Il arrive parfois qu’en séance théorique, lorsque je m’informe sur la routine du chien, le maître me dise “il dort avec nous dans la chambre”. S’en suit un air coupable, comme s’il attendait que je lui reproche quelque chose. Même chose lorsqu’une personne me demande “mon chien peut-il monter sur le canapé ?”
Ces personnes ont lu ou reçu tellement de conseils contradictoires, ou entendu qu’il ne fallait surtout pas faire ci ou ça avec leur loulou malgré leurs envies, qu’elles s’attendent à se faire enguirlander en me racontant leur mode de vie.
Certains maîtres m’expliquent d’amblé qu’ils ne veulent pas d’une éducation stricte, d’un chien avec une marche au pied parfaite ou que Médor sache faire milles et un tricks. Comme si c’était tout naturel que l’éducateur leur propose ce genre d’ambition.
Alors qu’on se le dise, chacun est libre de choisir son “niveau d’éducation” ainsi que ses règles à la maison. C’est ok !
Vous avez le droit de ne pas vouloir une marche au pied du tonnerre, que toutou tire en laisse ou de ne lui apprendre aucun tour du tout. Vous avez le droit de ne pas vouloir travailler telle ou telle problématique, tant qu’elle ne dégrade pas la vie de votre chien.
Vous avez le droit de vouloir dormir avec votre chien, qu’il monte sur le canapé, qu’il vous saute dessus quand vous rentrez du travail. Vous avez le droit d’être ok avec ses aboiements à la fenêtre, qu’il dorme où il veut ou qu’il mange à volonté.
Ce sont vos règles, dans votre maison.
Non, ça ne fera pas de lui un chien mal-élevé, une tornade vivant ou pire, un “dominant” (concept totalement erroné, prouvé comme étant faux depuis plusieurs dizaines d’années. Je vous conseille l’excellent article de Cynotopia sur le sujet).
Et si votre voisin écarquille les yeux lorsque vous lui dites que Rex dort avec vous, c’est son problème, pas le votre.
Et c’est aussi ok de ne pas vouloir que son chien dorme dans le lit ou de vouloir conserver son canapé sans poil. Vous faites comme vous voulez ! L’important est que vos règles soient constantes, au risque que votre loulou soit perdu et s’en agace.
Profitez de la vie avec votre chien comme bon vous semble, tous les deux affalés dans le canapé, heureux de vous revoir ou n’osant pas trop bouger dans le lit de peur de le réveiller. Parce qu’on sait tous que dormir avec ses animaux, c’est leur laisser 80% de l’espace
Lors de l’éducation ou rééducation d’un chien, nous cherchons à éviter les associations négatives.
Ce sont des situations dans lesquelles notre chien va associer un stimuli neutre à quelque chose de négatif . A force de répétition de cette situation, le stimuli neutre deviendra un stimuli aversif en lui-même (conditionnement associatif ou classique).
Imaginez qu’à chaque fois que vous voyez disons, une gomme, je vous crie dessus, vous recevez un coup, vous avez mal quelque part ect. A force de répétitions, la simple vue de la gomme, même sans ajout d’un stimuli négatif, vous fera peur ou vous agacera. Parce qu’elle fera naître en vous l’attente de quelque chose de négatif.
Pour nos loulous, les exemples sont nombreux :
Si Médor voit un chien (stimuli neutre), qu’il s’en approche et qu’il se fait crier dessus (stimuli négatif), il finira par se dire que les chiens, c’est vraiment pas top.
Si Croquette croise un humain (stimuli neutre) et qu’il se fait caresser de toute part alors qu’il n’aime pas ça ou que cela lui fait peur (stimuli aversif), alors il se méfiera des autres humains qu’il croisera, de peur qu’ils ne viennent vers lui.
Si Loustic mange son repas, qu’un humain s’approche (stimuli neutre) et que cette personne met la main dans sa gamelle, le touche ou l’embête sous prétexte de “lui apprendre à être dérangé” (stimuli aversif), alors la présence humaine lors du repas sera source de méfiance.
Notre chien peut finir par devenir réactif aux chiens, aux humains ou autres, alors qu’il n’avait rien contre eux à la base. Il ne fait qu’anticiper une douleur, un inconfort, un mauvais moment…
De ce fait, il peut maintenant essayer de fuir ce qui a été conditionné comme aversif, l’attaquer pour le maintenir à distance, être en colère et charger…
On peut aussi empirer une situation déjà existante : Si Rex charge les voitures et que son collier étrangleur se resserre autour de son cou à ce moment là, il associe les voitures à la douleur . Ce qui ne risque pas d’améliorer la situation.
Il faut donc éviter un maximum les situations dans lesquelles notre chien pourrait faire une association négative. Comment ?
En demandant aux passants de ne pas toucher notre chien, en restant calme lors des contextes difficiles, en le promenant en harnais ergonomique en Y pour ne pas qu’il s’écrase la trachée en cas de déclenchement…On anticipe les situations à risque pour ne pas mettre notre chien en difficulté, physique ou émotionnelle.
Bref, on évite d’ajouter une douleur, un stress, un moment désagréable, à une situation neutre ou déjà aversive pour notre chien. Pour ne pas créer d’association négative ou en empirer une déjà présente.
Vous êtes en voiture, pressé d’arriver à votre destination. Et là, devant vous, une personne roulant à faible allure que vous ne pouvez pas dépasser
Vous marchez promptement sur un trottoir étroit, en retard à votre rendez-vous au bout de la rue. Et là, devant vous, une personne se promenant tranquillement… A son rythme dirons-nous, que vous ne pouvez donc pas non plus dépasser
Vous trépignez, agacé de ne pas pouvoir continuer votre route à votre rythme, frustré de retarder le moment où vous arriverez à destination.
C’est exactement ce que peut ressentir votre chien lorsque vous lui demandez de marcher à votre rythme.
En effet, le chien marche en moyenne à 15km/h, contre 4 ou 5km/h de notre côté. En ce sens, le simple fait de marcher à notre rythme est difficile pour Toutou.
Exiger une marche au pied à un chien qui n’est pas sorti de la journée relève, à mon sens, d’une difficulté inutile à soumettre à notre loulou.
Outre la vitesse, notre façon de nous promener est diamétralement opposée : Nous avons tendance à marcher à un rythme plutôt tranquille mais constant, là où le chien vatrottiner jusqu’à un endroit à renifler, s’arrêter puis repartir de plus belle.
Là où l’humain est plutôt constant, le chien va énormément varier son rythme et sa direction pour renifler toutes les odeurs intéressantes qui croiseront son chemin.
Rappelons qu’il est important de laisser notre chien renifler un maximum de choses : C’est ça qui le fatigue réellement durant la balade. Et surtout s’il est resté enfermé plusieurs heures, laissez-le profiter de sa promenade !
De plus, le chien est sujet au réflexe de traction. Ce réflexe qui existe chez d’autres animaux, comme le cheval, fait que l’individu oppose sa force à celle qui lui est appliquée. Poussez légèrement votre chien et vous sentirez qu’il vient s’appuyer sur vous, il fait opposition à votre poussée. C’est pour cela que l’on voit beaucoup de chiens continuer de tirer à s’en étrangler, malgré la douleur : On le tire vers l’arrière, il tire vers l’avant.
L’envie d’avancer peut être tout simplement plus forte que la douleur : Toutou a mal, mais tirer lui permet d’accéder plus vite aux odeurs, de continuer d’avancer ou d’aller où il le souhaite.
Alors comment faire ?
Avec la majorité des chiens avec qui j’ai pu travailler, le simple fait de passer d’une laisse courte de 1,5 mètres à une longe d’au moins 5 mètres réduit drastiquement la tension. Médor pourra aller renifler ce qu’il veut sans avoir à vous tracter, car la longueur sera suffisante pour qu’il puisse explorer à sa guise.
Évidement, la marche en laisse est un apprentissage comme un autre, que je différencie de la marche au pied : Marcher en laisse, c’est marcher sans tension, tout simplement. Marcher au pied (contre la jambe du conducteur) demande un effort supplémentaire au chien pour s’adapter à notre rythme et rester concentré.
La marche au pied et en laisse peuvent être travaillées lors des cours d’éducation, mais il sera toujours important de se rappeler pourquoi notre chien tire et ses différences mécaniques avec l’humain, afin de lui proposer des promenades agréables.
Dernièrement, j’ai eu une conversation avec un client au sujet d’un chien dans la famille qui n’était pas du tout éduqué. Je vais exagérer mais admettons que ce chien saute sur les gens, vole et quémande à table. Bouh la petite canaille !
C’est l’occasion pour moi d’évoquer le conditionnement opérant : Lorsque votre chien effectue un comportement et qu’il lui apporte quelque chose d’agréable, ce comportement sera amené à être refait. Le comportement est opérant.
Médor s’assoit, il a une récompense, il s’assiéra plus souvent = Le comportement “s’assoir” est opérant.
Médor saute pour avoir sa gamelle, la gamelle ne descend pas au sol, il sautera moins = Le comportement “sauter devant la gamelle” est inopérant.
Le conditionnement opérant est utilisé en éducation canine, notamment avec les jeux et les récompenses. Mais j’aimerai évoquer les myriades de comportements que votre chien apprend seul, en faisant ses petites expériences, malgré vous.
Un chien apprend constamment, même (surtout !) hors des séances d’éducation.
En effet, revenons à notre chien “pas éduqué”. Appelons-le… Mascotte.
Mascotte a appris énormément de comportements, renforcés par ses maîtres sans qu’ils ne le sachent : Si Mascotte saute, il a de l’attention. Le comportement de sauter est opérant, il compte bien le refaire ! Si Mascotte pleurniche à table, hop un délicieux bout de poulet apparaît. Évidement qu’il compte bien le refaire !
Mais est-il “pas éduqué” ? Pour notre œil humain, non, bien sûr. Mais pourtant, ce chien a appris énormément de choses ! Il a appris que sauter sur les gens allait lui donner de l’attention, que monter sur la table allait lui donner de la nourriture et que quémander était suivi d’un délicieux bout de poulet (j’adore le poulet, oui ).
C’est pourquoi il est très important de faire attention à ce qu’on récompense et quand on le récompense, à bien gérer notre environnement et nos réactions face à un comportement.
Si Mascotte saute sur ses maîtres lorsqu’ils rentrent et qu’ils le disputent ou le repoussent, il a quand même de l’attention : Parfois vouloir punir un comportement revient à le renforcer, Mascotte apprend à sauter.
Si Mascotte gratte ou aboie pour avoir de l’attention, qu’on l’ignore, qu’il insiste et qu’on craque, qu’on s’énerve ou qu’on lui fait une caresse pour qu’il se taise, il a quand même eu de l’attention : Réagir alors qu’on s’était décidé à ignorer nous fait entrer dans un cercle vicieux, Mascotte apprend à insister. Et plus on craquera, plus il insistera.
C’est à nous de rester ferme avec nos règles établies et d’être conscient de nos réactions. Car nos actions peuvent récompenser ou punir un comportement de notre chien. Toutou est un fin observateur, il ne commettra pas l’erreur de ne pas être attentif à vos réactions.
Si Mascotte pique une chaussette qui traîne et vous fait courir dans le jardin pour la rattraper, il apprend que voler les chaussettes amène le jeu.
Si Mascotte mordille un pied de chaise et que c’est seulement lorsqu’il le fait qu’il obtient votre attention, il apprend que mordiller les pieds de chaise vous fait venir.
C’est à nous de correctement gérer l’environnement (ranger, mettre en hauteur, protéger ect) pour ne pas que d’autres “mauvais” comportements soient possible, pour ne pas que notre chien s’auto-renforce.
Si Mascotte effectue un comportement jugé comme “indésirable” et qu’il y retire quelque chose de gratifiant, il y a de fortes chances qu’il recommencera. Alors autant éviter qu’il ne le fasse en premier lieu !
Vous l’aurez compris, notre chien effectue tout un tas de comportements dans la journée, qu’ils soient bons ou mauvais à nos yeux. Ou plutôt, qu’on souhaite voir renforcés ou non.
Dans ce cas, c’est tout simple : A nous d’être attentif, de mettre tout en place pour n’avoir plus qu’à récompenser les comportements proposés par notre chien !
Par exemple, admettons que je ne veux pas que Mascotte monte sur le canapé . Dès qu’il monte, je me met dans tout mes états, le pousse, le dispute ect. Mais quand il est dans son panier, je l’ignore. Qu’apprend Mascotte ? Que monter dans le canapé c’est trop cool, mon humain joue avec moi et me donne un max d’attention !
Mais si, à la place, je fais en sorte qu’il ne puisse pas monter dans le canapé quand je ne suis pas là et que je rend son panier ultra attractif (gestion d’environnement), que je lui demande de descendre du canapé dans le calme, sans en faire des caisses (je maîtrise mes réactions) et que, SURTOUT, je le récompense quand il va dans son panier de lui-même, Mascotte apprend qu’aller dans le panier c’est super génial !
On se focalise souvent sur les mauvais comportements de notre chien, sans prendre la peine de renforcer, récompenser, valider tout ses bons comportements. On les prend pour acquis, on les ignore ou on n’y prête pas vraiment attention.
A nous de rendre les comportements que l’on souhaite revoir hyper intéressants !
L’éducation ou la rééducation d’un chien peut être éprouvante. Notre petit chiot fait des bêtises et semble parfois infatigable, notre chien réactif ne progresse que lentement. C’est long, il y a des hauts et des bas et parfois on se sent impuissant, fatigué.
Nous sommes des êtres humains. Il est normal d’avoir envie de s’énerver, d’être frustré, fatigué ou d’en avoir marre. L’éducation positive demande du calme et de la bienveillance, choses qu’il est impossible d’avoir constamment. On ne peut pas être à 100% tous les jours.
Comme pour nos amis à quatre pattes, il y a des jours avec et des jours sans. On peut être fatigué à cause de notre travail, devoir s’occuper des enfants, être stressé à cause d’une nouvelle responsabilité ou tout simplement avoir une douleur quelque part.
A cause de cela, on risque d’être moins patient et cela en pâtira sur notre séance d’éducation. C’est pourquoi je dis souvent à mes clients que s’ils ne le sentent pas, il ne vaut mieux pas travailler avec leur chien ce jour-là.
Aussi, lorsqu’on a un chien réactif, tout est plus éprouvant. On calcule nos heures de sorties en fonction de celles des autres, on surveille autour de nous et on se tend, même inconsciemment, à la vue d’un déclencheur. Finalement, on devient aussi réactif que notre loulou.
Alors il est parfois bon de s’accorder une pause, de sortir sans notre canaille pour profiter de la nature sans se transformer en tour de guet. Se détendre paisiblement, se désensibiliser en somme.
Et pourtant, rien de tout cela ne signifie qu’on n’aime pas nos chiens.
Ils nous apportent tant de joie, tant de bonheur. Des câlins, des rires, des bons souvenirs. Tout n’est pas blanc dans la vie, mais tout n’est pas noir non plus.
Peut-être qu’il détruit, qu’il est réactif ou facilement excité. Mais il est peut-être super câlin, collant, toujours prêt à vous suivre dès que vous lui proposez de passer un peu de temps avec lui.
Votre toutou est un membre de la famille, avec ses qualités et ses défauts, mais surtout avec un amour incontestable pour vous.
Ça ne veut pas non plus dire qu’on souhaite arrêter le travail.
La modification comportementale et émotionnelle d’un chien réactif peut prendre beaucoup de temps. Il y aura des hauts et des bas, des moments où on se demande si on avance quelque part.
Ces doutes sont tout à fait normaux quand on voit la montagne de travail qui semble s’élever devant nous. Pourtant, ça ne veut pas dire qu’on ne veut plus la gravir.
Les échecs, les coups de mou ou les doutes arrivent à tout le monde. Le tout est de ne pas se décourager et de continuer d’avancer. Et si on ne travaille pas notre loulou aujourd’hui, ce n’est pas grave !
Comment être un bon guide pour notre chien si nous sommes nous-mêmes stressé, sur les nerfs ou anxieux ? Prenons soin de nous pour pouvoir leur donner le meilleur de nous-mêmes !
Lorsqu’on fait appel à moi pour l’éducation d’un tout jeune chiot, les objectifs sont souvent nombreux et clairs : Assis, couché, pas bouger, marche au pied, rappel ect. On veut “l’éducation de base”
S’en suit le premier rdv et tout ces objectifs sont troqués contre ce qui est réellement nécessaire pour un chiot : La socialisation, le rappel, le suivi naturel
A vrai dire, je n’ai travaillé le “assis” avec un client qu’une seule fois.
En effet, tout ces ordres de base ne sont d’aucune utilité pour un chiot de 3 mois. A cet âge, bébé chien doit découvrir le monde, apprendre à apprécier votre contact, être socialisé correctement, être renforcé pour ses regards et son suivi en balade
C’est ça le plus important. Ce sont ça les apprentissages primordiaux avec un chiot.
Qu’il sache s’asseoir sur demande ne vous sera d’aucune utilité s’il a une peur des gens dans la rue. Qu’il marche au pied vous sera inutile s’il préfère tirer pour aller voir tous les chiens qu’il croise. Qu’il sache se coucher sur demande se servira à rien s’il n’a aucun rappel
Posez vous 30 secondes et demandez-vous vraiment si avoir un toutou connaissant le “assis, couché, au pied” vous sera (ou vous est) utile dans la vie de tous les jours
Non, on préfère largement un chien qui ne sait pas s’asseoir mais qui peut être lâché en balade, rencontrer des congénères dans le calme ou les ignorer si besoin
A son arrivée, votre chiot est en pleine phase de socialisation. C’est une étape très importante dans le développement du chiot, se déroulant de ses 3 semaines à ses 3 mois.
Durant ces quelques semaines, le chiot doit découvrir un maximum de choses (humains, chiens, véhicules, autres animaux et environnements ect) car son cerveau est en pleine imprégnation.
Bébé chien va découvrir le monde des humains et s’y habituer pour être un chien adulte équilibré et calme en extérieur
Si votre chiot ne sort pas assez durant cette phase de socialisation ou si celle-ci est mal faite (expériences négatives, immersion…), il aura beaucoup plus de chances d’être craintif ou anxieux en extérieur, de développer de la réactivité
C’est aussi durant cette phase et jusqu’à l’adolescence (environ 6 mois) que notre chiot nous suit partout. Il est très important de renforcer ce suivi naturel, de lui faire comprendre que c’est top de faire attention à nous en extérieur
Car en effet quelques semaines plus tard nous serons face à un jeune adolescent voulant explorer et aller voir les copains. Le rappel et le suivi naturel vont se dégrader et c’est là que votre travail durant ses premiers mois aura eu toute son importance
Évidement qu’il est possible d’apprendre des tours à son jeune chien, mais ce n’est clairement pas la priorité lorsqu’il arrive à la maison !
Construire une relation de confiance, le socialiser correctement, renforcer son suivi naturel et son rappel.
Bien qu’ayant l’impression d’en voir de moins en moins, j’aimerai faire un point sur l’utilisation de la cage.
(On parle bien ici d’une cage fermée, pas d’une caisse de transport ouverte qui servirait de couchage ni d’un parc à chiot d’une taille suffisante pour y permettre de jouer)
Généralement, la cage est utilisée pour :
Apprendre la propreté : Puisque le chiot ne fait naturellement pas ses besoins là où il dort, il ne fera pas dans sa cage, se retiendra plus longtemps et sera donc plus facile à surveiller.
Gérer les destructions durant la solitude : Forcément, pas facile de mâchouiller le canapé quand on est enfermé.
Sauf que…
Dans le cas de l’apprentissage de la propreté, être enfermé peut développer de graves troubles physiques et comportementaux chez notre chiot.
En effet, si bébé chien arrive à se retenir, c’est aux prix d’énormes efforts pour ses sphincters encore immatures, ce qui pourrait causer des problèmes urinaires par la suite. Rappelons qu’avant 8-10 mois, il est tout à fait normal qu’un chiot ait du mal à se retenir, son système urinaire n’est pas encore mature.
En outre, si notre chiot n’en peut plus du tout et qu’il finit par craquer, il “désapprendra” les normes de son espèce (à savoir ne pas faire là où il dort) et aggravera d’autant plus la fréquence de ses accidents.
Enfin, pendant qu’il est dans sa cage, il ne fait aucun apprentissage, aucun découverte. Rappelons que la période de socialisation (jusqu’à 3 mois, 4 mois maximum) est l’une des périodes les plus importantes dans le développement comportemental du chiot. Rater de précieux moments d’enseignements, d’exploration ou de création de lien avec son chiot par crainte d’un malheureux pipi est tragique pour son développement futur !
Concernant l’utilisation de la cage pour gérer les destructions, elle omet la plus importante des questions : Pourquoi mon chien détruit ?
En effet, il est certain qu’en étant enfermé, notre loulou n’aura plus rien à détruire. Mais la raison qui le poussait à mâchouiller est toujours là. C’est pourquoi avant toute chose il est important de prendre du recul pour comprendre pourquoi Médor a fait la peau à notre beau canapé.
Il peut s’agir d’ennui : Avait-il quelque chose pour s’occuper durant plusieurs heures ?
Ou d’un chiot qui fait ses dents : Avait-il des jouets de différentes textures, gardés de côté avant l’absence pour les rendre plus attrayants ?
Ou d’anxiété : Lui ai-je appris à rester seul progressivement, sans stress ?
Ou encore d’un manque d’activité : Mon chien est-il assez sorti avant sa balade ? Ses besoins physiques et mentaux sont-ils comblés ?
Ou… Autant de raisons qu’il y a de chiens et de contextes.
Le problème de la cage, c’est qu’elle cache le problème, elle ne le résout pas.
Dans le “meilleur” des cas, toutou va se résigner : Il ne se sent pas mieux, mais ne va simplement plus exprimer son mal-être Cela va naturellement augmenter celui-ci, sans que l’humain ne le remarque.
Et dans d’autres cas, ou jusqu’à ce que le chien résigné ne finisse par craquer, toutou peut aller jusqu’à s’auto-mutiler tant l’anxiété constante sera difficile à gérer pour lui (se gratter, se lécher ou se mordiller jusqu’au sang).
La cage n’est donc qu’un “cache misère”, résolvant le mauvais comportement sans s’attarder sur la cause de celui-ci, laissant le chien seul avec son manque d’activité ou son stress.
Elle ne permet pas non plus de travailler son toutou puisqu’elle supprime toute proposition de comportement.
Je trouve que son apprentissage devrait néanmoins être nécessaire :
Notre chien sera certainement amené à voyager (vacances, déménagement…) et une cage de transport sera toujours plus sécuritaire qu’un harnais attaché à la ceinture de la voiture
En cas de gros problème de santé, notre loulou peut aussi devoir passer quelques jours chez le vétérinaire pour rester en observation. Il sera donc en cage et un apprentissage de l’enfermement lui permettra de moins stresser. Il devra peut-être aussi rester immobile à son retour à la maison.
Il faut donc tout de même travailler le fait d’être enfermé à des moments bien choisis, très progressivement et sans jamais mettre le chien en difficulté.
Le grognement est un moyen de communication normal.
Non, un chien qui grogne n’est pas “méchant” ou “capricieux”. Il communique, rien de plus.
Dans une séquence comportementale normale face à une situation difficile pour le chien, celui-ci va d’abord émettre des signaux d’apaisement (regarder de côté, se lécher la truffe, cligner des yeux ect). Ces signaux peuvent être grossièrement traduits par “je ne me sens pas à l’aise dans cette situation”. Si ces signaux ne sont pas écoutés et qu’il ne peut pas s’éloigner, le chien va naturellement devoir parler plus fort : Grogner.
Quelques exemples :
Lors d’une rencontre entre chiens, Médor commence a en avoir assez que son camarade joue trop brutalement. Il va donc faire moults signaux d’apaisement pour signifier qu’il souhaite faire une pause dans le jeu. Si ce dernier ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.
Médor est en train de manger dans sa gamelle et quelqu’un s’approche de lui. Souhaitant manger tranquillement, il effectue des signaux d’apaisement pour signifier à la personne de s’éloigner. Si cette dernière ne l’écoute pas, Médor grognera pour mieux se faire entendre.
Un chien qui grogne n’est pas un chien “méchant”, bien au contraire ! C’est justement parce qu’il ne veut pas en arriver à la morsure qu’il prévient que ses limites vont bientôt être dépassées.
Un chien qui souhaite mordre (et encore, être poussé à bout ou être dans un état de stress intense n’est jamais un souhait) n’a pas besoin de grogner. Il ouvre la gueule et la referme sur ce qui souhaite mordre, c’est tout.
Grogner signifie donc “éloigne-toi, arrête ou laisse-moi tranquille, je suis bientôt à bout et si tu ne m’écoutes pas je devrai me faire comprendre plus durement”.
C’est pourquoi il ne faut JAMAIS disputer le grognement, ni l’ignorer. C’est la meilleure façon de se faire croquer.
Si votre chien comprend que grogner de sert à rien (voire que cela lui apporte un inconfort de plus, comme être disputé, menacé ect), et bien… Il va arrêter de grogner ! Bah oui, pourquoi s’embêter à prévenir ?
Justement, il ne va plus prévenir. Et c’est pourtant tout l’intérêt du grognement ! Un chien qui ne grogne plus risque donc de mordre sans prévenir. Et ça, c’est très, très dangereux.
Si le chien fait moins de signaux d’apaisement (certains sont involontaires, d’autres non) et ne grogne plus, il devient très difficile d’anticiper son mal-être. Et donc une catastrophe…
Alors que faire quand son chien grogne ?
On recule lentement, on fait comprendre au chien qu’on l’écoute.
Mais surtout, on se demande POURQUOI il en est arrivé à grogner : Peut-être que je n’ai pas remarqué ses signaux ? A-t-il une douleur ? Dois-je travailler la protection de ressource ? Était-il acculé ?
Selon la réponse, il sera important de travailler ce qui a posé problème : Faire du medical training pour accepter les soins, rendre super cool le fait qu’un humain passe près de la gamelle, apprendre aux enfants ou invités le respect de l’espace du chien ect.
Petite parenthèse pour finir : Je suis parfois confrontée à des personnes qui malgré tout m’affirment que leur chien “n’a pas à me grogner dessus, c’est moi qui décide”. Si vous voulez d’un être qui se plie à toutes vos demandes sans broncher et sans vous faire part de son état émotionnel, achetez un robot ou une peluche 😉
Il ne s’agit pas ici d’accepter que son chien communique en grognant, mais de respecter son intégrité et ses émotions pour que cela n’arrive jamais !
Elle était un point d’un plus vieil article nommé “une bonne promenade”, penchons-nous aujourd’hui sur la balade silencieuse.
Alors, kézaco ?
Et bien pour une fois, c’est limpide : Il s’agit d’une balade avec notre chien où on ne va rien lui demander, rien dire.
En effet, d’ordinaire, on a tendance à beaucoup (beaucoup) parler à nos loulous. Il s’éloigne un peu trop, on l’appelle. Il s’approche à peine d’un passant, on l’appelle. Il renifle quelque chose un peu trop longtemps à notre goût, on l’appelle. On change de direction… Vous avez deviné.
Le problème, c’est qu’à un moment, votre toutou adoré va en avoir ras la casquette de revenir toutes les deux minutes et va finir par vous ignorer. Il prendra plus de temps pour vous rejoindre ou ne vous écoutera qu’une fois sur deux, sur trois… Jusqu’à plus du tout. Vous allez donc détériorer son rappel et son suivi naturel, car il préférera continuer sa balade tranquillement plutôt que d’écourter constamment ses explorations.
L’autre risque, bien que plus rare, est de créer un chien qui ne va plus du tout profiter de sa balade, avançant tout droit sans renifler ni s’écarter un tantinet du chemin. C’est ainsi que les chiots que l’on a empêché de renifler et d’explorer deviennent des adultes ne pensant qu’à avancer, tractant leur maître épuisé.
C’est à ce moment qu’intervient donc la balade silencieuse
Munissez-vous d’une longe de 10, 15 ou 20 mètres pour plus de sécurité et laissez votre chien faire sa vie… de chien. Avancez à votre rythme, sans l’appeler, mais observez le bien. Ne le prévenez pas quand vous changez de direction, laissez renifler aussi longtemps qu’il le veut, quitte à ralentir ou l’attendre. Suivez-le, parfois non.
Cela peut prendre du temps, mais le chien qui vous ignorez va commencer à vous surveiller.
En effet, voilà que son maître qui le prévenait à chaque bifurcation ou demi-tour ne lui dit plus rien du tout ! Les premières fois, il sera certainement surpris de vous voir soudainement plus loin ou ayant emprunté un chemin inhabituel. Mais petit à petit, il vous regardera plus souvent, sera plus attentif à vos mouvements.
Ainsi, vous allez travailler le suivi naturel de votre chien et son attention portée sur vous. Plus qu’à féliciter ses regards, ses retours et ses marques d’attention pour en faire un toutou beaucoup plus attentif à son maître !
Et puisque vous ne l’appelez plus à tout bout de champs, le fait d’entendre son nom après 10 minutes de silence aura bien plus d’impact. Grâce à la sécurité de la longe, vous allez donc pouvoir travailler également le rappel de votre loulou !
N’étant plus dérangé, votre chien va également se mettre à renifler plus intensément. Et comme évoqué dans “une bonne promenade”, plus votre chien renifle, mieux c’est ! Sentir de nombreuses odeurs et se concentrer est une fatigue très saine pour nos loulous qui se retrouvent apaisés.
Parfois, une bonne promenade est juste un moment de calme en forêt, à écouter les oiseaux et à observer son chien profiter à fond de sa sortie.
Ne devenez pas un bruit de fond pour votre loulou, mais quelqu’un de super intéressant à écouter, tout en donnant plus de liberté à votre chien.
Combien de fois entend-on cet éternel cliché du petit chien ?
Il est hargneux, aboie pour rien, déteste tout le monde et n’hésite pas à charger plus gros que lui en bout de laisse.
Il est aisé d’imaginer le fameux chihuahua aux babines retroussées dès qu’on s’approche de lui.
Cet article va parler du calvaire de vivre en tant que petit chien.
Proportionnellement, j’ai assez peu de petits chiens en éducation et malheureusement, cela s’explique assez facilement : Un petit chien qui tire en laisse est bien moins dérangeant qu’un molosse. Même chose s’il tire en aboyant sur les gens ou les autres chiens. Les retenir est bien plus facile.
Le problème est qu’un chien réactif, petit ou grand, est en souffrance. Qu’il s’agisse d’un manque de socialisation ou d’une réponse à un évènement traumatique, aboyer ou foncer sur les autres chiens n’est jamais l’expression d’une émotion saine.
Ces petits chiens ne sont donc pas travaillés sur leurs émotions vis à vis du monde extérieur et continuent de stresser à chacune de leur sortie.
Dans la rue, les enfants (ou les adultes…) iront beaucoup plus facilement essayer de toucher le petit chien, que lui ou son maître le veuille… Ou non. Les parents se méfieront toujours plus si leur enfant d’approche d’un cane corso que d’un bichon.
Je l’ai déjà expliqué dans un précédent post mais laissez tranquille les chiens que vous croisez dans la rue (peu importe leur taille !). Un chien (trop) sociable qui aime ça finira par aller embêter tout le monde pour avoir un câlin, à vous sauter dessus les pattes pleines de boue pour avoir votre attention (sympa pour ceux qui ont peur des chiens). Et un chien qui déteste le contact des inconnus finira par être proactif et aboyer/foncer sur tout le monde pour vous maintenir à distance.
En clair, ignorez les chiens que vous croisez dans la rue. Ce n’est pas parce qu’un petit chien est plus mignon ou abordable qu’il apprécie être touché par un inconnu et que cela n’aura pas de conséquences.
A la maison, c’est plus ou moins la même chose : Un petit chien qui grogne sera beaucoup moins pris au sérieux qu’un grand.
Combien de ces petits chiens servent de peluches vivantes, portés et câlinés à outrance sans qu’ils n’aient leur mot à dire ? S’ils grognent leur mécontentement, au mieux ils ne sont pas écoutés car pas pris au sérieux, au pire disputés car “il n’a pas à me grogner dessus”. Oserions-nous ignorer le grognement et la mise en garde d’un berger allemand ?
De ce fait, les petits chiens ont deux options :
Grogner pour absolument tout : Suite à un ras le bol général et comprenant que seul le grognement est (parfois) écouté, le petit chien va grogner dès qu’on s’approche de lui, dès qu’on le touche ou dès qu’il en a simplement marre. Ainsi est donc créé le cliché du “petit chien qui râle pour rien” : Un loulou qui a juste appris que s’il ne grognait pas, il n’était pas écouté. Certains vont aussi avoir la morsure plus facile, surtout si leur grognement n’est pas respecté.
Se résigner : Grogner ne sert à rien et comme il n’a pas un fort caractère, Kiki ne l’a pas ou peu fait. Le petit chien va donc simplement se résigner, accepter son sort. C’est ainsi que j’ai vu énormément de petits chiens être portés ou câlinés durant les séances, faisant milles et un signaux d’apaisement mais sans chercher à se défaire de ce moment qu’ils n’aimaient pas. Malheureusement, le risque est qu’un jour le chien morde sans prévenir, ayant atteint les limites de sa patience.
Dans les deux cas, le chien est en souffrance.
La méconnaissance des signaux d’apaisement est une vraie plaie pour ces loulous. Ils pourraient être compris en un regard mais se retrouvent dans un des cas ci-dessus par manque d’information.
Si on porte un petit chien et qu’il se lèche la truffe, baille, cligne beaucoup des yeux ect, il devrait être reposé au sol. Même chose si on le câline, en plus d’effectuer des tests de consentement régulièrement durant les séances câlins.
Cela vaut bien évidement aussi pour les grands chiens, mais leur “non” sera toujours plus facilement compris (non pas par respect des signaux, mais plus par crainte de se faire croquer malheureusement…). Je me répète dans chaque article, mais la connaissance des signaux d’apaisement devrait être une base lorsqu’on adopte un chien.
Enfin, les petits chiens seront souvent bien plus sujets à l’anthropomorphisme. Il s’agit de donner des intentions, peurs ou besoins propres à l’être humain à d’autres animaux. Il peut s’agir de penser que le chien se sent coupable d’avoir mâchouillé une pantoufle, alors qu’il effectue moultes signaux d’apaisement.
Mais plus spécifiquement pour nos petits chiens, il s’agira de les surprotéger, les porter à la moindre difficulté alors qu’ils ne présentaient aucun signe de stress. On a tous l’image du chihuahua dans le sac à main, mais ce chien ne peut pas vivre comme un vrai chien. Il ne peut pas trotter, sentir, explorer.
On s’imagine que comme notre loulou est petit, il aura logiquement peur plus facilement et se fera bousculer par les autres chiens. On lui interdit donc de trop s’approcher des gros vilains toutous et on tire sur la laisse au moindre soupçon de danger. A terme, on créé la réactivité de notre chien.
Attention tout de même : Oui, un petit chien a plus de risque d’être bousculé par un chien trop brusque. Oui les plus grands chiens mal socialisés auront plus facilement à les prendre en chasse.
Mais cela n’est nullement la faute de la différence de taille, simplement du manque de socialisation de l’autre chien. C’est pour cela qu’il est très important de bien sélectionner les rencontres de nos (petits) chiens, afin que même si Kiki le yorkshire rencontre Rex le berger allemand, il ne se fasse pas malmener, car notre grand loulou sera bien codé et socialisé.
Bref, ce n’est pas la taille qui compte !
Les petits chiens sont des chiens comme les autres, avec les mêmes besoins et le même développement que leurs comparses plus grands. Ils doivent être socialisés correctement pour être à l’aise dans notre monde d’humain, être éduqués pour y être en sécurité et être respectés. Ils doivent avoir le droit de dire non, de ne pas vouloir être portés ou touchés. Ils doivent pouvoir explorer, renifler et avoir des contacts sociaux.