Comportement

Tous les chiens ne sont pas égaux dans leur communication

Malgré une socialisation aux petits ognons et des parents parfaits communicants, certaines races auront toujours un désavantage pour communiquer avec leurs congénères.
Et ce du fait de la sélection faite par l’Homme sur leur physique 😕

Les chiens communiquent via des phéromones (captés par l’odorat), mais aussi et surtout avec leur langage corporel.
De simples micro-mouvements peuvent en dire long sur leur état émotionnel 📝
Durant la séance théorique qui précède nos cours pratiques, je prends toujours le temps d’expliquer aux clients les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine. Comment les chiens discutent. Les connaître, c’est parler chien. C’est comprendre votre compagnon et pouvoir l’aider et le respecter ☺️
C’est important de pouvoir lire son Toutou afin d’y déceler les prémices d’un stress et d’agir en conséquence, notamment sur un chien réactif. Mais aussi pour déceler un souci de communication lors des interactions : Croquette met mal à l’aise Max, Rex harcèle Bella, Fido veut une pause mais n’est pas compris…
Tout cela va passer par des micro-mouvements faciaux (appelés signaux d’apaisement), le mouvement de la queue, la tension musculaire, des variations dans l’allure, la distance ect.

Mais certaines races, du fait de leur physique particulier, ne peuvent pas être parfaitement comprises par leurs congénères 🙁

Malheureusement, l’Homme a tendance à déformer le physique de certains chiens pour son plaisir personnel, sans penser aux conséquences sur leurs interactions sociales ou sur leur santé (mais ce point fera l’objet d’un autre article).

Le faciès

Les chiens communiquent beaucoup avec leur faciès : Des micro-expressions, que ce soit des clignements ou mouvements des yeux (wale-eyes), léchage de truffe, bâillement, détournement de la tête ect.
Maiiis… 😬
Certaines races brachycéphales (bouledogue par exemple) ont un museau si court qu’il ne leur permet pas de faire toutes ces expressions, parfois très subtiles. Ce museau très court obstrue parfois le palais des toutous, les faisant respirer très fort, ce qui peut être perçu comme un grognement de la part des autres chiens et donc interprété comme une agression 💢
Les plis de peau chez le carlin ou le sharpeï rendent leurs yeux moins visibles et leurs mouvements faciaux moins souples.
Les races très poilues (chow-chow, terre-neuve ect) auront ces mêmes difficultés parce que leur épaisse toison viendra cacher une bonne partie de leur visage, parfois jusqu’au yeux.

Les oreilles et poils

Outre le visage, la posture des oreilles joue un grand rôle dans la communication. Elles peuvent être dressées, aplaties, bouger dans tous les sens. Chose bien difficile à faire quand on a des oreilles tombant presque jusqu’au sol comme les bassets ou les cockers…
La piloérection est aussi une communication très visible. En cas de forte émotion (tout comme nous), les poils vont se dresser sur la nuque, le dos ou encore la croupe du chien. Mais ce n’est pas bien facile à voir sur un chien aux poils très longs et lourds. Ce détail dans leur panel de communication (parce que le chien est toujours à lire dans son ensemble) nous manquera et sera moins repérable par leurs congénères 🐕

La queue

Enfin, moyen de connaître les émotions du chien plus connu du grand public malgré encore beaucoup d’idées reçues : La queue.
Non une queue qui remue n’est pas forcément signe de joie 😉
Une queue peut être dressée ou entre les pattes, en mouvement ou très raide, se balancer d’un côté ou d’un autre, avec vivacité ou non, avec souplesse ou non. Elle peut indiquer beaucoup de choses sur l’état émotionnel de notre chien. C’est pour cela qu’il ne faut pas juste regarder une queue qui remue, mais comment elle remue ☝🏼
Malgré cela, certains toutous ont la queue très, très courte, qui rend son mouvement quasi invisible. C’est comme si on s’enlevait toute une partie de leur dictionnaire !

En fonction du physique de votre chien, sa communication pourra donc être entravée 🔗
Ils pourront avoir plus de mal à se faire comprendre et il faudra parfois en tenir compte lors des interactions : Surveiller, permettre une pause, s’éloigner si besoin…
✅ Pas de panique cependant, l’arsenal des chiens pour communiquer est très vaste et ne passe heureusement pas que par leur physique : Mouvement, distance, direction, odeurs, énergie ect. Et ça, n’importe quel chien bien codé, peu importe sa race, en sera capable ! 😊
Chaque petit détail compte et il est toujours fascinant d’observer des chiens interagir et d’en apprendre plus sur leur langage ❤️

Je vais digresser un peu du sujet initial (le corps pour communiquer) pour faire une parenthèse sur les races et leurs spécificités 🔎
Du fait de leur spécialisation, certaines races auront plus ou moins du mal à communiquer avec leurs congénères. Et le savoir en amont est très important pour gérer leur socialisation en conséquence.
➡️ Par exemple, les staff, bully et autres anciennes races de combats auront tendance à être plus brusques et à lire moins facilement les signaux de leurs copains. Ce n’est absolument pas de la méchanceté ou de la bêtise ! Simplement, on a sélectionné ces races pour justement ne PAS communiquer et foncer dans le tas 🌪️ Votre loulou aura tendance à être un peu brute dans ses jeux. Il faudra donc être particulièrement attentif aux signaux des autres chiens lors des rencontres et bien gérer sa socialisation.
➡️ Autre exemple, les chiens de berger, et plus particulièrement les borders collie et leur “œil”. La plupart des borders de travail auront tendance à beaucoup fixer. C’est un besoin instinctif de contrôler le mouvement. Certains le feront même lors des rencontres entre chiens : trois toutous joueront et votre border sera immobile, aplati à les fixer. Malheureusement, ce comportement peut mettre mal à l’aise certains chiens. Encore une fois, il faudra surveiller les signaux d’apaisement du groupe et aider votre loulou à passer à autre chose.

Rappelons enfin que votre chien, tout animal sociable qu’il est, a le droit de ne pas vouloir d’interaction, a le droit de ne pas aimer tous les chiens et de le faire savoir. Tout le monde ne s’entend pas avec tout le monde et c’est ok tant que cela est dit respectueusement.
Bien communiquer, c’est bien. Accepter le refus et respecter le consentement de chaque chien, c’est encore mieux ! ✨

Education

Amener son chien au marché, bonne ou mauvaise idée ?

J’ai récemment lu dans le post d’un autre éducateur qu’amener un chien au marché était une étape nécessaire. Dans ce cas de figure plus précis, on parlait d’un chien de Roumanie (peureux ++, peur de l’humain).

Quiconque est familier avec le principe d’immersion et de détresse acquise sait à quel point travailler un chien de la sorte est une énorme erreur.

Mais j’aimerai plutôt me pencher sur le terme d’étape nécessaire.

Dans quel monde serait-il nécessaire de pouvoir amener son chien au marché ?

Rappelons ce qu’est le marché, du point de vue de Médor :

C’est un endroit hyper-stimulant pour touts ses sens. Des odeurs de nourriture, de tas de personnes. Olfactivement, c’est une bombe. Il y a beaucoup de bruit, des discussions, des vendeurs qui attirent les acheteurs. Certaines personnes vont vouloir lui parler, le toucher. Il va certainement se faire bousculer par accident. Et tout ce qu’il peut voir, c’est une marrée de genoux.

Ça vend du rêve…

Bon, si cette simple exposition ne suffit pas à nous dire que ce n’est pas *du tout* un endroit où notre chien sera heureux, continuons.

Votre chien risque d’être touché sans son consentement.

Oh qu’il est joliii, dis bonjour !” Et hop votre toutou subit une main posée sur sa tête, souvent par surprise. Il est peut-être patient, cette fois. Jusqu’à la fois de trop où il dira clairement “non” : grognement, coup de dent, aboiement ect, ce qui le qualifiera de “chien méchant” puisqu’un chien n’a jamais le droit de dire non.

Et voilà une superbe méthode pour rendre notre chien réactif aux humains : Lui montrer qu’il faut s’en méfier et les tenir à l’écart, parce qu’ils essaient parfois de le toucher.

Dans le cas d’un chien déjà peureux, c’est aussi risquer la morsure du chien qui n’aura plus que ce moyen pour dire “non”, poussé à bout.

Votre chien réactif ou peureux est placé en immersion.

L’immersion, c’est placer un individu apeuré par un stimuli au beau milieu de ces mêmes stimulus. Le but serait qu’il “comprenne” que ce qui lui fait peur ne lui fera pas de mal.

En théorie, c’est top. En pratique, si vous avez peur des araignées, je vous place dans une petite pièce en étant remplie.

Vous allez paniquer, hurler, chercher à les écraser peut-être (comme un chien terrifié chercherait à fuir ou à mettre à distance). Puis, ayant compris que la porte de la pièce ne s’ouvrirait pas, vous entreriez en détresse acquise, ou impuissance acquise. D’apparence, vous seriez calme, à l’intérieur, vous seriez résigné. La peur est toujours là, mais votre cerveau vous “éteint”.

C’est une situation terrible car si la situation est répétée, en plus du traumatisme que cela peut causer, l’individu généralisera ce sentiment d’impuissance à d’autres situations problématiques. A la moindre douleur, au moindre stress, il n’essaiera plus de s’en sortir.

Bref, l’immersion peut provoquer cette fameuse détresse acquise que les éducateurs en coercitif recherchent parfois même sans le savoir. Le chien ne réfléchit plus, il subit silencieusement.

Placer le chien dans une situation aussi stressante et stimulante ne lui permet pas de faire des apprentissages.

De cette sortie, il n’apprend rien (si ce n’est à se méfier, voir plus haut) puisque son cerveau est en mode “survie”. Il canalise ses émotions et cherche une porte de sortie.

C’est souvent pour cela que les chiens rééduqué “à la dure” vont bien se comporter durant la séance, mais repartir dans leur réactivité les fois suivantes.

Pouvoir amener son chien au marché n’est nécessaire pour personne, et surtout pas pour le chien.

Il n’y a rien de positif à en retirer, excepté à la rigueur pour l’égo de l’humain qui pourrait se dire “moi mon chien va partout”.

Tout le monde adopte son chien avec un rêve en tête : “on pourra l’amener partout”.

Mais ce n’est pas forcément du goût de tous les chiens. En fonction de leur passé, de leur socialisation ou tout simplement de leur personnalité, être amené partout peut être une immense source de stress.

Cela dit, travailler aux alentours du marché peut être un bon axe de travail.

Mais en respectant la distance de confort de votre chien.

On pourra donc travailler dans des rues adjacentes, avec moins de monde et des possibilités de s’éloigner facilement.

On pourra s’approcher petit à petit de la foule, sans jamais aller au centre du marché pour se prouver que notre chien peut “supporter” le monde. Car ce n’est pas respecter son intégrité physique et émotionnelle.

En conclusion, emmener son chien au marché (ou n’importe quel lieu densément fréquenté) n’est ni une nécessité, ni même une bonne idée.

Et si un éducateur vous dit que tel ou tel apprentissage est nécessaire, demandez-vous toujours pourquoi ? Pour qui ? Quel est le processus d’apprentissage ? Quelles émotions provoquera-t-il ?

Education

La canette

Certains ont peut-être déjà entendu parler de la méthode de la canette. Pour les autres, voici ce que c’est :

Il s’agit de remplir une canette de petits cailloux afin qu’elle fasse du bruit lorsqu’on la secoue 📢 Le but est ensuite de la secouer lorsque notre chien fait un mauvais comportement. Le bruit soudain lui fait peur 😨, il arrête son comportement et éventuellement apprend que ce comportement apporte quelque chose de négatif. Dans la logique des choses, la fréquence d’apparition du comportement diminue ↘️

Notons qu’il s’agit exactement du même principe que le choc du collier électrique : Quelque chose de désagréable est ajouté sans que le chien ne sache d’où il vient. A la rigueur on enlève le risque de brûlure sur la peau… 🫠

Si vous êtes adeptes de l’éducation positive ou avez déjà lu certains de mes articles, vous comprenez rapidement ce qui ne va pas. Détaillons donc cela, avec à chaque fois le lien vers l’article qui développe plus le sujet.

➡️ La canette agit sur le comportement, pas sur la cause de celui-ci

Un comportement est issu d’une émotion ou d’un besoin. Le stopper sans proposer au chien autre chose à faire pour combler son besoin ou sans comprendre l’émotion derrière le comportement est inefficace.

Puisque la cause du comportement est toujours là (stress, manque d’activité, ennui ect), ce n’est qu’une question de temps avant qu’il réapparaisse ou que le chien trouve une autre façon de se satisfaire. Ok le chien vient d’arrêter de mâchouiller votre pantoufle, mais la raison pour laquelle il le faisait est toujours là 🤷‍♀️

Soit il va recommencer lorsque vous aurez le dos tourné, soit il trouvera autre chose à mâchouiller (et pas forcément ce qui vous fait plaisir…).

Pour en apprendre plus sur pourquoi il faut agir sur la cause du comportement et pas le comportement en lui-même, c’est par ici !

➡️ La canette peut créer une association négative

Si je veux que mon chien ne saute pas sur les invités en utilisant cette technique, je vais secouer la canette lorsqu’il effectue le mauvais comportement. Toutou saute sur un invité, le bruit lui fait peur, il s’arrête. Bien.

Mais il y a un risque à prendre en compte : Toutou peut associer la présence d’un invité à ce bruit, au stress, et donc développer une émotion négative à leur vue 🧐

Il peut finir par en avoir peur, fuir ou au contraire les attaquer. Voulez-vous vraiment prendre ce risque ? 🤔

➡️ La canette n’apprend rien au chien

Et bien oui : Le chien va stopper son comportement par surprise ou peur, et après quoi ? A part le risque de créer une association négative, qu’apprend le chien sur votre souhait ?

Stopper le comportement sans proposer au chien de quoi combler son besoin ne l’aide absolument pas à progresser. On est donc dans une voie sans issue 🛑

Le mieux ne serait-il pas de directement proposer quoi faire au chien, sans même lui faire peur ? Rappelons que Toutou ne parle pas français et qu’il ne peut pas deviner par magie ce que vous attendez de lui. Alors plutôt que d’agiter la canette lorsqu’il mâchouille la pantoufle, puis les pieds de table, puis de tapis (ect), autant renforcer directement le comportement souhaité ! 🥰

➡️ La canette peut créer un stress chronique ou au contraire une habituation

Si vous avez un loulou plutôt sensible ou déjà anxieux, provoquer un bruit terrifiant sortant de nulle part ne risque pas de le rendre plus serein. Pour la même raison que le “non” ne veut rien dire, votre chien ne va pas forcément comprendre que le bruit sert à le dissuader d’effectuer un comportement. Tout comme des disputes incessantes, votre chien risque de perdre confiance en lui (et en vous) et finir par ne plus oser faire quoi que ce soit 😔

Mais dans le cas contraire, votre loulou peut tout aussi bien s’habituer au bruit de la canette et finir par ne même plus sourciller. Quelle sera donc nos options ? Faire toujours plus de bruit, passer au collier électrique, faire plus mal ? Encore une fois une voie sans issue 🫢

➡️ La canette n’est pas éthique

Enfin, il est du devoir de chacun de se demander si nous souhaitons sincèrement que notre chien apprenne par la peur. Il existe bien d’autres façons de se faire comprendre sans qu’une émotion négative n’entre en jeu. Oui l’éducation positive prend plus de temps (et encore), mais le résultat est plus durable et obtenu en respectant son chien 👍

Bref, avant d’utiliser tel ou tel objet, telle ou telle méthode, il est important de se demander quel levier est utilisé. Quelle émotion va-t-on susciter, que cherche-t-on à modifier (émotion ou comportement), qu’est-ce que le chien va apprendre ect ? Oui ça marche, mais ce n’est pas parce que quelque chose fonctionne que c’est une bonne chose 😉

Comportement

Certains chiens préfèrent notre présence à nos caresses

Vous vous asseyez dans votre canapé 🛋 et Toutou vient s’allonger contre vous. Automatiquement, on a envie de le caresser. Après tout, il vient pour ça, non ? 🤔

Certains chiens n’aiment pas être touchés, caressés, embrassés, cajolés 😬

Pourtant, ils restent à vos côtés parce qu’ils apprécient votre présence. Parfois, ils prennent sur eux lors des câlins initiés par leur humain, un mal pour un bien.

Comment savoir si mon chien veut être câliné ?

Rien de plus simple : Il vous suffit de faire un “test de consentement” ! 🤗

Kézaco ?

Quand Toutou vient vers vous, caressez-le doucement quelques secondes (en évitant la tête, peu de chiens apprécient). Puis arrêtez simplement.

Toutou en redemande ? C’est qu’il est ok pour un max de câlins ! 🤩 L’avantage, c’est que nos chers amis savent très bien se faire comprendre.

Toutou reste proche de vous mais n’initie pas plus d’interaction ? Il préfère sans doute être tout simplement à vos côtés, sans être touché 😌

Les tests de consentement peuvent être réalisés régulièrement pendant les séances câlins/bisous/caresses. Ils ne prennent que quelques secondes et peuvent pourtant aider votre chien à se sentir plus à l’aise à vos côtés.

➡️ Les chiens ne sont pas des peluches, ils ont le droit de ne pas aimer être touché ni même caressé

C’est malheureusement ce à quoi sont parfois confrontées les familles adoptant un chien pour créer une belle amitié avec leur enfant. Manque de chance, elles se retrouvent avec un chien qui n’aime pas trop la proximité. Ce n’est pas grave, il y a pleins d’autres façons de passer des bons moments avec notre compagnon ! 🥳

Il est important de respecter son caractère et ne pas s’imposer, ne serait-ce que par sécurité.

Ce n’est pas parce que votre chien ne veut pas être touché qu’il ne vous aime pas, évidement 😊

Déjà, parce qu’il n’irait pas à vos côtés s’il n’en avait pas envie (c’est encore l’occasion de rappeler qu’on ne va pas embêter un chien dans son panier. Si on veut une interaction, on l’appeler et il viendra s’il en a envie).

Mais bien sûr, on peut apprécier une personne sans avoir envie de contact physique avec elle ! Certains humains ne sont pas très tactiles, d’autres hyper câlins, et c’est complètement ok 😇

Votre chien peut apprécier votre présence rassurante, votre chaleur, votre odeur. Il peut se sentir plus en sécurité avec vous ou tout simplement passer un moment en étant proche de son humain favori.

J’ai connu des chiens “râleurs” au pincement facile (traduisons : chiens tellement agacés et incompris par leur humain qu’ils avaient fini par utiliser l’agression comme seul moyen de communication) devenir bien plus calmes et apaisés dans la maison, simplement parce qu’ils étaient maintenant écoutés dans leurs demandes.

Le chien comprend qu’il peut communiquer plus doucement, plus subtilement, parce que ses maîtres le comprennent enfin sans qu’il ait besoin de grogner ou pincer. Le foyer se retrouve apaisé et plus sécuritaire pour tout le monde ❤

➡️ Notons également que la majorité des chiens n’aiment pas les bisous

De leur point de vue, une grosse tête d’humain qui s’approche ou se penche sur leur visage peut être très menaçant ou au moins intimidant. C’est malheureusement souvent dans ce cas de figure qu’une morsure arrive, pas si surprise que ça… 🤕

Encore une fois, la connaissance des signaux d’apaisement permet de vérifier facilement ce point.

Pour finir sur une petite digression, cette idée que les chiens aiment évidement être caressés peut créer des problèmes de réactivité 💥 si un chiot passe son temps à se faire accoster dans la rue par les passants sous le charme de cette boule-de-poils-trop-mignonne. J’en ai déjà parlé dans divers articles mais ce n’est jamais de trop :

  • Si bébé chien aime ça :Cool, tous les humains que je croise vont me donner des câlins. Alors je vais foncer voir tout le monde en promenade pour en obtenir !➡️ Problématique de rappel, de réactivité par frustration de ne pas pouvoir aller vers l’humain, traction sur la laisse, sauts, excitation.
  • Si bébé chien n’aime pas ça :Les humains me font peur à toujours se pencher sur moi… Alors je dois les faire partir par tous les moyens➡️ Agression de distancement, réactivité proactive (cherche à éloigner l’humain alors que celui-ci ne le regardait même pas), aboiement, traction sur la laisse, stress.

On ne touche pas un chien qu’on ne connaît pas. Jamais 🙅‍♀️ Même s’il semble hyper content de vous voir, il est peut-être justement en travail pour maîtriser ses émotions et alléger le mal de dos/bras de son humain ☺

Comportement

Comprendre avant de vouloir

Avant de chercher à obtenir toute modification comportementale, il est important de comprendre la raison qui pousse le chien à agir de la sorte.

Pourquoi est-il malpropre, peureux, agressif, aboyeur, fugueur ect ❓

Lors des études de comportement, je prends en premier lieu un maximum d’informations pour essayer de comprendre le comportement du chien. C’est parfois difficile étant donné qu’il n’est expliqué que par le prisme de son humain, qui a parfois ses biais et idées reçues. Il me faut donc décortiquer ce que j’entends, poser des questions pour affiner (ou non) une hypothèse. Puis, enfin, nous avons l’explication du comportement de Toutou 🐶

Il s’agit ensuite de l’expliquer à son humain, afin qu’il le comprenne. Puis, finalement, nous cherchons des solutions 📖

Mais si le client ne cherche que des solutions (ce qui est normal, on veut retrouver la sérénité du foyer rapidement), pourquoi lui expliquer la raison du comportement de son chien ? 🤔

➡️ Dans la majorité des cas, le comportement du chien est tout à fait normal au vu de sa situation.

Cela peut être un chien qui aboie 📣 durant l’absence de ses maîtres car on ne lui a jamais appris à tolérer la solitude. Cela peut être un chien réactif 💥 par manque d’une bonne socialisation ou d’un bon élevage. Ou encore un chien destructeur 🌪 par manque d’activité générale.

Bien expliquer à la personne que son chien ne peut pas agir autrement du point de vue de son espèce, pour palier à ses besoins insatisfaits ou pour gérer ses émotions, lui permet de prendre du recul sur la situation. Le simple fait d’avoir une vue générale du contexte permet à la famille de modifier quelques habitudes et déjà d’avoir un changement dans le comportement de son chien. Ceci en conscience. Ce n’est pas l’éducateur qui dit “faites ci ou faites ça”.

Nous réfléchissons ensemble et j’explique pourquoi chaque petite modification faite dans les conditions de vie du chien pourra améliorer son comportement ✅

➡️ Souvent, comprendre son chien permet d’avoir plus d’empathie pour lui ❤

Se mettre à sa place, comprendre sa détresse, son stress. Il faut avoir conscience que notre chien ne fait rien exprès pour nous embêter ou par méchanceté, mais parce qu’il souffre, qu’il est perdu, apeuré ou frustré.

Être capable de comprendre ce que vit notre chien émotionnellement permet, à nouveau, de prendre du recul sur ses actions. De ne plus le voir comme un destructeur, un réactif, mais comme un être vivant ayant des émotions et étant dépassé par celles-ci.

En ayant de l’empathie pour notre chien, nous parviendrons mieux à gérer nos propres émotions afin de l’aider 😇 Ne pas crier sur un chien déjà stressé, ne pas le faire monter en tension à la vue d’un déclencheur, avoir conscience que nos émotions ont un impact sur lui…

Il faut replacer le chien à sa place d’être vivant conscient, avec toutes les émotions qui en découlent. Tout cela permet de renforcer le duo chien-humain, d’améliorer leur communication, pour que chacun se comprenne 🥰

➡️ Rappelons que le chien vit dans un monde d’humains.

Ce n’est pas à lui de s’adapter à toutes nos lubies, mais à nous d’être des guides pour faciliter sa vie, l’aider à surmonter les difficultés.

Le chien vit dans un monde d’odeurs 👃 et celui des humains est très complexe. On peut l’aider à prendre son temps pour renifler en allant dans des grands parcs, des forêts, des endroits calmes où il pourra laisser libre cours à son odorat fantastique.

Le chien est un prédateur 🐇, son sens de la poursuite est notamment exacerbé chez les chiens de berger. Pourtant, on leur demande de vivre proche des voitures, des vélos ect. Comprenons qu’il peut être difficile pour un toutou de contrôler cet instinct.

A nous de le socialiser correctement, progressivement, afin de l’aider à s’adapter à notre monde si différent du sien. On ne peut pas reprocher à un chien de chasse de vouloir chasser, à un chien de garde de ne pas vouloir d’inconnu chez lui, à un chien de berger de poursuivre, à un chien d’alerte d’aboyer.

Nous pouvons les aider à s’adapter à notre monde, mais c’est à nous de faire le premier pas. Comprenons donc que le chien est une espèce à part entière, avec des besoins et comportements différents des nôtres.

➡️ Enfin, il est important de comprendre la communication du chien.

Durant la première séance d’éducation, je prends le temps d’expliquer les moyens de communication du chien à ses humains. Notamment, les fameux signaux d’apaisement 💬 Tant de situations conflictuelles, tant de morsures et de belles frayeurs pourraient être évitées si tous les maîtres se renseignaient sur les signaux de communication avant d’adopter un chien.

Comprendre quand il commence à être mal à l’aise, quand ça devient trop difficile pour lui ou encore si sa limite va être dépassée, permet à nouveau d’avoir une bonne relation avec son chien. Je suppose que vous vous entendez mieux avec les personnes qui respectent vos envies que ceux qui vous agacent jusqu’à ce que vous ayez besoin de vous énerver sur eux pour enfin être tranquille.

Avant de chercher à modifier le comportement de notre chien parce qu’il nous dérange, nous devrions toujours essayer en premier lieu de le comprendre. Avoir de l’empathie pour lui, être capable de déceler son stress ou ses variations d’humeur fera naître une meilleure relation entre vous.

Rappelons que le chien ne nous doit rien, c’est nous qui avons voulu le placer dans notre foyer. C’est donc à nous de faciliter son intégration, de faire le premier pas, et non à lui de s’adapter à nous.

Conscientisons qu’il est un être vivant, avec ses propres émotions.

Autres

Idée reçue : Il faut laisser le chiot pleurer la nuit

Grande question que sont les premières nuits avec notre chiot. On entend souvent qu’il faut le laisser pleurer dans son panier, au risque de le rendre capricieux ou qu’il pleure constamment pour attirer notre attention.

Évidement, c’est faux.
Il ne faut pas laisser son chiot pleurer et voyons ensemble pourquoi.

Déjà, un peu de bon sens : Mettons-nous à la place de ce petit bout 😌 Cela fait 2 mois qu’il dort en étant toujours accompagné de sa mère et de sa fratrie. Il est rassuré par leur présence et leur chaleur dans le seul monde qu’il n’a jamais connu.
Et tout d’un coup, une paire d’humain l’enlève de son monde pour le placer dans un autre 😳 Si, généralement, bébé chien est joueur et curieux durant la journée (on est présent, on joue 🥎 avec lui et le distrait), la nuit sera une autre paire de manche.
➡️ Seul, il aura peur et aboiera pour chercher de l’aide. Le laisser dans sa détresse sera un évènement traumatisant pour un bébé d’à peine 2 mois.

Comment bâtir une relation de confiance avec un individu qu’on laisse seul et en détresse ? 🤷‍♀️ Nous devons lui montrer qu’on peut être là pour lui.
Dormir 💤 avec son chiot (dans la chambre ou sur le canapé du salon) lui permettra de se sentir plus rassuré, de savoir qu’il peut compter sur vous 🥰
Il sera plus facile pour lui de vous choisir comme référent et de créer une relation sécuritaire, nécessaire à un chien adulte bien dans ses pattes.
➡️ Bref, pour grandir sereinement votre chien a besoin d’avoir confiance en vous. Et être présent pour lui est une première brique apposée à cette relation.

Un chiot laissé dans sa détresse apprendra qu’être seul, ça fait peur 😰
Cela rendra plus difficile l’apprentissage de la solitude lors de vos absences, car le jeune chien sera stressé. Le fait d’être seul doit être perçu comme quelque chose de normal, où le chien peut rester serein et relax.
➡️ Cela doit donc être travaillé progressivement, de façon à associer la solitude à quelque chose de positif, dans un plan d’entraînement contrôlé 😇

On sait aujourd’hui qu’il ne faut pas laisser les bébés 👶 pleurer car cela aura un impact sur leur développement et leur psychisme. Il en va de même pour les chiots.
Votre chiot n’a pas les capacités cognitives 🧠 pour manipuler. Tout comme un jeune enfant, il ne peut pas faire de caprice. S’il pleure, c’est qu’il est en détresse, qu’il a un besoin.
➡️ Laisser pleurer un chiot revient à l’abandonner dans sa détresse, ce qui créé un stress, un manque de confiance en soi (et en vous) et des troubles du sommeil.

Mais mon chiot n’a jamais pleuré / Il n’a pleuré que la première nuit” 💬
Dans ce cas, il se peut que vous ayez un chiot résilient, qui accepte son sort rapidement.
Ça peut être un chiot qui a confiance en lui, même si à cet âge il est complètement normal de ne pas dormir seul. Mais dans la majorité des cas, c’est un chiot qui a pleuré un peu, constaté que ça ne servait à rien et qui arrête donc d’appeler à l’aide 😔 Cela ne le rend pas moins stressé pour autant.

✅ Alors n’hésitez pas à vous lever dès que votre chiot pleure la nuit. Oui c’est difficile, oui on dort moins les premiers jours. Mais cela fait partie de la réalité de vivre avec un chiot 🐶
On peut dormir avec lui dans le salon, on peut le faire dormir dans la chambre et progressivement reculer son panier s’il se sent mieux.
En outre, cela permet de faciliter l’apprentissage de la propreté 🔎 car on peut agir dès le réveil de bébé chien pour le sortir, même en pleine nuit.
En clair : Non, il ne faut pas laisser son chiot pleurer la nuit 🤗

Education

Il y a des choses que vous ne pourrez jamais faire avec votre chien

C’est comme ça, malgré tout le travail que l’on pourra faire, certains chiens seront incapables de nous accompagner partout ou de faire certaines activités.

C’est malheureusement ce à quoi je suis souvent confrontée : On m’appelle pour travailler un chien réactif avec comme objectif “pouvoir l’amener partout” 📞

Si certains loulous pourront progresser jusqu’à effectivement finir par être à l’aise en toute circonstance (et c’est ce qu’on souhaite à tous), d’autres auront des limites infranchissables 😕

➡️ Du fait d’un traumatisme ou d’une trop grande sensibilité, marcher en centre-ville ou rester couché en terrasse sera trop difficile pour certains chiens. C’est tout, c’est comme ça.

On l’aidera à prendre les bonnes décisions en cas de stress (s’éloigner plutôt que charger), mais parfois ce n’est pas pour autant que votre chien sera à l’aise avec son déclencheur.

Dans le travail d’un chien réactif, notre but est de le rendre à l’aise dans un environnement au vu de ses capacités, limites et envies. Certains chiens apprendront à se détourner, à pouvoir observer de loin, mais n’aimeront jamais vraiment la présence de leurs congénères ou d’autres humains.

Il est important de définir nos objectifs en fonction de notre chien, pas en fonction de nos envies.

➡️ D’autres toutous ont tout simplement une personnalité qui ne convient pas à nos projets pour lui :

– Un chien de nature timide 😇 n’aimera pas forcément être trimballé parmi les humains en ville ou amené à des rencontres canines. Il n’aimera pas forcément rencontrer vos amis ou rester dans le salon lorsque vous recevrez des invités. Il appréciera les moments de calme 💭 et de tranquillité avec son maître et peut-être quelques copains-chiens aussi doux que lui.

– D’autres chiens seront trop calmes ou pantouflards pour le sport qu’on a prévu de faire avec eux 🏃‍♀️ Même en ayant mis toutes les chances de notre côté avec le choix d’une race active, les exceptions existent. Certains chiens ne sont pas faits pour l’agility ou le cani-cross, mais fort heureusement il existe pleins d’autres disciplines à essayer ! 🤗

➡️ La génétique a aussi son mot à dire

Certaines races ont été sélectionnées pour être plus sensibles à l’environnement, à se méfier des inconnus, à réagir sur le mouvement ou sur des proies.

Il faut avoir conscience que les chiens de défense de troupeau tels que les patous ont été sélectionnés pour ne laisser personne s’approcher de leur famille. Il est donc normal qu’inviter régulièrement des inconnus sur son territoire soit une situation à risque 😬

Il faut avoir conscience que les chiens de berger sont naturellement plus sensibles que la plupart des autres races. Il faudra donc leur offrir une socialisation du tonnerre pour qu’ils puissent être parfaitement à l’aise en pleine rue. Certains ne le pourront jamais vraiment totalement car leurs patrons-moteurs de poursuite ou de contrôle du mouvement seront trop ancrés en eux 💥

Enfin et surtout, il est important d’accepter la personnalité de notre chien. Accepter qu’il soit un individu à part entière avec sa socialisation, ses traumatismes, ses doutes et craintes 😌

Il faut accepter que le chien n’est pas là pour nous, pour nos envies, mais qu’il a ses propres préférences et capacités. Il faut parfois faire le deuil de ce chien parfait, prendre du recul et se dire que, finalement, notre toutou l’est déjà à sa façon 💖

Comportement

« Laissons-les communiquer » oui mais…

Lors des rencontres canines, on entend parfois “laissez-les communiquer, ils vont se débrouiller”.

C’est souvent plus compliqué que ça, car il ne s’agit pas de laisser notre chien interagir avec ses congénères sans règles ni limites. Nous ne vivons malheureusement pas dans un monde parfait où tous les chiens sont parfaitement socialisés, communiquent clairement et sont respectés 🤷‍♀️

Premièrement, oui il faut laisser les chiens communiquer, donc :

➡️ A nous de ne pas tirer sur la laisse afin de ne pas créer de tension. Un chien ne communiquera normalement (ou de son mieux vis à vis de son expérience et de la situation) que s’il peut se mouvoir librement. Il doit pouvoir s’avancer à son rythme ou reculer s’il en ressent le besoin.

➡️ A nous de rester calme et de ne pas transmettre de stress à notre chien. Soyons détendu et ne submergeons pas notre chien d’informations. Si c’est ok de le rassurer et d’encourager un petit timide, il ne s’agit pas de lui répéter “sage, doucement hein” toutes les deux secondes.

➡️ A nous de rester en mouvement afin d’aider notre chien à se détourner de son congénère au besoin. Continuer notre balade l’aidera à proposer des pauses dans le jeu en reniflant les odeurs sur le chemin, ainsi qu’à diminuer en excitation.

Mais même si nous aidons notre chien à bien communiquer, il ne s’agit pas non plus de le laisser seul gérer ses émotions 🤯

En effet, notre chien ou celui avec qui il interagit peut se montrer impoli. Il peut être trop brusque, trop avenant, ne pas respecter les demandes d’arrêt de jeu ect.

💬 On y revient toujours, mais c’est pour cette raison qu’il est important de se renseigner sur la communication canine (signaux d’apaisement, savoir repérer les phases du jeu et les comportements à risque).

Si la pression monte sans qu’aucun des chiens ne parviennent à faire cesser l’interaction, il est de notre devoir d’intervenir en séparant calmement. Chacun peut reprendre sa balade de son côté ou obtenir une occupation le temps que le calme revienne.

🙅‍♀️ Rappelons enfin que notre chien ou le chien de nos amis n’a pas à jouer le rôle d’un éducateur.

Il n’a pas à subir les assauts d’un chien impoli ne le respectant pas. Si la situation devient trop difficile à gérer (plusieurs demandes d’arrêt non-respectées), nous devons l’aider.

Laisser Médor perdre patience peut mener à une bagarre voire le rendre lui-même réactif à force de rencontres agaçantes. Oui, il faut laisser les chiens communiquer, mais il faut qu’au bout du compte ce ne soit une mauvaise expérience pour personne.

Il est donc important de sélectionner les chiens que notre loulou rencontre afin de maximiser les chances que tout se passe bien. Dans une rencontre, tout le monde doit être ok : Les deux maîtres et les deux chiens 🥰

Education

« Il n’y a pas de mauvais chien, seulement des mauvais maîtres »

Plus jeune, je croyais en cette maxime. Tous les chiens étaient adorables et si je voyais un chien réactif dans la rue, je me disais que le maître avait dû le maltraiter ou à minima manquer à ses devoirs 😒

Puis je me suis formée en comportement canin, sur les lois de l’apprentissage, sur le développement du chiot, sur la génétique canine.

Je peux donc vous affirmer que cette phrase est complètement fausse 🙅‍♀️

➡️ D’abord, il nous faudrait définir ce qu’est un bon chien

❓ On parle d’un chien bien dans ses pattes, plein de joie de vivre et de vivacité ? Ou d’un chien obéissant à son maître, qui ne fait pas de vague ?

Plaçons-nous le curseur sur le comportement extérieur du chien ou sur son bonheur intrinsèque ?

❓ Le chien en tant qu’individu est-il bon si il communique correctement et s’il prend les bonnes décisions ? Ou est-il bon s’il se conforme à ce qu’on attend de lui, sans se rebeller ? Réfléchir sur ce point peut en dire long sur notre propre vision de nous-mêmes…

Je connais des chiens qui font des merveilles en club canin (assis, couché, marche au pied ect) mais qui chargent les voitures par peur ou instinct de poursuite 😕

❓ Mais être submergé par ses émotions ou avoir une forte génétique fait-il de ce chien un mauvais chien ?

➡️ Mais parlons maintenant de nous

💢 Qu’est-ce qu’un bon maître ? Un maître qui sait se faire obéir ?

Parce que si un bon chien est un chien obéissant, je n’ai qu’à lui mettre un collier étrangleur, lui crier dessus au moindre travers et j’aurai un chien très obéissant, terrifié à l’idée de dévier de ce qu’on lui a inculqué. Pas sûre d’être un bon maître pour autant. Quoiqu’avec une éthique bancale, certains s’en persuadent…

🌲 Ou peut-être qu’un bon maître, c’est quelqu’un qui laisse son chien vivre sa meilleure vie ?

Mais si je n’instaure aucune règle, aucune limite, et que mon chien en liberté fonce sur tout le monde, je serai un poids pour les personnes ayant peur des chiens ou sortant leur propre chien réactif. Ne pas lui apprendre à gérer ses émotions (frustration notamment) peut aussi être un poids (inconscient) pour notre chien.

➡️ Ce principe de bon/mauvais chien/maître est déjà subjectif

Mais c’est aussi très culpabilisant.

⚠️ Vous ne pouvez pas être défini sur le comportement de votre chien, et encore moins sur son comportement dans une situation précise. Si Toutou charge les autres chiens, il est peut-être aussi le chien le plus câlin et doux du monde à la maison 🥰

Si vous avez un chien difficile pour une quelconque raison, le simple fait de faire le premier pas et de prendre contact avec un éducateur canin comportementaliste fait déjà de vous un bon maître. Vous souhaitez améliorer le confort de votre chien et de votre foyer et êtes prêt à travailler en ce sens 💖

➡️ Il est aussi (et surtout) très important de préciser que le maître n’a pas TOUT à voir avec le comportement de son chien

Mon chien n’est pas une chose créée de toute pièce par ma seule volonté.

🐕 Mon chien a une génétique liée à son espèce, sa race et sa lignée. Les chiens de berger seront naturellement plus sensibles et plus propice à développer de la réactivité. Un chien adolescent peut aussi avoir du mal à gérer ses émotions.

Mon chien vit des expériences, parfois mauvaises, sur lesquelles je ne peux pas toujours avoir un impact. Il a pu vivre un traumatisme (attaque de chien) ou avoir un passé incertain (chien de refuge ou de mauvais élevage).

➡️ Méfions-nous aussi des apparences

Je connais des chiens dont les maîtres se donnent à fond, qui sont sortis régulièrement dans des lieux variés, qui ont beaucoup de jouets et de mastication, mais qui sont tout de même réactifs 💥 Durant les balades, un inconnu pourrait voir un humain débordé rendant son chien malheureux. Il ne verrait que la réactivité d’un chien dans un parc. Alors qu’un travail 🔎 est en cours pour l’aider, qu’il progresse et qu’à la maison ce chien a tout l’amour du monde et que ses besoins sont comblés 💖

A l’inverse, je croise parfois des chiens marchant au pied de leur maître, obéissant parfaitement, sans un pas de travers 🐶 Mais peut-être que ce chien a toujours été “facile” (sait gérer ses émotions, peu d’instinct de poursuite, bonne socialisation chez l’éleveur ect). Cela ne rend pas son maître un “mauvais” maître, bien entendu. Mais cette personne n’a pas forcément plus de mérite que quelqu’un faisait de son mieux pour aider son chien anxieux, peureux ou agressif 🤷‍♀️

Également, Médor hyper obéissant peut avoir été éduqué en coercitif, à coup de sonnette d’un collier étrangleur 💢

Il m’est arrivé de voir un chien hyper obéissant, d’être admirative un instant avant de le voir se prendre un coup de sonnette pour avoir dépassé un peu trop son maître. J’en grimace de dégoût 🤢

➡️ Comme vu plus haut, mon éthique me laisse penser qu’un bon maître n’est pas un humain qui sait se faire obéir en faisant mal à son chien.

La fin ne justifie absolument pas les moyens s’il s’agit de brimer un individu, mais c’est un autre sujet.

Notre responsabilité est de faire de notre mieux, avec les cartes qu’on a en main 🃏

Bien entendu qu’avec de la prévention et de la recherche, il est plus facile d’avoir un bon jeu. On y revient comme toujours, mais il est important de se renseigner sur la race, ses besoins, l’élevage, l’individu, la socialisation ect.

Mais personne n’est parfait et malgré toute notre bonne volonté, des problèmes peuvent surgir.

Une mauvaise expérience, un individu plus sensible, une génétique plus réactive… 💬

✅ La réactivité de votre chien ne fait pas de vous un mauvais maître si vous cherchez à l’aider.

Un chien obéissant n’est pas synonyme d’une éducation éthique et saine.

Faisons de notre mieux. Avec amour et bienveillance 💖

Comportement

La détresse acquise

La détresse acquise est un très joli mot pour désigner quelque chose de vraiment pas joli du tout.

Cela désigne, pour un être vivant, le fait de se résigner, de ne plus chercher de solution, d’accepter son sort.

Imaginons que je vous enferme dans une petite pièce remplie de grosses araignées (ou souris, serpents, à votre convenance). Vous allez certainement paniquer, tenter de fuir, essayer de les écraser ect. Mais au bout d’un certain temps, vous allez finir par vous résigner, ayant compris que quoi que vous fassiez, vous n’alliez pas sortir de cette pièce.

Face à la peur, votre cerveau n’a d’abord que deux options : La fuite (essayer de sortir de la pièce, courir partout…) et l’attaque (écraser les araignées, essayer de leur faire peur…).

Mais vient également la troisième option : La détresse acquise. Vous avez tout tenté, tout essayé, mais rien ne fonctionne. Votre cerveau s’éteint, vous n’êtes plus capable de rien, vous n’essayez même plus de trouver une autre solution.

C’est une situation terrible car si la situation est répétée, en plus du traumatisme que cela peut causer, l’individu généralisera ce sentiment d’impuissance à d’autres situations problématiques. A la moindre douleur, au moindre stress, il n’essaiera plus de s’en sortir.

Malheureusement, nos chiens sont très souvent confrontés à la détresse acquise lors qu’ils sont éduqués en méthode coercitive. Voici quelques exemples :

➡️ Votre chien a peur des autres chiens. Cela peut être dû à une mauvaise socialisation, une attaque ou tout simplement qu’il préfère sa tranquillité. Voilà que, justement, vous croisez un toutou en promenade : Votre chien ne peut pas fuir puisqu’il est attaché. Sa seule défense est donc l’attaque afin de faire fuir ce qui lui fait peur. Il aboie, charge le chien d’en face et la situation est invivable pour tous.

Un éducateur en coercitif placera votre loulou en collier étrangleur et lui prodiguera un coup de sonnette (tirer violemment sur la laisse) dès lors qu’il essaiera d’attaquer un autre chien.

Votre chien ne pouvant ni fuir en étant attaché, ni éloigner l’autre chien en aboyant ou en chargeant, se placera automatiquement en détresse acquise. Fuir et attaquer ne servent à rien, il s’éteint et se résigne à devoir supporter la présence des autres chiens malgré son stress intense.

En l’apparence, votre chien est rééduqué. Mais pour lui, c’est simplement l’enfer.

➡️ Votre chien aboie continuellement, soit par manque d’activité, soit pas stress, soit pour obtenir votre attention. La situation devient invivable et vous faites appel à un éducateur qui vous propose de mettre un collier électrique ou à la citronnelle à votre chien. A chaque aboiement, le malheureux se prendra une décharge ou un jet à l’odeur très forte, juste sous la truffe (dois-je vous rappeler le sens de l’odorat très développé du chien, imaginez ce qu’il doit ressentir…).

Incapable de fuir ce qui lui provoque de la douleur, votre chien se placera en détresse acquise. Certes il n’aboiera plus, mais à quel prix ? Le stress est toujours présent, mais il ne peut pas l’exprimer autrement (personne ne lui a appris !).

En l’apparence, votre chien est silencieux. Mais pour lui, un stress ne pouvant pas s’évacuer est la porte ouverte à l’auto-mutilation, aux TIC et comportements répétitifs.

L’éducation canine en méthode coercitive regorge de techniques pour mettre votre chien en détresse acquise. Analysez bien les conseils que certaines personnes peuvent vous donner. Parfois, il s’agit juste de faire souffrir son chien jusqu’à ce qu’il arrête de se défendre…

Attardez-vous sur la cause du comportement plutôt que sur le comportement lui-même : Manque d’activité ? Stress ? Demande d’attention ? Peur ? Travailler la conséquence sans en comprendre la cause revient à infliger un stress voire une souffrance inutile à votre chien.