Education

Chien « pas éduqué », vraiment ?

Dernièrement, j’ai eu une conversation avec un client au sujet d’un chien dans la famille qui n’était pas du tout éduqué. Je vais exagérer mais admettons que ce chien saute sur les gens, vole et quémande à table. Bouh la petite canaille ! 😛

📖 C’est l’occasion pour moi d’évoquer le conditionnement opérant : Lorsque votre chien effectue un comportement et qu’il lui apporte quelque chose d’agréable, ce comportement sera amené à être refait. Le comportement est opérant.

Médor s’assoit, il a une récompense, il s’assiéra plus souvent = Le comportement “s’assoir” est opérant.

Médor saute pour avoir sa gamelle, la gamelle ne descend pas au sol, il sautera moins = Le comportement “sauter devant la gamelle” est inopérant.

Le conditionnement opérant est utilisé en éducation canine, notamment avec les jeux et les récompenses. Mais j’aimerai évoquer les myriades de comportements que votre chien apprend seul, en faisant ses petites expériences, malgré vous.

📍 Un chien apprend constamment, même (surtout !) hors des séances d’éducation.

En effet, revenons à notre chien “pas éduqué”. Appelons-le… Mascotte.

Mascotte a appris énormément de comportements, renforcés par ses maîtres sans qu’ils ne le sachent : Si Mascotte saute, il a de l’attention. Le comportement de sauter est opérant, il compte bien le refaire ! Si Mascotte pleurniche à table, hop un délicieux bout de poulet apparaît. Évidement qu’il compte bien le refaire !

🤔 Mais est-il “pas éduqué” ? Pour notre œil humain, non, bien sûr. Mais pourtant, ce chien a appris énormément de choses ! Il a appris que sauter sur les gens allait lui donner de l’attention, que monter sur la table allait lui donner de la nourriture et que quémander était suivi d’un délicieux bout de poulet (j’adore le poulet, oui 🍗).

⚠️ C’est pourquoi il est très important de faire attention à ce qu’on récompense et quand on le récompense, à bien gérer notre environnement et nos réactions face à un comportement.

➡️ Si Mascotte saute sur ses maîtres lorsqu’ils rentrent 🚪 et qu’ils le disputent ou le repoussent, il a quand même de l’attention : Parfois vouloir punir un comportement revient à le renforcer, Mascotte apprend à sauter.

➡️ Si Mascotte gratte ou aboie pour avoir de l’attention, qu’on l’ignore, qu’il insiste et qu’on craque, qu’on s’énerve ou qu’on lui fait une caresse pour qu’il se taise, il a quand même eu de l’attention : Réagir alors qu’on s’était décidé à ignorer nous fait entrer dans un cercle vicieux, Mascotte apprend à insister. Et plus on craquera, plus il insistera.

✅ C’est à nous de rester ferme avec nos règles établies et d’être conscient de nos réactions. Car nos actions peuvent récompenser ou punir un comportement de notre chien. Toutou est un fin observateur, il ne commettra pas l’erreur de ne pas être attentif à vos réactions.

➡️ Si Mascotte pique une chaussette 🧦 qui traîne et vous fait courir dans le jardin pour la rattraper, il apprend que voler les chaussettes amène le jeu.

➡️ Si Mascotte mordille un pied de chaise 🪑 et que c’est seulement lorsqu’il le fait qu’il obtient votre attention, il apprend que mordiller les pieds de chaise vous fait venir.

✅ C’est à nous de correctement gérer l’environnement (ranger, mettre en hauteur, protéger ect) pour ne pas que d’autres “mauvais” comportements soient possible, pour ne pas que notre chien s’auto-renforce.

Si Mascotte effectue un comportement jugé comme “indésirable” et qu’il y retire quelque chose de gratifiant, il y a de fortes chances qu’il recommencera. Alors autant éviter qu’il ne le fasse en premier lieu !

👉 Vous l’aurez compris, notre chien effectue tout un tas de comportements dans la journée, qu’ils soient bons ou mauvais à nos yeux. Ou plutôt, qu’on souhaite voir renforcés ou non.

Dans ce cas, c’est tout simple : A nous d’être attentif, de mettre tout en place pour n’avoir plus qu’à récompenser les comportements proposés par notre chien ! 🤗

🔎 Par exemple, admettons que je ne veux pas que Mascotte monte sur le canapé 🛋. Dès qu’il monte, je me met dans tout mes états, le pousse, le dispute ect. Mais quand il est dans son panier, je l’ignore. Qu’apprend Mascotte ? Que monter dans le canapé c’est trop cool, mon humain joue avec moi et me donne un max d’attention !

Mais si, à la place, je fais en sorte qu’il ne puisse pas monter dans le canapé quand je ne suis pas là et que je rend son panier ultra attractif (gestion d’environnement), que je lui demande de descendre du canapé dans le calme, sans en faire des caisses (je maîtrise mes réactions) et que, SURTOUT, je le récompense quand il va dans son panier de lui-même, Mascotte apprend qu’aller dans le panier c’est super génial ! 🤩

🐶 On se focalise souvent sur les mauvais comportements de notre chien, sans prendre la peine de renforcer, récompenser, valider tout ses bons comportements. On les prend pour acquis, on les ignore ou on n’y prête pas vraiment attention.

A nous de rendre les comportements que l’on souhaite revoir hyper intéressants !

Autres

Personne n’est parfait

L’éducation ou la rééducation d’un chien peut être éprouvante. Notre petit chiot fait des bêtises et semble parfois infatigable, notre chien réactif ne progresse que lentement. C’est long, il y a des hauts et des bas et parfois on se sent impuissant, fatigué.

🖖 Nous sommes des êtres humains. Il est normal d’avoir envie de s’énerver, d’être frustré, fatigué ou d’en avoir marre. L’éducation positive demande du calme et de la bienveillance, choses qu’il est impossible d’avoir constamment. On ne peut pas être à 100% tous les jours.

⏰ Comme pour nos amis à quatre pattes, il y a des jours avec et des jours sans. On peut être fatigué à cause de notre travail, devoir s’occuper des enfants, être stressé à cause d’une nouvelle responsabilité ou tout simplement avoir une douleur quelque part.

A cause de cela, on risque d’être moins patient et cela en pâtira sur notre séance d’éducation. C’est pourquoi je dis souvent à mes clients que s’ils ne le sentent pas, il ne vaut mieux pas travailler avec leur chien ce jour-là.

😷 Aussi, lorsqu’on a un chien réactif, tout est plus éprouvant. On calcule nos heures de sorties en fonction de celles des autres, on surveille autour de nous et on se tend, même inconsciemment, à la vue d’un déclencheur. Finalement, on devient aussi réactif que notre loulou.

Alors il est parfois bon de s’accorder une pause, de sortir sans notre canaille pour profiter de la nature sans se transformer en tour de guet. Se détendre paisiblement, se désensibiliser en somme.

🥰 Et pourtant, rien de tout cela ne signifie qu’on n’aime pas nos chiens.

Ils nous apportent tant de joie, tant de bonheur. Des câlins, des rires, des bons souvenirs. Tout n’est pas blanc dans la vie, mais tout n’est pas noir non plus.

Peut-être qu’il détruit, qu’il est réactif ou facilement excité. Mais il est peut-être super câlin, collant, toujours prêt à vous suivre dès que vous lui proposez de passer un peu de temps avec lui.

Votre toutou est un membre de la famille, avec ses qualités et ses défauts, mais surtout avec un amour incontestable pour vous.

🌲 Ça ne veut pas non plus dire qu’on souhaite arrêter le travail.

La modification comportementale et émotionnelle d’un chien réactif peut prendre beaucoup de temps. Il y aura des hauts et des bas, des moments où on se demande si on avance quelque part.

Ces doutes sont tout à fait normaux quand on voit la montagne de travail qui semble s’élever devant nous. Pourtant, ça ne veut pas dire qu’on ne veut plus la gravir.

✅ Les échecs, les coups de mou ou les doutes arrivent à tout le monde. Le tout est de ne pas se décourager et de continuer d’avancer. Et si on ne travaille pas notre loulou aujourd’hui, ce n’est pas grave !

Comment être un bon guide pour notre chien si nous sommes nous-mêmes stressé, sur les nerfs ou anxieux ? Prenons soin de nous pour pouvoir leur donner le meilleur de nous-mêmes ! 💖

Education

L’éducation de base

Lorsqu’on fait appel à moi pour l’éducation d’un tout jeune chiot, les objectifs sont souvent nombreux et clairs : Assis, couché, pas bouger, marche au pied, rappel ect. On veut “l’éducation de base” 😇

S’en suit le premier rdv et tout ces objectifs sont troqués contre ce qui est réellement nécessaire pour un chiot : La socialisation, le rappel, le suivi naturel 🥰

A vrai dire, je n’ai travaillé le “assis” avec un client qu’une seule fois.

En effet, tout ces ordres de base ne sont d’aucune utilité pour un chiot de 3 mois. A cet âge, bébé chien doit découvrir le monde, apprendre à apprécier votre contact, être socialisé correctement, être renforcé pour ses regards et son suivi en balade 👍

C’est ça le plus important. Ce sont ça les apprentissages primordiaux avec un chiot.

Qu’il sache s’asseoir sur demande ne vous sera d’aucune utilité s’il a une peur des gens dans la rue. Qu’il marche au pied vous sera inutile s’il préfère tirer pour aller voir tous les chiens qu’il croise. Qu’il sache se coucher sur demande se servira à rien s’il n’a aucun rappel 😕

Posez vous 30 secondes et demandez-vous vraiment si avoir un toutou connaissant le “assis, couché, au pied” vous sera (ou vous est) utile dans la vie de tous les jours 🤔

Non, on préfère largement un chien qui ne sait pas s’asseoir mais qui peut être lâché en balade, rencontrer des congénères dans le calme ou les ignorer si besoin 🐶

A son arrivée, votre chiot est en pleine phase de socialisation. C’est une étape très importante dans le développement du chiot, se déroulant de ses 3 semaines à ses 3 mois.

Durant ces quelques semaines, le chiot doit découvrir un maximum de choses (humains, chiens, véhicules, autres animaux et environnements ect) car son cerveau est en pleine imprégnation.

Bébé chien va découvrir le monde des humains et s’y habituer pour être un chien adulte équilibré et calme en extérieur 🌲

Si votre chiot ne sort pas assez durant cette phase de socialisation ou si celle-ci est mal faite (expériences négatives, immersion…), il aura beaucoup plus de chances d’être craintif ou anxieux en extérieur, de développer de la réactivité 😨

C’est aussi durant cette phase et jusqu’à l’adolescence (environ 6 mois) que notre chiot nous suit partout. Il est très important de renforcer ce suivi naturel, de lui faire comprendre que c’est top de faire attention à nous en extérieur 👌

Car en effet quelques semaines plus tard nous serons face à un jeune adolescent voulant explorer et aller voir les copains. Le rappel et le suivi naturel vont se dégrader et c’est là que votre travail durant ses premiers mois aura eu toute son importance 🐾

Évidement qu’il est possible d’apprendre des tours à son jeune chien, mais ce n’est clairement pas la priorité lorsqu’il arrive à la maison !

Construire une relation de confiance, le socialiser correctement, renforcer son suivi naturel et son rappel.

Accessoires

La cage

Bien qu’ayant l’impression d’en voir de moins en moins, j’aimerai faire un point sur l’utilisation de la cage.

(On parle bien ici d’une cage fermée, pas d’une caisse de transport ouverte qui servirait de couchage ni d’un parc à chiot d’une taille suffisante pour y permettre de jouer)

Généralement, la cage est utilisée pour :

➡️ Apprendre la propreté : Puisque le chiot ne fait naturellement pas ses besoins là où il dort, il ne fera pas dans sa cage, se retiendra plus longtemps et sera donc plus facile à surveiller.

➡️ Gérer les destructions durant la solitude : Forcément, pas facile de mâchouiller le canapé quand on est enfermé.

🤔 Sauf que…

➡️ Dans le cas de l’apprentissage de la propreté, être enfermé peut développer de graves troubles physiques et comportementaux chez notre chiot.

😷 En effet, si bébé chien arrive à se retenir, c’est aux prix d’énormes efforts pour ses sphincters encore immatures, ce qui pourrait causer des problèmes urinaires par la suite. Rappelons qu’avant 8-10 mois, il est tout à fait normal qu’un chiot ait du mal à se retenir, son système urinaire n’est pas encore mature.

En outre, si notre chiot n’en peut plus du tout et qu’il finit par craquer, il “désapprendra” les normes de son espèce (à savoir ne pas faire là où il dort) et aggravera d’autant plus la fréquence de ses accidents.

🧠 Enfin, pendant qu’il est dans sa cage, il ne fait aucun apprentissage, aucun découverte. Rappelons que la période de socialisation (jusqu’à 3 mois, 4 mois maximum) est l’une des périodes les plus importantes dans le développement comportemental du chiot. Rater de précieux moments d’enseignements, d’exploration ou de création de lien avec son chiot par crainte d’un malheureux pipi est tragique pour son développement futur !

➡️ Concernant l’utilisation de la cage pour gérer les destructions, elle omet la plus importante des questions : Pourquoi mon chien détruit ?

En effet, il est certain qu’en étant enfermé, notre loulou n’aura plus rien à détruire. Mais la raison qui le poussait à mâchouiller est toujours là. C’est pourquoi avant toute chose il est important de prendre du recul pour comprendre pourquoi Médor a fait la peau à notre beau canapé.

🥱 Il peut s’agir d’ennui : Avait-il quelque chose pour s’occuper durant plusieurs heures ?

🦷 Ou d’un chiot qui fait ses dents : Avait-il des jouets de différentes textures, gardés de côté avant l’absence pour les rendre plus attrayants ?

😰 Ou d’anxiété : Lui ai-je appris à rester seul progressivement, sans stress ?

🧠 Ou encore d’un manque d’activité : Mon chien est-il assez sorti avant sa balade ? Ses besoins physiques et mentaux sont-ils comblés ?

Ou… Autant de raisons qu’il y a de chiens et de contextes.

Le problème de la cage, c’est qu’elle cache le problème, elle ne le résout pas.

Dans le “meilleur” des cas, toutou va se résigner : Il ne se sent pas mieux, mais ne va simplement plus exprimer son mal-être 😔 Cela va naturellement augmenter celui-ci, sans que l’humain ne le remarque.

Et dans d’autres cas, ou jusqu’à ce que le chien résigné ne finisse par craquer, toutou peut aller jusqu’à s’auto-mutiler tant l’anxiété constante sera difficile à gérer pour lui (se gratter, se lécher ou se mordiller jusqu’au sang).

👉 La cage n’est donc qu’un “cache misère”, résolvant le mauvais comportement sans s’attarder sur la cause de celui-ci, laissant le chien seul avec son manque d’activité ou son stress.

Elle ne permet pas non plus de travailler son toutou puisqu’elle supprime toute proposition de comportement.

⚠️ Je trouve que son apprentissage devrait néanmoins être nécessaire :

Notre chien sera certainement amené à voyager 🧳 (vacances, déménagement…) et une cage de transport sera toujours plus sécuritaire qu’un harnais attaché à la ceinture de la voiture 🚗

En cas de gros problème de santé, notre loulou peut aussi devoir passer quelques jours chez le vétérinaire pour rester en observation. Il sera donc en cage et un apprentissage de l’enfermement lui permettra de moins stresser. Il devra peut-être aussi rester immobile à son retour à la maison.

Il faut donc tout de même travailler le fait d’être enfermé à des moments bien choisis, très progressivement et sans jamais mettre le chien en difficulté.

Comportement

Le grognement chez le chien

Le grognement est un moyen de communication normal.

Non, un chien qui grogne n’est pas “méchant” ou “capricieux”. Il communique, rien de plus.

Dans une séquence comportementale normale face à une situation difficile pour le chien, celui-ci va d’abord émettre des signaux d’apaisement (regarder de côté, se lécher la truffe, cligner des yeux ect). Ces signaux peuvent être grossièrement traduits par “je ne me sens pas à l’aise dans cette situation”. Si ces signaux ne sont pas écoutés et qu’il ne peut pas s’éloigner, le chien va naturellement devoir parler plus fort : Grogner.

Quelques exemples :

Lors d’une rencontre entre chiens, Médor commence a en avoir assez que son camarade joue trop brutalement. Il va donc faire moults signaux d’apaisement pour signifier qu’il souhaite faire une pause dans le jeu. Si ce dernier ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.

Médor est en train de manger dans sa gamelle et quelqu’un s’approche de lui. Souhaitant manger tranquillement, il effectue des signaux d’apaisement pour signifier à la personne de s’éloigner. Si cette dernière ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.

Un chien qui grogne n’est pas un chien “méchant”, bien au contraire ! C’est justement parce qu’il ne veut pas en arriver à la morsure qu’il prévient que ses limites vont bientôt être dépassées.

Un chien qui souhaite mordre (et encore, être poussé à bout ou être dans un état de stress intense n’est jamais un souhait) n’a pas besoin de grogner. Il ouvre la gueule et la referme sur ce qui souhaite mordre, c’est tout.

Grogner signifie donc “éloigne-toi, arrête ou laisse-moi tranquille, je suis bientôt à bout et si tu ne m’écoutes pas je devrai me faire comprendre plus durement”.

C’est pourquoi il ne faut JAMAIS disputer le grognement, ni l’ignorer. C’est la meilleure façon de se faire croquer.

Si votre chien comprend que grogner de sert à rien (voire que cela lui apporte un inconfort de plus, comme être disputé, menacé ect), et bien… Il va arrêter de grogner ! Bah oui, pourquoi s’embêter à prévenir ?

Justement, il ne va plus prévenir. Et c’est pourtant tout l’intérêt du grognement ! Un chien qui ne grogne plus risque donc de mordre sans prévenir. Et ça, c’est très, très dangereux.

Si le chien fait moins de signaux d’apaisement (certains sont involontaires, d’autres non) et ne grogne plus, il devient très difficile d’anticiper son mal-être. Et donc une catastrophe…

Alors que faire quand son chien grogne ?

On recule lentement, on fait comprendre au chien qu’on l’écoute.

Mais surtout, on se demande POURQUOI il en est arrivé à grogner : Peut-être que je n’ai pas remarqué ses signaux ? A-t-il une douleur ? Dois-je travailler la protection de ressource ? Était-il acculé ?

Selon la réponse, il sera important de travailler ce qui a posé problème : Faire du medical training pour accepter les soins, rendre super cool le fait qu’un humain passe près de la gamelle, apprendre aux enfants ou invités le respect de l’espace du chien ect.

Petite parenthèse pour finir : Je suis parfois confrontée à des personnes qui malgré tout m’affirment que leur chien “n’a pas à me grogner dessus, c’est moi qui décide”. Si vous voulez d’un être qui se plie à toutes vos demandes sans broncher et sans vous faire part de son état émotionnel, achetez un robot ou une peluche 😉

Il ne s’agit pas ici d’accepter que son chien communique en grognant, mais de respecter son intégrité et ses émotions pour que cela n’arrive jamais !

Améliorer ses promenades

La balade silencieuse

Elle était un point d’un plus vieil article nommé “une bonne promenade”, penchons-nous aujourd’hui sur la balade silencieuse.

Alors, kézaco ?

Et bien pour une fois, c’est limpide : Il s’agit d’une balade avec notre chien où on ne va rien lui demander, rien dire.

En effet, d’ordinaire, on a tendance à beaucoup (beaucoup) parler à nos loulous. Il s’éloigne un peu trop, on l’appelle. Il s’approche à peine d’un passant, on l’appelle. Il renifle quelque chose un peu trop longtemps à notre goût, on l’appelle. On change de direction… Vous avez deviné.

Le problème, c’est qu’à un moment, votre toutou adoré va en avoir ras la casquette de revenir toutes les deux minutes et va finir par vous ignorer. Il prendra plus de temps pour vous rejoindre ou ne vous écoutera qu’une fois sur deux, sur trois… Jusqu’à plus du tout. Vous allez donc détériorer son rappel et son suivi naturel, car il préférera continuer sa balade tranquillement plutôt que d’écourter constamment ses explorations.

L’autre risque, bien que plus rare, est de créer un chien qui ne va plus du tout profiter de sa balade, avançant tout droit sans renifler ni s’écarter un tantinet du chemin. C’est ainsi que les chiots que l’on a empêché de renifler et d’explorer deviennent des adultes ne pensant qu’à avancer, tractant leur maître épuisé.

C’est à ce moment qu’intervient donc la balade silencieuse

Munissez-vous d’une longe de 10, 15 ou 20 mètres pour plus de sécurité et laissez votre chien faire sa vie… de chien. Avancez à votre rythme, sans l’appeler, mais observez le bien. Ne le prévenez pas quand vous changez de direction, laissez renifler aussi longtemps qu’il le veut, quitte à ralentir ou l’attendre. Suivez-le, parfois non.

Cela peut prendre du temps, mais le chien qui vous ignorez va commencer à vous surveiller.

En effet, voilà que son maître qui le prévenait à chaque bifurcation ou demi-tour ne lui dit plus rien du tout ! Les premières fois, il sera certainement surpris de vous voir soudainement plus loin ou ayant emprunté un chemin inhabituel. Mais petit à petit, il vous regardera plus souvent, sera plus attentif à vos mouvements.

Ainsi, vous allez travailler le suivi naturel de votre chien et son attention portée sur vous. Plus qu’à féliciter ses regards, ses retours et ses marques d’attention pour en faire un toutou beaucoup plus attentif à son maître !

Et puisque vous ne l’appelez plus à tout bout de champs, le fait d’entendre son nom après 10 minutes de silence aura bien plus d’impact. Grâce à la sécurité de la longe, vous allez donc pouvoir travailler également le rappel de votre loulou !

N’étant plus dérangé, votre chien va également se mettre à renifler plus intensément. Et comme évoqué dans “une bonne promenade”, plus votre chien renifle, mieux c’est ! Sentir de nombreuses odeurs et se concentrer est une fatigue très saine pour nos loulous qui se retrouvent apaisés.

Parfois, une bonne promenade est juste un moment de calme en forêt, à écouter les oiseaux et à observer son chien profiter à fond de sa sortie.

Ne devenez pas un bruit de fond pour votre loulou, mais quelqu’un de super intéressant à écouter, tout en donnant plus de liberté à votre chien.

Autres

Les petits chiens

Combien de fois entend-on cet éternel cliché du petit chien ?

Il est hargneux, aboie pour rien, déteste tout le monde et n’hésite pas à charger plus gros que lui en bout de laisse.

Il est aisé d’imaginer le fameux chihuahua aux babines retroussées dès qu’on s’approche de lui.

Cet article va parler du calvaire de vivre en tant que petit chien.

Proportionnellement, j’ai assez peu de petits chiens en éducation et malheureusement, cela s’explique assez facilement : Un petit chien qui tire en laisse est bien moins dérangeant qu’un molosse. Même chose s’il tire en aboyant sur les gens ou les autres chiens. Les retenir est bien plus facile.

Le problème est qu’un chien réactif, petit ou grand, est en souffrance. Qu’il s’agisse d’un manque de socialisation ou d’une réponse à un évènement traumatique, aboyer ou foncer sur les autres chiens n’est jamais l’expression d’une émotion saine.

Ces petits chiens ne sont donc pas travaillés sur leurs émotions vis à vis du monde extérieur et continuent de stresser à chacune de leur sortie.

Dans la rue, les enfants (ou les adultes…) iront beaucoup plus facilement essayer de toucher le petit chien, que lui ou son maître le veuille… Ou non. Les parents se méfieront toujours plus si leur enfant d’approche d’un cane corso que d’un bichon.

Je l’ai déjà expliqué dans un précédent post mais laissez tranquille les chiens que vous croisez dans la rue (peu importe leur taille !). Un chien (trop) sociable qui aime ça finira par aller embêter tout le monde pour avoir un câlin, à vous sauter dessus les pattes pleines de boue pour avoir votre attention (sympa pour ceux qui ont peur des chiens). Et un chien qui déteste le contact des inconnus finira par être proactif et aboyer/foncer sur tout le monde pour vous maintenir à distance.

En clair, ignorez les chiens que vous croisez dans la rue. Ce n’est pas parce qu’un petit chien est plus mignon ou abordable qu’il apprécie être touché par un inconnu et que cela n’aura pas de conséquences.

A la maison, c’est plus ou moins la même chose : Un petit chien qui grogne sera beaucoup moins pris au sérieux qu’un grand.

Combien de ces petits chiens servent de peluches vivantes, portés et câlinés à outrance sans qu’ils n’aient leur mot à dire ? S’ils grognent leur mécontentement, au mieux ils ne sont pas écoutés car pas pris au sérieux, au pire disputés car “il n’a pas à me grogner dessus”. Oserions-nous ignorer le grognement et la mise en garde d’un berger allemand ?

De ce fait, les petits chiens ont deux options :

Grogner pour absolument tout : Suite à un ras le bol général et comprenant que seul le grognement est (parfois) écouté, le petit chien va grogner dès qu’on s’approche de lui, dès qu’on le touche ou dès qu’il en a simplement marre. Ainsi est donc créé le cliché du “petit chien qui râle pour rien” : Un loulou qui a juste appris que s’il ne grognait pas, il n’était pas écouté. Certains vont aussi avoir la morsure plus facile, surtout si leur grognement n’est pas respecté.

Se résigner : Grogner ne sert à rien et comme il n’a pas un fort caractère, Kiki ne l’a pas ou peu fait. Le petit chien va donc simplement se résigner, accepter son sort. C’est ainsi que j’ai vu énormément de petits chiens être portés ou câlinés durant les séances, faisant milles et un signaux d’apaisement mais sans chercher à se défaire de ce moment qu’ils n’aimaient pas. Malheureusement, le risque est qu’un jour le chien morde sans prévenir, ayant atteint les limites de sa patience.

Dans les deux cas, le chien est en souffrance.

La méconnaissance des signaux d’apaisement est une vraie plaie pour ces loulous. Ils pourraient être compris en un regard mais se retrouvent dans un des cas ci-dessus par manque d’information.

Si on porte un petit chien et qu’il se lèche la truffe, baille, cligne beaucoup des yeux ect, il devrait être reposé au sol. Même chose si on le câline, en plus d’effectuer des tests de consentement régulièrement durant les séances câlins.

Cela vaut bien évidement aussi pour les grands chiens, mais leur “non” sera toujours plus facilement compris (non pas par respect des signaux, mais plus par crainte de se faire croquer malheureusement…). Je me répète dans chaque article, mais la connaissance des signaux d’apaisement devrait être une base lorsqu’on adopte un chien.

Enfin, les petits chiens seront souvent bien plus sujets à l’anthropomorphisme. Il s’agit de donner des intentions, peurs ou besoins propres à l’être humain à d’autres animaux. Il peut s’agir de penser que le chien se sent coupable d’avoir mâchouillé une pantoufle, alors qu’il effectue moultes signaux d’apaisement.

Mais plus spécifiquement pour nos petits chiens, il s’agira de les surprotéger, les porter à la moindre difficulté alors qu’ils ne présentaient aucun signe de stress. On a tous l’image du chihuahua dans le sac à main, mais ce chien ne peut pas vivre comme un vrai chien. Il ne peut pas trotter, sentir, explorer.

On s’imagine que comme notre loulou est petit, il aura logiquement peur plus facilement et se fera bousculer par les autres chiens. On lui interdit donc de trop s’approcher des gros vilains toutous et on tire sur la laisse au moindre soupçon de danger. A terme, on créé la réactivité de notre chien.

Attention tout de même : Oui, un petit chien a plus de risque d’être bousculé par un chien trop brusque. Oui les plus grands chiens mal socialisés auront plus facilement à les prendre en chasse.

Mais cela n’est nullement la faute de la différence de taille, simplement du manque de socialisation de l’autre chien. C’est pour cela qu’il est très important de bien sélectionner les rencontres de nos (petits) chiens, afin que même si Kiki le yorkshire rencontre Rex le berger allemand, il ne se fasse pas malmener, car notre grand loulou sera bien codé et socialisé.

Bref, ce n’est pas la taille qui compte !

Les petits chiens sont des chiens comme les autres, avec les mêmes besoins et le même développement que leurs comparses plus grands. Ils doivent être socialisés correctement pour être à l’aise dans notre monde d’humain, être éduqués pour y être en sécurité et être respectés. Ils doivent avoir le droit de dire non, de ne pas vouloir être portés ou touchés. Ils doivent pouvoir explorer, renifler et avoir des contacts sociaux.

Autres

La cohabitation entre l’enfant et le chien

Cet article s’adresse aux familles ayant un chien et un enfant, ou préparant l’arrivée d’un des deux.

Voir son enfant grandir avec son meilleur ami à quatre pattes, c’est certainement ce dont rêvent toutes les familles lorsqu’elles ajoutent un membre au foyer. Des heures de jeux complices, suivis d’une sieste lovés dans le canapé, cela donne envie.
Mais, bon nombre de mes clients pourront le confirmer, ce n’est pas toujours facile de gérer bébé et Médor en même temps, surtout lorsque ce dernier est encore chiot !
On se retrouve avec deux enfants, chacun pouvant faire des bêtises bien spécifiques à leur espèce.
Voyons donc ensemble comment favoriser le calme dans un foyer comportant chien et enfant.

Gérer l’environnement

La première chose à faire lorsque ces deux coquins vont être amenés à vivre ensemble, c’est justement de pouvoir les séparer sans en mettre un de côté. Surveiller son chiot pendant que l’on nourrit bébé, surveiller bébé pendant que l’on travaille l’éducation de son chiot, c’est loin d’être facile. On préconisera donc la mise en place de barrière pour bébé, de parc à chiot ou d’espace de jeu fermé pour l’enfant.


Le but ? Ne pas avoir besoin d’être constamment sur le qui-vive pour savoir qui des deux est en train de renverser quelque chose, permettre de faire des pauses dans les interactions et aider à l’éducation de son chiot.


En effet, si bébé renverse son dîner ou prend son goûter dans sa petite chaise, votre chien pourrait très bien aller essayer de le lui piquer, et donc de s’auto-renforcer à venir l’embêter durant ses repas. Pouvoir proposer un Kong ou tout autre objet à mâchouiller à Médor pendant que vous nourrissez votre petit bout vous permettra de rester apaisé sans devoir faire la police.


Cet aménagement de votre lieu de vie permet aussi aux deux chenapans d’avoir chacun un espace de calme où se poser lorsqu’ils ne veulent une pause. La chambre de l’enfant ne doit pas être accessible au chien (ou son espace de jeu) et le panier du chien doit être respecté comme un espace où il ne faut pas mettre les doigts (l’utilisation d’une cage (ouverte !) ou d’un parc à chiot est donc une idée intéressante).


Le chien est donc inclus dans la vie de famille tout en vous permettant de ne pas vous transformer en tour de contrôle.

Respecter et comprendre son chien

La connaissance des signaux d’apaisement est fondamentale. Connaître ces signaux vous permettra de savoir lorsque votre chien est mal à l’aise ou stressé d’une interaction avec votre enfant. Les câlins un peu trop envahissants ne sont pas appréciés de tous les chiens, loin de là.


Avant l’âge de 6 ans, on estime que beaucoup d’enfant vont prendre un chien qui grogne pour un toutou qui sourit. Ils ne peuvent donc évidement pas comprendre la subtilité d’un chien qui effectue des signaux d’apaisement bien plus discrets (cligner des yeux, tourner la tête, bailler ect). A vous donc de les connaître afin de mettre fin à l’interaction avant que Médor soit à bout.


En effet, les morsures sur les plus jeunes enfants surviennent majoritairement lors des interactions initiées par ceux-ci. On imagine très bien le chien être très mal à l’aise, ne pas être compris et en arriver à ses limites, ce qui entraine une morsure pour enfin être tranquille.


Il est donc important de superviser toutes les interactions entre l’enfant et le chien afin de déceler d’éventuels signaux d’apaisement et ainsi mettre fin à un câlin ou à un jeu que votre chien ne vit pas forcément très bien. Tapez simplement “signaux d’apaisement chien” sur Google pour entrer dans le monde fabuleux de la communication canine !


Outre cela, il sera essentiel que tous les membres du foyer montrent l’exemple : On ne s’approche pas du chien qui mange, on laisse tranquille le chien qui dort et on ne va pas l’embêter quand il est dans son panier.
Et bien sûr, on apprend dès que possible à son enfant que “si Médor est dans son panier et que tu veux jouer avec lui, appelle-le ! Si il a envie de jouer, il viendra. Sinon, laisse-le tranquille”.

Un soupçon d’éducation

Évidement, avoir un chien autonome et répondant facilement à vos signaux sera d’une grande aide.
Enseignez à votre chien à marcher près d’une poussette (marcher à votre rythme est très difficile pour lui, donc à ne pas faire trop longtemps !), à vous observer tranquillement lors de vos repas ou à être relax lors des jeux de l’enfant.


Il y a beaucoup d’exercices à mettre en place pour avoir un chien plus facile à vivre au quotidien.
Bien sûr, adaptez vos demandes à l’âge de votre chien, son environnement et à l’état émotionnel dans lequel il se trouve.

Comportement

L’adolescence chez le chien

L’adolescence chez le chien commence entre 6 et 8 mois et se termine entre 12 et 18 mois en fonction des races. Plus une race est grande, plus sa croissance va se faire lente. Les races géantes comme le terre-neuve peuvent finir leur phase pubertaire vers 2 ans !

C’est une phase bien souvent très difficile pour le chien comme pour ses humains à cause de changements hormonaux causant à leur tour des changements comportementaux.

Ce n’est pas pour rien que la majorité des chiens que je suis amenée à éduquer sont dans cette tranche d’âge.

Nous allons voir ensemble à quels changements votre petit chiot doit faire face durant son adolescence, d’abord pour pouvoir comprendre votre loulou et surtout pour l’aider au mieux à grandir sereinement !

Premièrement, votre chien grandit ! Pourtant, dans sa tête, c’est encore un petit zouave qui ne contrôle donc pas sa nouvelle force. On remarque que les adolescents deviennent plus brusques, qu’ils sont plus attirés vers leurs congénères, qu’ils écoutent moins et sont plus indépendants. On a l’impression qu’ils deviennent “excessifs” : Ils se frustrent facilement et le font savoir.

Tout cela est normal et est lié (entre autre) à la maturité sexuelle. En effet, les mâles sont en recherche de demoiselles et ces mesdames ont leurs premières chaleurs.

Votre petit chiot est maintenant un ado et cherche sa place dans le groupe social si vaste et complexe que sont les autres chiens.

Ses besoins en activités physiques et mentales augmentent : Ce n’est plus le petit bébé qui se fatiguait en 20 minutes de balade et qui dormait le reste de la journée. C’est à vous d’adapter ses activités à son âge.

On peut progressivement lui proposer des balades un peu plus longues où on le laissera renifler autant qu’il le veut. Mais surtout, on va lui proposer des objets à mâchouiller, à lécher ou à renifler afin de l’aider à se dépenser calmement.

En effet, le piège avec notre adolescent est de vouloir le fatiguer physiquement le plus possible, sans jamais lui apprendre à s’occuper à la maison, à rester calme, à ne rien faire. Voir mon article “Activités physiques et mentales”.

Votre chien n’est pas encore un adulte. Autrement dit, il continue d’évoluer, tant physiquement que mentalement.

Ainsi, comme évoqué plus haut, notre ado devient plus excessif. On le compare aisément à une petit tornade qui va surréagir à la moindre modification dans son environnement.

En soi, cela n’est pas faux : Ses émotions sont exagérées et plus difficiles à contrôler car ses neurones inhibiteurs (régulent les émotions) arriveront à maturité à la fin de l’adolescence. Il est donc normal que votre loulou ait tant de mal à se contrôler.

Durant cette phase pubertaire, on peut parfois observer une nouvelle “phase de peur”. Certaines choses autrefois tolérées par le chiot le font désormais réagir (joggeurs, voitures, autres chiens ect).

Cela est à nouveau lié aux émotions plus difficiles à contrôler, ainsi qu’à une modification du contrôle de la mémoire et des capacités d’apprentissages. Votre chien ne devient pas plus bête, bien entendu, mais nous pourrions dire pour imager qu’il fonctionne plus avec ses émotions.

C’est pourquoi une attaque de chien durant cette période est d’autant plus traumatisante.

La phase pubertaire est d’autant plus importante que si les problèmes rencontrés ne sont pas travaillés (rappel, début de réactivité ect) et bien ils s’installent !

J’ai encore beaucoup de clients qui ont malheureusement attendu que le problème se règle de lui-même et qui finissent par m’appeler parce qu’au contraire, il a empiré.

Évidement, tout est “travaillable” et chaque chien pris en charge va progresser. Mais on s’épargnerait tous beaucoup de temps et de stress en accompagnant son chiot dès son arrivée, puis en l’aidant à traverser sereinement la puberté.

Ce suivi naturel parfait de votre chiot ? Récompensez-le ! En effet, rien n’est acquis et si petit bébé remarque que le fait de vous suivre ou de vous regarder n’est pas intéressant, il y a un grand risque qu’il ne le fasse plus du tout en étant adolescent, lorsque l’environnement et les congénères deviendront plus importants à ses yeux.

Récompensez donc absolument tout ce qui est précieux à vos yeux : Une attention, une marche en laisse, un croisement nickel ect, même si à cet âge cela lui semble “facile”, c’est un investissement dont vous serez heureux à son adolescence 😉

Education

Pourquoi choisir d’éduquer son chien en méthode positive ?

Lorsque l’on adopte un chien, la question de son éducation se pose évidement. Néanmoins, avec toutes les informations rencontrées sur le net, il est vite possible de se perdre entre différentes méthodes.

Aujourd’hui, nous allons voir en quoi le choix de la méthode positive est meilleure que la méthode coercitive pour votre chien, tant pour son éducation en tant que telle que pour votre relation avec lui.

Vous trouverez les sources de cet article en bas de page, n’hésitez pas à les consulter !

Commençons par quelques définitions.

Nous pouvons résumer grossièrement l’éducation positive en une méthode visant à respecter les besoins du chien, tout comme son consentement et son intégrité.

Nous allons récompenser tous les comportements que nous souhaitons voir réapparaître, tout en rendant leur apparition plus probable avec une bonne gestion de l’environnement et en répondant aux besoins physiques et mentaux de son chien. Pas de cris, pas de “non” ferme complètement inutile, pas de tension sur la laisse ou le collier pour faire obéir.

La méthode coercitive (aussi appelée méthode traditionnelle) se base plus généralement sur le principe infondé de la théorie de la dominance. Si des friandises peuvent être données, on utilisera souvent des outils pour faire obéir son chien (pression sur le corps, collier étrangleur…) et on usera de menace (”non”, cris…).

Il est courant de vouloir “dominer” son chien en se montrant ferme et en appliquant des principes d’un autre temps (manger après son maître, ne pas être en hauteur, passer les portes en premier et autres joyeusetés).

Impact sur la santé (physique)

En méthode positive, nous n’utilisons aucun outil visant à contraindre le chien ou à appliquer une tension volontaire sur lui, au contraire ! Durant mes séances théoriques et étude de comportement avec mes clients, la question du collier ou du harnais se pose bien souvent. Nous avons pu voir dans un précédent article qu’il a été démontré que tous les colliers, plat comme étrangleur, blessent le chien (trachée, thyroïde, cervicales). Je conseille donc un harnais en H ou en Y, peu importe l’âge du chien. L’utilisation de la longe est également fortement recommandée.

En méthode coercitive, on vous indiquera souvent que le collier est nécessaire à l’apprentissage. Le chien recevra des coups de sonnette (tirer violemment sur la laisse) s’il ne marche pas au pied, s’il va vers un autre chien, s’il ose aller renifler une touffe d’herbe en tirant un peu…

Ces coups de sonnette appuient directement sur la trachée du chien, mais aussi sur la glande thyroïde, voire sur les cervicales si on tire pour que le chien avance. En plus de la douleur physique générée, cela entraîne des problèmes respiratoires, hormonaux, immunitaires et articulaires.

Impact sur le comportement (psychologique)

Comme évoqué plus haut, la méthode positive va consister en un renforcement de tous les comportements désirables et d’une gestion de l’environnement afin d’éviter les comportements indésirables.

Si cela est bien plus complexe qu’un résumé en une phrase, il est important de noter que nous faisons en sorte que “travailler” avec nous soit une bonne expérience pour le chien. Nous respectons ses capacités et son consentement et n’allons jamais le pousser à l’erreur pour le disputer.

En méthode coercitive, il est évident que le chien n’a pas le choix. Deux études de octobre 2019 et juillet 2020 (liens en bas de page) démontrent que les chiens éduqués en coercitif font plus de signaux de stress, sont plus pessimistes et ont un taux de cortisol plus élevé que les chiens éduqués en positif. Les chiens sont placés en détresse acquise (résignés, ne cherchent plus à fuir la douleur) et ont donc l’air obéissants, mais ils sont simplement “éteints”, de peur de faire un mauvais comportement qui leur causera douleur ou sermon.

Votre chien risque également de faire de nombreuses associations négatives. Combien ai-je de clients venant me voir après avoir essayé le collier étrangleur, se demandant pourquoi leur chien est maintenant réactif aux autres chiens ? Et bien parce qu’à chaque fois que Médor tente d’aller vers un toutou, il reçoit un coup de sonnette dans le cou. La douleur vive a été associée avec la vision d’un autre chien. “Autre chien = douleur, donc j’aboie ou je charge pour le faire s’éloigner”.

Impact sur la relation avec le maître

Une autre étude également publiée en octobre 2019 a placé différents chiens dans une pièce, en compagnie de leur maître. Un inconnu y rentre, puis le maître sort et revient quelques minutes plus tard.

Cette étude a pu mettre en lumière que les chiens éduqués en positif avaient tendance à jouer plus en présence de leur maître qu’en présence de l’inconnu, le suivaient plus et accueillaient leur maître avec plus de joie que les chiens éduqués en coercitif. En clair, la présence du maître en méthode positive aide le chien à s’exprimer et a avoir confiance en lui.

Il s’agit de la première étude démontrant un lien entre la méthode d’éducation du chien et son attachement à son maître.

Impact sur l’éducation

L’étude publiée en juillet 2020 étudiait la rapidité d’obéissance au rappel et à l’ordre “assis” en fonction de la méthode d’éducation (en plus du niveau de stress, évoqué plus haut). Les chiens éduqués en positif avaient tendance à venir plus vite au rappel et à s’assoir plus rapidement que les chiens éduqués en coercitif. Ces derniers avaient besoin d’être touchés ou tirés pour revenir ou s’assoir. L’ordre devait également être répété plus de fois pour être exécuté.

C’est donc en tout point que l’éducation positive est préférable pour votre compagnon. Une meilleure confiance, une meilleure relation et même une meilleure coopération, le tout sans douleur ou contrainte !

Évidement, cela nécessite de la patience et de la bienveillance. Il est bien plus rapide d’obtenir quelque chose par la menace ! Mais à quel prix ?

Sources :

Impact sur le comportement :

https://www.biorxiv.org/content/10.1101/823427v1

Impact sur la relation :

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0168159119300127?via%3Dihub

Impact sur l’éducation :

https://www.companionanimalpsychology.com/2020/07/positive-reinforcement-is-more.html?fbclid=IwAR1T0ph7UnRn-P64YMDvXusOQJko596MG-wD0qBPbgq2sSNhe0aBJO8UQ3w