir que guérir 😉

Accessoires

« Ça ne lui fait pas mal »

En disant à certains maîtres que le collier étrangleur de leur chien était douloureux, j’ai parfois eu une réponse lunaire : “Non, ça ne lui fait pas mal”.

On m’a même dit que la peau du chien était plus épaisse que la nôtre, donc qu’il ne sentirait rien, ou que les poils le protégeaient de toute façon.

Prenons un peu de recul pour se rendre compte d’une chose toute bête : Le collier étrangleur doit faire mal.

C’est son but premier. Faire mal au chien lorsqu’il tire ou lorsqu’on met une saccade pour le punir.

S’il n’est pas douloureux, autant mettre un collier plat simple voire encore mieux, un harnais. D’ailleurs, une autre idée reçue est de penser qu’un harnais fait tirer, mais c’est une autre histoire…

Le but du collier étrangleur (aussi appelé collier sanitaire ou chainette pour le rendre moins violent…) est de provoquer un ajout de douleur pour faire diminuer la fréquence d’un comportement (P+).

Le principe même de ce genre d’équipement est de faire mal, sinon il n’aurait pas été inventé.

Même combat pour le torcatus (collier à pointe).

Ne vous faites pas berner par les éducateurs qui utilisent ce genre d’outil.

Si vous avez un doute, demandez comment il sera utilisé. Demandez à quoi il sert.

Nécessairement, mettre ce collier signifie que votre chien ressentira de la douleur à un moment ou à un autre.

Certains argumenteront en vous disant qu’il vaut mieux lui faire mal une fois et qu’ensuite il vous obéisse pour de bon, que ça vous épargnera des heures de travail avec les “bisounours” (coucou c’est nous les éduc en positif !).

L’obéissance rapide justifierai la peur et la souffrance de votre chien.

Personnellement, je préfère largement travailler un chien plus longtemps, mais dans la douceur, en lui laissant le temps dont il a besoin, en le guidant pour qu’il prenne les bonnes décisions. Oui c’est généralement plus long, mais c’est aussi plus éthique.

Tout dépend où vous placez le curseur de votre morale.

Quand un éducateur vous propose d’utiliser un outil que vous ne connaissez pas, demandez toujours pourquoi, à quoi il sert, dans quel but, quelle est l’action sur le chien.

Un éducateur qui connaît ses outils et leur utilisation pourra vous expliquer précisément pourquoi il les utilise et dans quel but.

Pourquoi je passe les chiens en harnais plutôt qu’en collier ? Confort du chien, risque d’association négative avec un collier.

Pourquoi j’utilise une longe plutôt qu’une laisse courte ? Pouvoir de décision du chien, mise en confiance de l’humain, étape sécuritaire vers la liberté totale.

Pourquoi j’utilise le clicker avec les chiens dont le renforçateur est la nourriture ? Précision du comportement renforcé, mise en avant des propositions du chien et de son agentivité.

Un collier étrangleur/sanitaire/chainette, un torcatus, un licol… C’est fait pour brimer le chien, pour lui infliger quelque chose de désagréable, de la peur ou de la douleur, peu importe dans quel emballage rose bonbon il est vendu.

Aucun joli mot, aucune formulation n’en enlèvera son but premier : faire mal.

Certains penseront que ce n’est pas si grave, que ça ne dure pas longtemps. Pas moi. Pas tous ceux qui travaillent avec et comme moi. La douleur et la peur ne seront jamais une solution.