Le grognement est un moyen de communication normal.
Non, un chien qui grogne n’est pas “méchant” ou “capricieux”. Il communique, rien de plus.
Dans une séquence comportementale normale face à une situation difficile pour le chien, celui-ci va d’abord émettre des signaux d’apaisement (regarder de côté, se lécher la truffe, cligner des yeux ect). Ces signaux peuvent être grossièrement traduits par “je ne me sens pas à l’aise dans cette situation”. Si ces signaux ne sont pas écoutés et qu’il ne peut pas s’éloigner, le chien va naturellement devoir parler plus fort : Grogner.
Quelques exemples :
Lors d’une rencontre entre chiens, Médor commence a en avoir assez que son camarade joue trop brutalement. Il va donc faire moults signaux d’apaisement pour signifier qu’il souhaite faire une pause dans le jeu. Si ce dernier ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.
Médor est en train de manger dans sa gamelle et quelqu’un s’approche de lui. Souhaitant manger tranquillement, il effectue des signaux d’apaisement pour signifier à la personne de s’éloigner. Si cette dernière ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.
Un chien qui grogne n’est pas un chien “méchant”, bien au contraire ! C’est justement parce qu’il ne veut pas en arriver à la morsure qu’il prévient que ses limites vont bientôt être dépassées.
Un chien qui souhaite mordre (et encore, être poussé à bout ou être dans un état de stress intense n’est jamais un souhait) n’a pas besoin de grogner. Il ouvre la gueule et la referme sur ce qui souhaite mordre, c’est tout.
Grogner signifie donc “éloigne-toi, arrête ou laisse-moi tranquille, je suis bientôt à bout et si tu ne m’écoutes pas je devrai me faire comprendre plus durement”.
C’est pourquoi il ne faut JAMAIS disputer le grognement, ni l’ignorer. C’est la meilleure façon de se faire croquer.
Si votre chien comprend que grogner de sert à rien (voire que cela lui apporte un inconfort de plus, comme être disputé, menacé ect), et bien… Il va arrêter de grogner ! Bah oui, pourquoi s’embêter à prévenir ?
Justement, il ne va plus prévenir. Et c’est pourtant tout l’intérêt du grognement ! Un chien qui ne grogne plus risque donc de mordre sans prévenir. Et ça, c’est très, très dangereux.
Si le chien fait moins de signaux d’apaisement (certains sont involontaires, d’autres non) et ne grogne plus, il devient très difficile d’anticiper son mal-être. Et donc une catastrophe…
Alors que faire quand son chien grogne ?
On recule lentement, on fait comprendre au chien qu’on l’écoute.
Mais surtout, on se demande POURQUOI il en est arrivé à grogner : Peut-être que je n’ai pas remarqué ses signaux ? A-t-il une douleur ? Dois-je travailler la protection de ressource ? Était-il acculé ?
Selon la réponse, il sera important de travailler ce qui a posé problème : Faire du medical training pour accepter les soins, rendre super cool le fait qu’un humain passe près de la gamelle, apprendre aux enfants ou invités le respect de l’espace du chien ect.
Petite parenthèse pour finir : Je suis parfois confrontée à des personnes qui malgré tout m’affirment que leur chien “n’a pas à me grogner dessus, c’est moi qui décide”. Si vous voulez d’un être qui se plie à toutes vos demandes sans broncher et sans vous faire part de son état émotionnel, achetez un robot ou une peluche 😉
Il ne s’agit pas ici d’accepter que son chien communique en grognant, mais de respecter son intégrité et ses émotions pour que cela n’arrive jamais !
Elle était un point d’un plus vieil article nommé “une bonne promenade”, penchons-nous aujourd’hui sur la balade silencieuse.
Alors, kézaco ?
Et bien pour une fois, c’est limpide : Il s’agit d’une balade avec notre chien où on ne va rien lui demander, rien dire.
En effet, d’ordinaire, on a tendance à beaucoup (beaucoup) parler à nos loulous. Il s’éloigne un peu trop, on l’appelle. Il s’approche à peine d’un passant, on l’appelle. Il renifle quelque chose un peu trop longtemps à notre goût, on l’appelle. On change de direction… Vous avez deviné.
Le problème, c’est qu’à un moment, votre toutou adoré va en avoir ras la casquette de revenir toutes les deux minutes et va finir par vous ignorer. Il prendra plus de temps pour vous rejoindre ou ne vous écoutera qu’une fois sur deux, sur trois… Jusqu’à plus du tout. Vous allez donc détériorer son rappel et son suivi naturel, car il préférera continuer sa balade tranquillement plutôt que d’écourter constamment ses explorations.
L’autre risque, bien que plus rare, est de créer un chien qui ne va plus du tout profiter de sa balade, avançant tout droit sans renifler ni s’écarter un tantinet du chemin. C’est ainsi que les chiots que l’on a empêché de renifler et d’explorer deviennent des adultes ne pensant qu’à avancer, tractant leur maître épuisé.
C’est à ce moment qu’intervient donc la balade silencieuse
Munissez-vous d’une longe de 10, 15 ou 20 mètres pour plus de sécurité et laissez votre chien faire sa vie… de chien. Avancez à votre rythme, sans l’appeler, mais observez le bien. Ne le prévenez pas quand vous changez de direction, laissez renifler aussi longtemps qu’il le veut, quitte à ralentir ou l’attendre. Suivez-le, parfois non.
Cela peut prendre du temps, mais le chien qui vous ignorez va commencer à vous surveiller.
En effet, voilà que son maître qui le prévenait à chaque bifurcation ou demi-tour ne lui dit plus rien du tout ! Les premières fois, il sera certainement surpris de vous voir soudainement plus loin ou ayant emprunté un chemin inhabituel. Mais petit à petit, il vous regardera plus souvent, sera plus attentif à vos mouvements.
Ainsi, vous allez travailler le suivi naturel de votre chien et son attention portée sur vous. Plus qu’à féliciter ses regards, ses retours et ses marques d’attention pour en faire un toutou beaucoup plus attentif à son maître !
Et puisque vous ne l’appelez plus à tout bout de champs, le fait d’entendre son nom après 10 minutes de silence aura bien plus d’impact. Grâce à la sécurité de la longe, vous allez donc pouvoir travailler également le rappel de votre loulou !
N’étant plus dérangé, votre chien va également se mettre à renifler plus intensément. Et comme évoqué dans “une bonne promenade”, plus votre chien renifle, mieux c’est ! Sentir de nombreuses odeurs et se concentrer est une fatigue très saine pour nos loulous qui se retrouvent apaisés.
Parfois, une bonne promenade est juste un moment de calme en forêt, à écouter les oiseaux et à observer son chien profiter à fond de sa sortie.
Ne devenez pas un bruit de fond pour votre loulou, mais quelqu’un de super intéressant à écouter, tout en donnant plus de liberté à votre chien.
Combien de fois entend-on cet éternel cliché du petit chien ?
Il est hargneux, aboie pour rien, déteste tout le monde et n’hésite pas à charger plus gros que lui en bout de laisse.
Il est aisé d’imaginer le fameux chihuahua aux babines retroussées dès qu’on s’approche de lui.
Cet article va parler du calvaire de vivre en tant que petit chien.
Proportionnellement, j’ai assez peu de petits chiens en éducation et malheureusement, cela s’explique assez facilement : Un petit chien qui tire en laisse est bien moins dérangeant qu’un molosse. Même chose s’il tire en aboyant sur les gens ou les autres chiens. Les retenir est bien plus facile.
Le problème est qu’un chien réactif, petit ou grand, est en souffrance. Qu’il s’agisse d’un manque de socialisation ou d’une réponse à un évènement traumatique, aboyer ou foncer sur les autres chiens n’est jamais l’expression d’une émotion saine.
Ces petits chiens ne sont donc pas travaillés sur leurs émotions vis à vis du monde extérieur et continuent de stresser à chacune de leur sortie.
Dans la rue, les enfants (ou les adultes…) iront beaucoup plus facilement essayer de toucher le petit chien, que lui ou son maître le veuille… Ou non. Les parents se méfieront toujours plus si leur enfant d’approche d’un cane corso que d’un bichon.
Je l’ai déjà expliqué dans un précédent post mais laissez tranquille les chiens que vous croisez dans la rue (peu importe leur taille !). Un chien (trop) sociable qui aime ça finira par aller embêter tout le monde pour avoir un câlin, à vous sauter dessus les pattes pleines de boue pour avoir votre attention (sympa pour ceux qui ont peur des chiens). Et un chien qui déteste le contact des inconnus finira par être proactif et aboyer/foncer sur tout le monde pour vous maintenir à distance.
En clair, ignorez les chiens que vous croisez dans la rue. Ce n’est pas parce qu’un petit chien est plus mignon ou abordable qu’il apprécie être touché par un inconnu et que cela n’aura pas de conséquences.
A la maison, c’est plus ou moins la même chose : Un petit chien qui grogne sera beaucoup moins pris au sérieux qu’un grand.
Combien de ces petits chiens servent de peluches vivantes, portés et câlinés à outrance sans qu’ils n’aient leur mot à dire ? S’ils grognent leur mécontentement, au mieux ils ne sont pas écoutés car pas pris au sérieux, au pire disputés car “il n’a pas à me grogner dessus”. Oserions-nous ignorer le grognement et la mise en garde d’un berger allemand ?
De ce fait, les petits chiens ont deux options :
Grogner pour absolument tout : Suite à un ras le bol général et comprenant que seul le grognement est (parfois) écouté, le petit chien va grogner dès qu’on s’approche de lui, dès qu’on le touche ou dès qu’il en a simplement marre. Ainsi est donc créé le cliché du “petit chien qui râle pour rien” : Un loulou qui a juste appris que s’il ne grognait pas, il n’était pas écouté. Certains vont aussi avoir la morsure plus facile, surtout si leur grognement n’est pas respecté.
Se résigner : Grogner ne sert à rien et comme il n’a pas un fort caractère, Kiki ne l’a pas ou peu fait. Le petit chien va donc simplement se résigner, accepter son sort. C’est ainsi que j’ai vu énormément de petits chiens être portés ou câlinés durant les séances, faisant milles et un signaux d’apaisement mais sans chercher à se défaire de ce moment qu’ils n’aimaient pas. Malheureusement, le risque est qu’un jour le chien morde sans prévenir, ayant atteint les limites de sa patience.
Dans les deux cas, le chien est en souffrance.
La méconnaissance des signaux d’apaisement est une vraie plaie pour ces loulous. Ils pourraient être compris en un regard mais se retrouvent dans un des cas ci-dessus par manque d’information.
Si on porte un petit chien et qu’il se lèche la truffe, baille, cligne beaucoup des yeux ect, il devrait être reposé au sol. Même chose si on le câline, en plus d’effectuer des tests de consentement régulièrement durant les séances câlins.
Cela vaut bien évidement aussi pour les grands chiens, mais leur “non” sera toujours plus facilement compris (non pas par respect des signaux, mais plus par crainte de se faire croquer malheureusement…). Je me répète dans chaque article, mais la connaissance des signaux d’apaisement devrait être une base lorsqu’on adopte un chien.
Enfin, les petits chiens seront souvent bien plus sujets à l’anthropomorphisme. Il s’agit de donner des intentions, peurs ou besoins propres à l’être humain à d’autres animaux. Il peut s’agir de penser que le chien se sent coupable d’avoir mâchouillé une pantoufle, alors qu’il effectue moultes signaux d’apaisement.
Mais plus spécifiquement pour nos petits chiens, il s’agira de les surprotéger, les porter à la moindre difficulté alors qu’ils ne présentaient aucun signe de stress. On a tous l’image du chihuahua dans le sac à main, mais ce chien ne peut pas vivre comme un vrai chien. Il ne peut pas trotter, sentir, explorer.
On s’imagine que comme notre loulou est petit, il aura logiquement peur plus facilement et se fera bousculer par les autres chiens. On lui interdit donc de trop s’approcher des gros vilains toutous et on tire sur la laisse au moindre soupçon de danger. A terme, on créé la réactivité de notre chien.
Attention tout de même : Oui, un petit chien a plus de risque d’être bousculé par un chien trop brusque. Oui les plus grands chiens mal socialisés auront plus facilement à les prendre en chasse.
Mais cela n’est nullement la faute de la différence de taille, simplement du manque de socialisation de l’autre chien. C’est pour cela qu’il est très important de bien sélectionner les rencontres de nos (petits) chiens, afin que même si Kiki le yorkshire rencontre Rex le berger allemand, il ne se fasse pas malmener, car notre grand loulou sera bien codé et socialisé.
Bref, ce n’est pas la taille qui compte !
Les petits chiens sont des chiens comme les autres, avec les mêmes besoins et le même développement que leurs comparses plus grands. Ils doivent être socialisés correctement pour être à l’aise dans notre monde d’humain, être éduqués pour y être en sécurité et être respectés. Ils doivent avoir le droit de dire non, de ne pas vouloir être portés ou touchés. Ils doivent pouvoir explorer, renifler et avoir des contacts sociaux.
Cet article s’adresse aux familles ayant un chien et un enfant, ou préparant l’arrivée d’un des deux.
Voir son enfant grandir avec son meilleur ami à quatre pattes, c’est certainement ce dont rêvent toutes les familles lorsqu’elles ajoutent un membre au foyer. Des heures de jeux complices, suivis d’une sieste lovés dans le canapé, cela donne envie. Mais, bon nombre de mes clients pourront le confirmer, ce n’est pas toujours facile de gérer bébé et Médor en même temps, surtout lorsque ce dernier est encore chiot ! On se retrouve avec deux enfants, chacun pouvant faire des bêtises bien spécifiques à leur espèce. Voyons donc ensemble comment favoriser le calme dans un foyer comportant chien et enfant.
Gérer l’environnement
La première chose à faire lorsque ces deux coquins vont être amenés à vivre ensemble, c’est justement de pouvoir les séparer sans en mettre un de côté. Surveiller son chiot pendant que l’on nourrit bébé, surveiller bébé pendant que l’on travaille l’éducation de son chiot, c’est loin d’être facile. On préconisera donc la mise en place de barrière pour bébé, de parc à chiot ou d’espace de jeu fermé pour l’enfant.
Le but ? Ne pas avoir besoin d’être constamment sur le qui-vive pour savoir qui des deux est en train de renverser quelque chose, permettre de faire des pauses dans les interactions et aider à l’éducation de son chiot.
En effet, si bébé renverse son dîner ou prend son goûter dans sa petite chaise, votre chien pourrait très bien aller essayer de le lui piquer, et donc de s’auto-renforcer à venir l’embêter durant ses repas. Pouvoir proposer un Kong ou tout autre objet à mâchouiller à Médor pendant que vous nourrissez votre petit bout vous permettra de rester apaisé sans devoir faire la police.
Cet aménagement de votre lieu de vie permet aussi aux deux chenapans d’avoir chacun un espace de calme où se poser lorsqu’ils ne veulent une pause. La chambre de l’enfant ne doit pas être accessible au chien (ou son espace de jeu) et le panier du chien doit être respecté comme un espace où il ne faut pas mettre les doigts (l’utilisation d’une cage (ouverte !) ou d’un parc à chiot est donc une idée intéressante).
Le chien est donc inclus dans la vie de famille tout en vous permettant de ne pas vous transformer en tour de contrôle.
Respecter et comprendre son chien
La connaissance des signaux d’apaisement est fondamentale. Connaître ces signaux vous permettra de savoir lorsque votre chien est mal à l’aise ou stressé d’une interaction avec votre enfant. Les câlins un peu trop envahissants ne sont pas appréciés de tous les chiens, loin de là.
Avant l’âge de 6 ans, on estime que beaucoup d’enfant vont prendre un chien qui grogne pour un toutou qui sourit. Ils ne peuvent donc évidement pas comprendre la subtilité d’un chien qui effectue des signaux d’apaisement bien plus discrets (cligner des yeux, tourner la tête, bailler ect). A vous donc de les connaître afin de mettre fin à l’interaction avant que Médor soit à bout.
En effet, les morsures sur les plus jeunes enfants surviennent majoritairement lors des interactions initiées par ceux-ci. On imagine très bien le chien être très mal à l’aise, ne pas être compris et en arriver à ses limites, ce qui entraine une morsure pour enfin être tranquille.
Il est donc important de superviser toutes les interactions entre l’enfant et le chien afin de déceler d’éventuels signaux d’apaisement et ainsi mettre fin à un câlin ou à un jeu que votre chien ne vit pas forcément très bien. Tapez simplement “signaux d’apaisement chien” sur Google pour entrer dans le monde fabuleux de la communication canine !
Outre cela, il sera essentiel que tous les membres du foyer montrent l’exemple : On ne s’approche pas du chien qui mange, on laisse tranquille le chien qui dort et on ne va pas l’embêter quand il est dans son panier. Et bien sûr, on apprend dès que possible à son enfant que “si Médor est dans son panier et que tu veux jouer avec lui, appelle-le ! Si il a envie de jouer, il viendra. Sinon, laisse-le tranquille”.
Un soupçon d’éducation
Évidement, avoir un chien autonome et répondant facilement à vos signaux sera d’une grande aide. Enseignez à votre chien à marcher près d’une poussette (marcher à votre rythme est très difficile pour lui, donc à ne pas faire trop longtemps !), à vous observer tranquillement lors de vos repas ou à être relax lors des jeux de l’enfant.
Il y a beaucoup d’exercices à mettre en place pour avoir un chien plus facile à vivre au quotidien. Bien sûr, adaptez vos demandes à l’âge de votre chien, son environnement et à l’état émotionnel dans lequel il se trouve.
L’adolescence chez le chien commence entre 6 et 8 mois et se termine entre 12 et 18 mois en fonction des races. Plus une race est grande, plus sa croissance va se faire lente. Les races géantes comme le terre-neuve peuvent finir leur phase pubertaire vers 2 ans !
C’est une phase bien souvent très difficile pour le chien comme pour ses humains à cause de changements hormonaux causant à leur tour des changements comportementaux.
Ce n’est pas pour rien que la majorité des chiens que je suis amenée à éduquer sont dans cette tranche d’âge.
Nous allons voir ensemble à quels changements votre petit chiot doit faire face durant son adolescence, d’abord pour pouvoir comprendre votre loulou et surtout pour l’aider au mieux à grandir sereinement !
Premièrement, votre chien grandit ! Pourtant, dans sa tête, c’est encore un petit zouave qui ne contrôle donc pas sa nouvelle force. On remarque que les adolescents deviennent plus brusques, qu’ils sont plus attirés vers leurs congénères, qu’ils écoutent moins et sont plus indépendants. On a l’impression qu’ils deviennent “excessifs” : Ils se frustrent facilement et le font savoir.
Tout cela est normal et est lié (entre autre) à la maturité sexuelle. En effet, les mâles sont en recherche de demoiselles et ces mesdames ont leurs premières chaleurs.
Votre petit chiot est maintenant un ado et cherche sa place dans le groupe social si vaste et complexe que sont les autres chiens.
Ses besoins en activités physiques et mentales augmentent : Ce n’est plus le petit bébé qui se fatiguait en 20 minutes de balade et qui dormait le reste de la journée. C’est à vous d’adapter ses activités à son âge.
On peut progressivement lui proposer des balades un peu plus longues où on le laissera renifler autant qu’il le veut. Mais surtout, on va lui proposer des objets à mâchouiller, à lécher ou à renifler afin de l’aider à se dépenser calmement.
En effet, le piège avec notre adolescent est de vouloir le fatiguer physiquement le plus possible, sans jamais lui apprendre à s’occuper à la maison, à rester calme, à ne rien faire. Voir mon article “Activités physiques et mentales”.
Votre chien n’est pas encore un adulte. Autrement dit, il continue d’évoluer, tant physiquement que mentalement.
Ainsi, comme évoqué plus haut, notre ado devient plus excessif. On le compare aisément à une petit tornade qui va surréagir à la moindre modification dans son environnement.
En soi, cela n’est pas faux : Ses émotions sont exagérées et plus difficiles à contrôler car ses neurones inhibiteurs (régulent les émotions) arriveront à maturité à la fin de l’adolescence. Il est donc normal que votre loulou ait tant de mal à se contrôler.
Durant cette phase pubertaire, on peut parfois observer une nouvelle “phase de peur”. Certaines choses autrefois tolérées par le chiot le font désormais réagir (joggeurs, voitures, autres chiens ect).
Cela est à nouveau lié aux émotions plus difficiles à contrôler, ainsi qu’à une modification du contrôle de la mémoire et des capacités d’apprentissages. Votre chien ne devient pas plus bête, bien entendu, mais nous pourrions dire pour imager qu’il fonctionne plus avec ses émotions.
C’est pourquoi une attaque de chien durant cette période est d’autant plus traumatisante.
La phase pubertaire est d’autant plus importante que si les problèmes rencontrés ne sont pas travaillés (rappel, début de réactivité ect) et bien ils s’installent !
J’ai encore beaucoup de clients qui ont malheureusement attendu que le problème se règle de lui-même et qui finissent par m’appeler parce qu’au contraire, il a empiré.
Évidement, tout est “travaillable” et chaque chien pris en charge va progresser. Mais on s’épargnerait tous beaucoup de temps et de stress en accompagnant son chiot dès son arrivée, puis en l’aidant à traverser sereinement la puberté.
Ce suivi naturel parfait de votre chiot ? Récompensez-le ! En effet, rien n’est acquis et si petit bébé remarque que le fait de vous suivre ou de vous regarder n’est pas intéressant, il y a un grand risque qu’il ne le fasse plus du tout en étant adolescent, lorsque l’environnement et les congénères deviendront plus importants à ses yeux.
Récompensez donc absolument tout ce qui est précieux à vos yeux : Une attention, une marche en laisse, un croisement nickel ect, même si à cet âge cela lui semble “facile”, c’est un investissement dont vous serez heureux à son adolescence 😉
Lorsque l’on adopte un chien, la question de son éducation se pose évidement. Néanmoins, avec toutes les informations rencontrées sur le net, il est vite possible de se perdre entre différentes méthodes.
Aujourd’hui, nous allons voir en quoi le choix de la méthode positive est meilleure que la méthode coercitive pour votre chien, tant pour son éducation en tant que telle que pour votre relation avec lui.
Vous trouverez les sources de cet article en bas de page, n’hésitez pas à les consulter !
Commençons par quelques définitions.
Nous pouvons résumer grossièrement l’éducation positive en une méthode visant à respecter les besoins du chien, tout comme son consentement et son intégrité.
Nous allons récompenser tous les comportements que nous souhaitons voir réapparaître, tout en rendant leur apparition plus probable avec une bonne gestion de l’environnement et en répondant aux besoins physiques et mentaux de son chien. Pas de cris, pas de “non” ferme complètement inutile, pas de tension sur la laisse ou le collier pour faire obéir.
La méthode coercitive (aussi appelée méthode traditionnelle) se base plus généralement sur le principe infondé de la théorie de la dominance. Si des friandises peuvent être données, on utilisera souvent des outils pour faire obéir son chien (pression sur le corps, collier étrangleur…) et on usera de menace (”non”, cris…).
Il est courant de vouloir “dominer” son chien en se montrant ferme et en appliquant des principes d’un autre temps (manger après son maître, ne pas être en hauteur, passer les portes en premier et autres joyeusetés).
Impact sur la santé (physique)
En méthode positive, nous n’utilisons aucun outil visant à contraindre le chien ou à appliquer une tension volontaire sur lui, au contraire ! Durant mes séances théoriques et étude de comportement avec mes clients, la question du collier ou du harnais se pose bien souvent. Nous avons pu voir dans un précédent article qu’il a été démontré que tous les colliers, plat comme étrangleur, blessent le chien (trachée, thyroïde, cervicales). Je conseille donc un harnais en H ou en Y, peu importe l’âge du chien. L’utilisation de la longe est également fortement recommandée.
En méthode coercitive, on vous indiquera souvent que le collier est nécessaire à l’apprentissage. Le chien recevra des coups de sonnette (tirer violemment sur la laisse) s’il ne marche pas au pied, s’il va vers un autre chien, s’il ose aller renifler une touffe d’herbe en tirant un peu…
Ces coups de sonnette appuient directement sur la trachée du chien, mais aussi sur la glande thyroïde, voire sur les cervicales si on tire pour que le chien avance. En plus de la douleur physique générée, cela entraîne des problèmes respiratoires, hormonaux, immunitaires et articulaires.
Impact sur le comportement (psychologique)
Comme évoqué plus haut, la méthode positive va consister en un renforcement de tous les comportements désirables et d’une gestion de l’environnement afin d’éviter les comportements indésirables.
Si cela est bien plus complexe qu’un résumé en une phrase, il est important de noter que nous faisons en sorte que “travailler” avec nous soit une bonne expérience pour le chien. Nous respectons ses capacités et son consentement et n’allons jamais le pousser à l’erreur pour le disputer.
En méthode coercitive, il est évident que le chien n’a pas le choix. Deux études de octobre 2019 et juillet 2020 (liens en bas de page) démontrent que les chiens éduqués en coercitif font plus de signaux de stress, sont plus pessimistes et ont un taux de cortisol plus élevé que les chiens éduqués en positif. Les chiens sont placés en détresse acquise (résignés, ne cherchent plus à fuir la douleur) et ont donc l’air obéissants, mais ils sont simplement “éteints”, de peur de faire un mauvais comportement qui leur causera douleur ou sermon.
Votre chien risque également de faire de nombreuses associations négatives. Combien ai-je de clients venant me voir après avoir essayé le collier étrangleur, se demandant pourquoi leur chien est maintenant réactif aux autres chiens ? Et bien parce qu’à chaque fois que Médor tente d’aller vers un toutou, il reçoit un coup de sonnette dans le cou. La douleur vive a été associée avec la vision d’un autre chien. “Autre chien = douleur, donc j’aboie ou je charge pour le faire s’éloigner”.
Impact sur la relation avec le maître
Une autre étude également publiée en octobre 2019 a placé différents chiens dans une pièce, en compagnie de leur maître. Un inconnu y rentre, puis le maître sort et revient quelques minutes plus tard.
Cette étude a pu mettre en lumière que les chiens éduqués en positif avaient tendance à jouer plus en présence de leur maître qu’en présence de l’inconnu, le suivaient plus et accueillaient leur maître avec plus de joie que les chiens éduqués en coercitif. En clair, la présence du maître en méthode positive aide le chien à s’exprimer et a avoir confiance en lui.
Il s’agit de la première étude démontrant un lien entre la méthode d’éducation du chien et son attachement à son maître.
Impact sur l’éducation
L’étude publiée en juillet 2020 étudiait la rapidité d’obéissance au rappel et à l’ordre “assis” en fonction de la méthode d’éducation (en plus du niveau de stress, évoqué plus haut). Les chiens éduqués en positif avaient tendance à venir plus vite au rappel et à s’assoir plus rapidement que les chiens éduqués en coercitif. Ces derniers avaient besoin d’être touchés ou tirés pour revenir ou s’assoir. L’ordre devait également être répété plus de fois pour être exécuté.
C’est donc en tout point que l’éducation positive est préférable pour votre compagnon. Une meilleure confiance, une meilleure relation et même une meilleure coopération, le tout sans douleur ou contrainte !
Évidement, cela nécessite de la patience et de la bienveillance. Il est bien plus rapided’obtenir quelque chose par la menace ! Mais à quel prix ?
La détresse acquise est un très joli mot pour désigner quelque chose de vraiment pas joli du tout.
Cela désigne, pour un être vivant, le fait de se résigner, de ne plus chercher de solution, d’accepter son sort.
Imaginons que je vous enferme dans une petite pièce remplie de grosses araignées (ou souris, serpents, à votre convenance). Vous allez certainement paniquer, tenter de fuir, essayer de les écraser ect. Mais au bout d’un certain temps, vous allez finir par vous résigner, ayant compris que quoi que vous fassiez, vous n’alliez pas sortir de cette pièce.
Face à la peur, votre cerveau n’a d’abord que deux options : La fuite (essayer de sortir de la pièce, courir partout…) et l’attaque (écraser les araignées, essayer de leur faire peur…).
Mais vient également la troisième option : La détresse acquise. Vous avez tout tenté, tout essayé, mais rien ne fonctionne. Votre cerveau s’éteint, vous n’êtes plus capable de rien, vous n’essayez même plus de trouver une autre solution.
C’est une situation terrible car si la situation est répétée, en plus du traumatisme que cela peut causer, l’individu généralisera ce sentiment d’impuissance à d’autres situations problématiques. A la moindre douleur, au moindre stress, il n’essaiera plus de s’en sortir.
Malheureusement, nos chiens sont très souvent confrontés à la détresse acquise lors qu’ils sont éduqués en méthode coercitive. Voici quelques exemples :
Votre chien a peur des autres chiens. Cela peut être dû à une mauvaise socialisation, une attaque ou tout simplement qu’il préfère sa tranquillité. Voilà que, justement, vous croisez un toutou en promenade : Votre chien ne peut pas fuir puisqu’il est attaché. Sa seule défense est donc l’attaque afin de faire fuir ce qui lui fait peur. Il aboie, charge le chien d’en face et la situation est invivable pour tous.
Un éducateur en coercitif placera votre loulou en collier étrangleur et lui prodiguera un coup de sonnette (tirer violemment sur la laisse) dès lors qu’il essaiera d’attaquer un autre chien.
Votre chien ne pouvant ni fuir en étant attaché, ni éloigner l’autre chien en aboyant ou en chargeant, se placera automatiquement en détresse acquise. Fuir et attaquer ne servent à rien, il s’éteint et se résigne à devoir supporter la présence des autres chiens malgré son stress intense.
En l’apparence, votre chien est rééduqué. Mais pour lui, c’est simplement l’enfer.
Votre chien aboie continuellement, soit par manque d’activité, soit pas stress, soit pour obtenir votre attention. La situation devient invivable et vous faites appel à un éducateur qui vous propose de mettre un collier électrique ou à la citronnelle à votre chien. A chaque aboiement, le malheureux se prendra une décharge ou un jet à l’odeur très forte, juste sous la truffe (dois-je vous rappeler le sens de l’odorat très développé du chien, imaginez ce qu’il doit ressentir…).
Incapable de fuir ce qui lui provoque de la douleur, votre chien se placera en détresse acquise. Certes il n’aboiera plus, mais à quel prix ? Le stress est toujours présent, mais il ne peut pas l’exprimer autrement (personne ne lui a appris !).
En l’apparence, votre chien est silencieux. Mais pour lui, un stress ne pouvant pas s’évacuer est la porte ouverte à l’auto-mutilation, aux TIC et comportements répétitifs.
L’éducation canine en méthode coercitive regorge de techniques pour mettre votre chien en détresse acquise. Analysez bien les conseils que certaines personnes peuvent vous donner. Parfois, il s’agit juste de faire souffrir son chien jusqu’à ce qu’il arrête de se défendre…
Attardez-vous sur la cause du comportement plutôt que sur le comportement lui-même : Manque d’activité ? Stress ? Demande d’attention ? Peur ? Travailler la conséquence sans en comprendre la cause revient à infliger un stress voire une souffrance inutile à votre chien.
“Il sait qu’il a fait une bêtise.” J’entends cette phrase assez souvent lors de mes études de comportement, généralement suivie de “il fait sa tête de coupable”.
Cet article fait suite à un précédent article nommé “Non ne veut rien dire” dans lequel nous avions vu que disputer son chien ou lui crier “non” n’arrangeait pas vraiment les mauvais comportements. Aujourd’hui, nous allons nous demander pourquoi, malgré le fait que le chien ne comprenne pas pourquoi il se fait disputer, il fait tout de même une “tête de coupable” (notez bien la présence des guillemets).
Avant toute chose, il faut savoir que votre chien n’a pas la notion d’avoir fait une bêtise. Sa morale est différente de la notre alors comment pourrait-il faire la différence entre le bien et le mal de notre point de vue ? La moralité dépend de chaque personne, de sa culture et de son vécu, alors comment une espèce aussi différente de la notre pourrait-elle partager nos valeurs ?
Pour un chien, faire ses besoins à l’intérieur n’est pas mal en soi, c’est juste… Faire ses besoins en intérieur, point. Tout comme manger une pantoufle ou piquer un bout de gâteau. C’est devant lui, à disposition et Médor est un animal opportuniste : Si l’action lui apporte du plaisir ou soulage un besoin, il va avoir tendance à recommencer.
Une bêtise de notre point de vue est donc un comportement tout à fait normal pour le chien. Il ne s’agit que d’une action, la valeur “bien ou mal” c’est nous qui l’apposons dessus.
Mais revenons à notre “tête de coupable”. Cela fait plus de 15 000 ans que les chiens vivent à nos côtés. Durant ces millénaires, ils ont été sélectionnés pour leurs aptitudes de travail (chasse, poursuite, garde…) mais aussi sur leur pure apparence physique.
Les chiens sont devenus de plus en plus expressifs : Une étude a démontré qu’un muscle supplémentaire s’est développé au dessus de l’œil du chien durant sa domestication (lien en commentaire). Ce muscle, inexistant chez le loup, permet à Médor de soulever beaucoup plus intensément ses sourcils et donc, inconsciemment mais sélectionné par l’Homme, d’être plus attendrissant. La capacité de pouvoir faire une expression très démonstrative dont celle qualifiée de “tête de coupable” a donc été sélectionnée par l’Homme.
Au fil de la domestication, les chiens ont également appris à reconnaître très rapidement et avec une extrême précision les expressions humaines. Une autre étude (lien toujours en commentaire) a pu mettre en évidence que les chiens parvenaient particulièrement bien à distinguer une expression de colère d’une expression de joie, l’une associée à du négatif et l’autre à du positif. Les chiens peuvent donc communiquer avec nous et nous lire très facilement, mais l’inverse est-il aussi vrai ?
C’est donc l’heure de parler des signaux d’apaisement. Les signaux d’apaisement sont des signaux que va faire le chien pour s’apaiser lui-même (lorsqu’on souffle un bon coup pour se détendre), apaiser le chien ou la personne en face de lui (éviter/désamorcer un conflit ou indiquer qu’il veut une pause) ou lors de rencontre avec un autre chien pour se présenter poliment. Il peut s’agir de bailler, de regarder du coin de l’oeil (blanc de l’oeil visible, également appelé oeil de baleine), de se lécher la truffe, de se secouer, de tourner la tête, se mettre sur le dos… Notez comme pas mal de ces signaux se retrouvent dans notre fameuse “tête de coupable”.
Je n’ai nommé que les principaux, mais tapez simplement “signaux d’apaisement” sur votre moteur de recherche préféré pour en découvrir toute la complexité. Tous les chiens font des signaux d’apaisement, peu importe leur éducation ou leur race (le physique de certaines races les rendent cependant plus durs à observer).
Néanmoins, certains chiens ont malheureusement appris que leurs signaux n’étaient jamais écoutés et en font donc moins que les autres. D’autres ont été séparés trop tôt de leur mère et n’ont donc pas appris à les utiliser correctement ou à les repérer chez les autres chiens. Cependant, certains signaux restent des réflexes que le chien ne contrôle pas.
Ces signaux d’apaisement sont très importants à connaître car ils vous préviennent que votre chien se sent mal à l’aise ou est stressé. Les connaître peut donc prévenir des morsures (si le chien est écouté dès les premiers signaux, il n’aura pas besoin de mordre pour s’extirper d’une situation stressante), améliorer votre relation avec votre toutou en lui montrant que vous le comprenez ou mieux gérer les interactions canines en étant capable de voir lorsque votre chien veut stopper le jeu.
Un chien faisant une “tête de coupable” ne se sent donc pas coupable, il cherche juste à apaiser un conflit parce que vous êtes visiblement en colère. Votre énervement, injustifié pour lui, provoque donc du stress et une incompréhension de sa part, ce qui détériore votre relation.
Mais alors, pourquoi certains propriétaire de chiens me disent donc : “je sais qu’il a fait une bêtise avant même de la voir, ça se voit à sa tête” ? Le chien ne se fait pas encore disputer, pourquoi aurait-il une “tête de coupable” dans ce cas ?
Et bien parce que votre chien a associé les CONSÉQUENCES d’une “bêtise” (poubelle renversée, canapé déchiqueté…) à votre énervement, pas l’ACTION en elle-même. Pour lui, ce n’est pas le fait de fouiller dans la poubelle qui provoque votre colère, mais le fait qu’elle soit renversée. Ce n’est pas mâchouiller votre magnifique canapé, mais le fait que la mousse soit étalée au sol.
Pour prouver cela, plusieurs études ont été menées et résumées dans un document PDF que vous trouverez dans les commentaires. Je vais cependant résumer deux études (une de 1977 et une de 2009) ici :
– Une chienne prénommée Nicki avait l’habitude de déchiqueter des papiers en l’absence de son maître puis se faisait disputer à son retour pour sa bêtise. Lors de l’étude, il a été demandé au maître de déchiqueter du papier avant son départ et de le mettre dans la même pièce que sa chienne avant de partir. A son retour, Nicki affichait un comportement de chien se sentant coupable alors que ce n’était pas elle qui avait déchiqueté le papier. Elle avait donc associé la PRÉSENCE du papier à la dispute, pas à l’ACTION de la destruction. C’est le fait d’avoir été grondée précédemment qui a créé chez Nicki ce comportement “coupable” face à son maître (une multitude de signaux d’apaisement pour éviter le conflit, comme nous l’avons vu plus haut).
– Dans une seconde étude, il a été demandé aux maîtres de poser de la nourriture sur une table, demander au chien de ne pas y toucher et de quitter la pièce. Certains chiens obéissaient, d’autres non. Au retour du maître, on disait alors si le chien avait respecté leur ordre. Sauf que… On mentait à certains. Des chiens qui avaient obéi étaient alors qualifiés de voleur et étaient disputés. Ils affichaient alors leur “tête de coupable”, prouvant ainsi que c’est bien le fait d’être disputé qui déclenche “l’air coupable” et non pas la désobéissance ou la bêtise commise. N’hésitez pas à lire le document PDF mis en commentaire pour creuser ce sujet.
Votre chien ne comprend donc pas pourquoi il se fait disputer et effectue des signaux d’apaisement (que l’on qualifie à tort de “tête de coupable”) afin d’apaiser le conflit. Mais que se passe-t-il si les réprimandes arrivent trop souvent ? Que les signaux d’apaisement ne sont ni compris ni écoutés ?
La punition est une source immense de stress pour nos loulous. Sans en comprendre la raison, ils se font crier dessus, disputer ou isoler. L’incompréhension et la sensation de n’avoir aucun contrôle sur la situation va provoquer du stress, libérant des hormones (cortisol) qui vont augmenter les réactions agressives ainsi que leur intensité.
Certains chiens, naturellement plus résilients et patients, pourront supporter toute leur vie ces attaques incompréhensibles sans jamais se défendre. Mais pour d’autres, il suffit d’une fois de trop pour que le chien finisse par en avoir marre et se défende. Il s’agira de grognements pouvant aller jusqu’à une morsure. Outre cela, le stress engendré par les punitions répétées va diminuer la concentration et les capacités d’apprentissage du chien et augmenter sa réactivité. Il passe en mode survie, réagissant plutôt que réfléchissant.
Disputer son chien n’a donc aucun intérêt pédagogique. Cela ne lui apprend rien, le stresse et détériore votre relation. A la place, c’est à nous d’anticiper, de gérer l’environnement, d’apprendre de nouvelles compétences et comportements alternatifs à son chien et détourner l’attention lors de situations imprévues (voir l’article “non ne veut rien dire” pour développer ce sujet). “L’air coupable” n’est qu’une construction de notre point de vue humain. Nous donnons des intentions irréelles aux chiens qui ne cherchent qu’à communiquer leur malaise.
Lorsque, lors d’une étude de comportement, je demande à mes clients quelles sont les activités de leur chien, on me parle toujours de sorties, de promenades, de sport éventuellement. Bref, d’activités physiques.
Évidemment, un chien a besoin de courir, d’explorer, de se dépenser, de rencontrer ses congénères. C’est indéniable et à ne pas négliger. Le problème, c’est qu’à penser qu’il n’existe que ça pour fatiguer un chien, on a tendance à en faire trop. Certains promènent leur chien trop longtemps et le rendent plus endurant à chaque fois, d’autres culpabilisent de le sortir peu alors que d’autres solutions existent.
A trop lancer la balle pour le faire courir, on créé une excitation chez le chien qui va mettre des heures voire des jours à disparaître. Au lieu de favoriser le calme, on créé un tourbillon d’excitation et de besoins physiques.
Mais il est bien plus rare que l’on me parle d’activités mentales. Elles sont pourtant tout aussi, voire plus, importantes que les activités physiques.
Alors les activités mentales, qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit de toutes les activités qui vont demander au chien d’utiliser ses facultés cognitives, de réfléchir, de se concentrer. Ce sont des activités qui vont avoir tendance, bien plus que les activités physiques, à calmer votre chien, à l’occuper d’une façon saine, sans le faire monter en excitation
Je compare souvent notre journée de travail avec ces activités mentales : Vous ne courrez pas toute la journée, pourtant vous êtes fatigués en rentrant le soir. Tout simplement parce que réfléchir, ça fatigue !
Et nos chiens manquent cruellement de ces activités où se concentrer, se calmer est renforcé. Voici donc quelques idées pour occuper votre chien et le faire se dépenser mentalement, avec ou sans vous. Pour leur grande majorité, elles sont associées à de la nourriture. Et pour cause : A l’état sauvage, un chien peut passer entre 6 et 8 heures par jour pour se nourrir (se déplacer, repérer, fouiller, attraper, déchiqueter ect), ce qui est bien loin des maigres minutes (voire secondes !) habituelles pour avaler sa gamelle de croquettes.
Au lieu de lui donner son repas dans sa gamelle, proposez-lui de le chercher dans le jardin, éparpillé dans l’herbe.
Disposez-le dans un jouet distributeur de croquettes (balle, Pipolino, Kong…) et laissez-le chercher comment récupérer sa nourriture. Le repas sera plus long et la digestion n’en sera que meilleure. Rechercher sa nourriture est très valorisant pour votre chien, en plus de l’obliger à utiliser son flair et à se calmer pour pouvoir manger.
Pour une bonne activité masticatoire, proposez-lui des oreilles de cochon, cou de dinde, sabot de veau, bois de cerf…
Ne lui reprenez pas pendant qu’il mastique encore ! Qui aimerait qu’on lui reprenne son assiette ? Mâchouiller est un besoin en plus d’être un plaisir, profitez-en pour combler les besoins de votre chien ! Cette activité a un effet relaxant sur votre toutou.
De temps en temps, donnez-lui un Kong fourré (pâtée, fromage blanc…) placé au congélateur au moins 2h avant afin qu’il dure plus longtemps. Un jouet à lécher, comme les Lickimat, peuvent également occuper votre chien. Un petit plaisir pour un maxi calme !
Prenez votre clicker et travaillez ses tours, encouragez le à vous proposer des choses. Bref, travaillez ensemble !
Faites toujours de petites séances pour le garder attentif et arrêtez avant qu’il finisse par se déconcentrer. Ça doit être du 100% fun pour vous deux ! En plus, cela vous permettra de travailler ses petits défauts : Bosser un peu le « tu laisses », le refus d’appât, la marche au pied, le calme lorsque la sonnette s’enclenche…
Recherche olfactive, jeux de stimulation mentale
A faire soi-même ou à acheter, ce sont des petits jeux qui demandent concentration et dextérité à votre compagnon.
Ils peuvent prendre la forme d’une bouteille remplie de croquette à faire se retourner pour en faire tomber les croquettes, d’un petit labyrinthe avec à sa clé une friandise, d’une boite à chaussure remplie de rouleaux de papier toilette à enlever pour récupérer les friandises… Il suffit de taper sur internet « jeux d’intelligence pour chien » ou « jeux de stimulation mentale pour chien afin de trouver des dizaines et des dizaines de jeux à fabriquer ou à acquérir !
Ces jeux doivent être adaptés à l’âge et au degré de patience de votre chien. Donner un jeu trop compliqué à un chien naturellement impatient ou dans un fort état d’excitation risque de l’énerver encore plus.
Il existe une multitude d’objets ou d’activités à donner à votre chien pour le dépenser mentalement. De toutes les difficultés et pour tous les budgets. La seule chose qui ne change pas, c’est que votre loulou sera enchanté à l’idée de devoir utiliser son flair ou sa tête pour obtenir quelque chose !
Lorsque l’on va adopter un chien ou un chiot, le choix de lui mettre un collier ou un harnais se pose bien souvent.
Qu’est-ce qui est le plus solide, le plus économique, le plus confortable, le plus joli, le plus pratique ?…
Pour ma part, je privilégie le confort et la sécurité du chien.
Le collier
Le collier a beau être pratique et économique, il comporte bien plus d’inconvénients pour votre chien que d’avantages
► Il est douloureux, peu importe sa matière, source : Veterinary Record, avril 2020 (lien de l’article) :
« Huit colliers différents (en cuir, métal ou encore en corde) ont été testés sur un cylindre simulant le cou d’un chien et soumis à des forces plus ou moins intenses, correspondant à de petits à-coups répétés jusqu’à un grand coup sec.
Résultat : tous les types de colliers, même les plus rembourrés, exercent une pression trop importante autour du cou, pouvant provoquer des lésions des tissus et endommager l’œsophage.
Un risque potentiellement plus élevé pour les races sujettes à des problèmes respiratoires comme les carlins ou les shih tzus, car le collier appuie aussi sur la trachée. »
► Du fait du conditionnement classique, le chien va constamment faire des associations négatives.
Exemple : « J’ai peur des voitures. Une voiture passe, je m’éloigne brusquement ou attaque pour la faire fuir, le collier m’étrangle → Les voitures apportent de la douleur, je vais encore plus en avoir peur ». Cela vaut pour absolument tous les déclencheurs.
Vous pouvez bien sûr mettre un collier à votre chien auquel est attachée une médaille avec votre numéro de téléphone s’il se perd. Mais je déconseille fortement d’y accrocher une laisse et d’y exercer la moindre pression.
Dans tous les cas, un harnais est une meilleure solution.
Les harnais « en T »
Et oui, car même parmi les harnais, tous ne se valent pas.
Les harnais en T forment, comme leur nom l’indique, un T lorsque l’on regarde le chien de côté. Une barre horizontale couvre les épaules et le poitrail du chien, une barre verticale fait le tour de son ventre.
C’est le cas des harnais Julius-K9 par exemple.
Ces harnais ne sont pas adaptés à la morphologie des chiens. La bande horizontale vient appuyer sur la trachée si le chien tire. De plus, elle bloque le mouvement des épaules, ce qui est gênant pour les articulations de votre loulou. Imaginez-vous marcher avec un pantalon arrivant à mi-cuisses ! Il n’est bon, ni pour le confort, ni pour la santé de votre chien.
Les harnais « en Y » ou « en H »
Le harnais en Y forme justement un Y quand on regarde le poitrail du chien. Le harnais en H forme un H lorsque l’on regarde le dos du chien. Ces deux harnais se valent, la seule différence est que le H est souvent plus fin et convient donc mieux aux petits chiens. Ils sont souvent également moins cher, donc plus pratique lorsque l’on a un chiot en pleine croissance.
Ces harnais libèrent les épaules et n’appuient ni sur la trachée, ni sur l’œsophage du chien. En effet, si votre toutou se met à tirer, le harnais appuie sur le sternum, un peu plus bas que la trachée. Ainsi votre chien peut courir et se baisser pour sentir le sol sans aucune gêne.
C’est l’exemple de marques telles que TrueLove, Ruffwear, DogsCreek ou Eagloo.
Ce sont les harnais les plus adaptés à la morphologie des chiens.
Les harnais anti-traction
Ces harnais ont pour but de déstabiliser le chien lorsqu’il tire afin de soulager le maître.
Soit avec une attache sur le poitrail qui fait pivoter les épaules du chien lorsqu’il tire et lui enlève sa force de traction, soit avec des sangles passant sous les aisselles qui vont compresser le chien lorsqu’il tire. Ce dernier cas est douloureux pour le chien, je ne le recommande donc absolument pas.
Ne résolvant aucunement le problème du chien qui tire, je recommande toutefois ce premier type de harnais anti-traction (avec attache sur le poitrail) aux maîtres de chiens puissants durant l’apprentissage de la marche en laisse afin de les soulager pendant ce laps de temps. Il permet au maître fatigué de pouvoir travailler correctement, mais ce n’est pas une fin en soi. Le but est de passer dès que possible à un harnais en Y ou en H.